01 février 2007
Suis-je belle, sui-je féminine? Réponse à Mirza.
Encore un commentaire fleuve, en réponse à la question de Mirza sur la féminité. (le manque de concision, c'est un péché devant le tribunal de la SV?)
La féminité, la beauté. Question difficile pour moi aussi (ancienne boulimique (experiece breve mais marquante) progressant doucement dans l'apprivoisement de son corps).
-d’abord l’idée qu’une vraie Sviste ne se maquille ni ne
s’épile ni ne prend soin de son accoutrement. Non, totalement non. Ca consiste
a opposer à une idée de la beauté fabirquée par les médias une autre idée de la
beauté finalement tout aussi fabriquée et contraignante, l’idée qu’une femme
doit être ‘nature’, sans artifices. C’est toujours enfermer la femme dans un
ideal au lieu de lui rendre sa liberté. Et puis heureusement qu’un Manet ou un
Matisse n’ont pas essayé de coller à la nature, nous aurions perdu certaines
des plus belles pages de l’art.
-Ensuite, se decomplexer. Pas vis à vis de son corps (j’aurais du mal à donner des conseils a ce niveau), mais vis-à-vis de ‘ce que DOIT être mon approche de la beauté’. Ce que d’autres appellent ‘futile’ (se maquiller, choisir ses habits, se parfumer), je l’appelle beau simplement si je le trouve beau (appris de ma grand mère peintre, ma mère sculpteur, et ma sœur décoratrice). Et en regardant bien, je ne suis finalement pas dogmatique sur ce que je trouve beau. Une femme très habillée peut être ‘classe’ ou ‘attiffée’ selon les cas. Une femme maquillée (même très maquillée) peut être spectaculaire (cf certaines traditions japonaises qui tiennent de l’art) ou ridicule. Une femme qui ne s’arrange pas du tout peut être rayonnante ou négligée.
Je pense qu’il faut commencer par se regarder dans la glace (non, ce n’est pas forcement nombriliste, on vis quand même avec soi H24, alors ca ne fait pas de mal de s’interesser un peu à soi de temps en temps). Se demander si ce qu’on voit reflète ce qu’on est au lieu de le masquer, ce qu’on veut partager de ce qu’on est. Peut importe qu’on ne s’épile pas, qu’on ne se maquille pas, ou qu’on ne puisse au contraire pas sortir sans maquillage, pourvu que cela ne vienne pas, au moins, d’une règle qu’on s’oblige à suivre une ‘écolo’ doit avoir l’air de…., une ‘vraie femme’ doit avoir l’air de…., une ‘avocate’ doit avoir l’air de….) . Faire sauter au moins ce blocage (après, chacun a un rapport a son corps complexe, et je n’ai aucune solution ).
Pour ma part, j’ai eu aussi une
longue période no maquillage, no coiffure, no style. J’avais l’impression, non
pas que c’était plus écolo, mais que c’était ‘plus chrétien’. Et puis surtout
j’étais tellement mal dans ma peau qu’il était hors de question d’établir un
dialogie avec elle.
Tout n’est pas résolu (toujours 3 kilos de trop, commence à comprendre que la solution est plutot dans le sport que dans le poids ). Je ne me maquille toujours pas, et c’est un choix. En revanche, je trouve qu’avoir une peau plus saine (moins jaune insomniaque) et limiter les cernes correspondrait mieux à ce que je suis, et je fais donc une petite fixette sur l’anticerne.
Surtout, j’ai decouvert que je ne me sentais finalement pas si bien dans mes pantalons informes trois tailles trop grands, et j’essaie de faire des efforts de ce côté (mais pas tous les jours. Je hais trop le matin.).
Mais bon, c’est bien beau, tout ça, mais un jour le corps devient l’interface avec une autre personne (s’appelle un couple, y paraît), et là, ca se complique…. Faut-il réfléchir à deux ? La reflexion sur la féminité doit elle rester un espace reservé à soi ?
Il pleut des blogs.
Pistil vient de créer un second blog et de commencer sa participation à un blog collectif.
Et Mirza s’interroge également sur la meilleure manière de faire partager des émotions sans rapport apparent avec la simplicité volontaire.
Et Caco, qui signe deja un beau blog de Pelerin, envisage inversement la création s'un blog dédié à la simplicité volontaire.
Du coup je me pose des questions.
D’un côté il convient de préserver la ligne de la ligne simple, car c’est cette caractéristique qui permet à des personnes d’horizons (géographique, spirituel, etc.) différents d’avancer ensemble.
D’un autre côté, en divisant en
deux mes expériences de vie, j’aurais le sentiment d’appauvrir ce blog sur la
simplicité volontaire, qui vit aussi des rapports que je vois entre ces
préceptes, ma vie quotidienne, mais aussi ma vie professionnelle et ma vie de
couple.
Et puis je n’ai pas le talent d’écriture et le regard poétique qui feront de ces blogs parallèles un trésor.
Au tout début de mes
pérégrinations sur la ligne simple, avant qu’elle ne devienne un port d’attache
(traduire ‘un lien très fréquenté dans mes favoris’ ;)), je tapais une
fois sur deux ‘la ligne claire’ au lieu de ‘la ligne simple’.
‘La ligne claire’ : c’était mon sentiment. Ca l’est toujours. Cette espèce de clarté des vies simples émane, je crois, de ces blogs. Elle s’affirme et s’individualise aujourd’hui.
La ligne simple, la ligne claire, deux chemins parallèles et liés.
Pourquoi je ne serai pas chez moi, ce soir, entre 19h55 et 20h00.
Tout le monde sait qu’à l’occasion de la sortie du rapport du GIEC aujourd’hui, éteindre les lumières chez soi entre 19h55 et 20h00 ce soir permettra de témoigner de l’urgence de la situation climatique. J’ai moi-même relayé cette saine initiative sur ce blog. (même les canadiens le savent. Je viens de recevoir un mail collectif d’un ancien compagnon de galère expatrié aux Canada qui se termine par : « je vous rappelle qu’étant donné la situation actuelle, vous devez éteindre vos lumière entre 19h55 et 20h00 ». Sans aucune autre précision. Il y a deux ou trois semaines, je l’aurais pris pour un dingue.)
Mais voilà, je ne pourrai pas
éteindre la lumière chez moi entre 19h55 et 20h00. Je me demandais comment
j’allais en parler à mon mari (pas très écolo, qui est difficile à convaincre et
ne fais pas les choses par suivisme ç’est une qualité aussi). Cette fois
j’avais des chiffres à la clé (ceux du Monde de la veille), et j’en aurai d’autres
le jour même, issus d’un accord entre les plus grands scientifiques de la
planète.
Hier, j’apprend que ce sera soirée Warhammer avec des collègues à la maison. Et je sais que je ne le ferai pas. Je ne pourrais pas interrompre la partie 10 minutes avant pour leur expliquer à l’emporte pièce pourquoi le geste est important.
Je suis chez moi, je fais ce que je veux, et je pourrais passer en force.
Mais j’ai moi-même bien souvent été arrêté dans mon chemin vers une vie plus verte et plus simple parce que je ressentais une agressivité des militants écolo.
Je sais aujourd’hui que cette agressivité reflète une urgence, un désespoir qu’une menace si évidence continue d’être ignorée.
Mais j’ai toujours cru envers et
contre certains de mes plus proches, que la fin ne justifie pas les moyens.
Je veux convaincre mon mari par la scientificité de mes arguments, ma fidélité à un quotidien vert, et la paix que j’espère retirer de ce dépoussiérage. Pas en poussant un cri hystérique un soir entre 19h55 et 20h00. C’est un travail de longue haleine.
Hier soir, je me suis couchée
vaguement honteuse de ce que je croyais être un comportement lâche.
Aujourd’hui, je sais que je ne le suis pas, mais l’amertume m’accompagnera toute la journée.
Je crois que ce soir, entre 19h55 et 20h00, je ne serai pas chez moi.
