Mowgli Nomade

Etats d'âmes d'une maman thésarde, petits pas vers un mode de vie plus simple et plus ecologique.

02 février 2007

Comment ne pas rater la suivante ?

Si je raconte tout ça, ça n'est pas -seulement- pas nombrilisme. C'est parce que je fonctionne par cycles. Et ce genre de journée, n général ça augure d'un changement de cycle, que je voudrais éviter.

Imaginez:

Il y a les cycles hauts: vous vous reveillez avant 8 heure le matin, mangez équilibré, travaillez efficacement, répondez à vos mails, rappelez vos amis, organisez un ou deux diner, rangez, lavez, laissez une cuisine nikel avant de vous coucher pour le lendemain, éteignez les lumières en sortant d'une pièce, retraitez vos dechets, faitesun peu de sports, êtes polie et serviable avec les inconnus dans la rue, êtes à l'écoute de vos proches.

Et puis un jour, ça devient plus difficile. En général, c'est une succession de petites contrariétés qui vous fait basculer, mais il doit y avoir quelque chose d'autre. Vous trainez au lit jusqu'à pas d'heure, mangez n'importe quoi à n'importe quelle heure, ne faites bien evidemment pas la vaisselle après, jetez ponctuellement la moitié du frigo, laissez toutes les lumières de la maison allumées, faites l'autruche, passez la journée étendue sur un lit à lie des navets. Vous pourriez peut-être prendre quelques jours de vacances, decompresser. Mais non. Vous culpabilisez à mort, et vous avez toujours le vague espoir quà 15h22 vous allez vous levez et abattre 3 jours de travail en deux heures. résultat, quand le mari vous propose une sortie pour vous détendre, vous refusez, et en profitez pour faire une crise d'hystérie genre 'moi aussi j'ai un boulot, mônsieur!C'est pas parce que je travaille à domicile que je dois tout faire dans la maison' (aucun rapport, mais c'est pas grave, dans ces périodes vous avez besoin d'essuyer vos crampons. Du coup, vous culpabilisez encore plus de vous transformer en mégère. Vous êtestoujours polie et serviable avec les inconnus, mais bon, des inconnus, vous n'en croisez somme toute pas des masses entre votre lit et votre micro-onde dont vous ne sortez plus (le lit).

Calvin_bad_mood

Vous essayez alors de sortir de ce cercle vicieux (je suis mal donc je fais n'importe quoi donc je suis encore plus mal) en faisant appel à votre sens moral (que le croyant a normalement fort développé). Vous touchez une bourse de l'Etat pour servir la science (et c'est votre joie, normalement), vous ne devez donc pas l'utiliser à lire l'accro du shopping en vacances. C'est mal. Vous avez un maître de thèse génial à qui vous vous devez. vous avez des élèves face a qui vous devez être irr"éprochables, des copies à corriger, des cours à préparer. Rien n'y fait, rien ne vous touche, c'est comme si ces arguments ne 'prenaient plus chair'. Ultime recours, vous tentez la menace: 'si tu ne te bouges pas pour écrire yon article, tu vas être ridicule devant un parterre de 15 nationalités en juin prochain'. Rien n'y fait. Vous restez là, échouée comme une baleine sur votre lit défait.

Et puis, pour des raisons toutes aussi inconnues (votre conscience est rentrée de ses vacances à Cuba?), vous finissez par vous reprendre, vous souvenir de vos principes, et vous travaillez jours et nuits pour rattraper votre retad et vous montrer digne de vos élèves ( pauvre mari tout seul dans son grand lit tout froid...)

Ces phases de dynamisme et d'apathie ont une durée variable, quelques semaines voir quelques mois (ce qui nempêche pas une journée de passage à vide ou de regain de conscience de temps en temps). Elles peuvent durer d'autant plus que, misérable thésard, je ne suis pas astreinte à un lever quotidien pour aller au bureau, ce qui me 'cadrerait' plus. Il est d'autant plus facile d'entrer en état végétatif que la prochaine dealdline est le cours dans deux semaine, le colloque dans huit mois, ou la thèse à rendre dans deux ans.

J'arrive toujours à sauver la face, mais je sais que je ne progresserai pas sur les chmins de la SV comme cela. Et surtout, je ne veux plus que le mari soit finalement la variable d'ajustement. Et comme je falire un retournement de cycle imminent, je me pose des questions:

Comment éviter de sombrer dans l'apathie? Comment être plus 'régulière'? Des idées?

Posté par mowgli nomade à 16:03 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Comment rater sa journée.

-La veille, subir une grosse vexation universitaire (problème récurrent pour le misérable thésard, qui, comme son nom l’indique, est misérable).

-Passer la soirée, aigri, à errer sur internet (pas à rechercher la différence entre un hydrolet, une huile végétale, et une huile essentielle, non, beaucoup trop utile, ça. Faire les 100 pas entre deux ou trois sites sans intérêt en cliquant toujours au même endroit).

-Se coucher à pas d’heure, après avoir pris soin de manger n’importe quoi juste avant pour être bien certaine d’être obèse et mal dans sa peau le lendemain au reveil.

-Se réveiller tard, alors qu’on avait prévu un gros programme (aller à Strasbourg s’inscrire dans deux bibliothèques universitaires qui possède chacune un des rares bouquins sur l’économiste sur lequel vous travaillez en ce moment. Rare, donc précieux. Toute info est bonne a prendre).

-Passer le matin à pester. Etre de TRES mauvaise humeur (mais oui, c’est une activité à temps plein).

-Déjeuner rapidement en déversant ses états d’âme sur son blog.

-Au moment de partir, ranger les décos de Noel éparpillées sur la table pour faire de la place au mari pour sa partie warhammer du soir.

-du coup, rater le train à deux minutes.

-aller à Strasbourg en voiture, passer une demi heure à faire les 2 derniers kilomètres, en pensant à tout ce CO2 rejeté dans l’air par faute de votre paresse. (en plus, vous DETESTEZ conduire).

-refaire un de ces deux kilomètres en sens inverse pour trouver la première bibliothèque. Apprendre que vous n’avez pas le droit de vous inscrire (vous n’êtes pas étudiante à Strasbourg).

-trouver le livre après avoir corrigé la fausse côte donnée sur internet. S’apercevoir qu’il n’a aucun intérêt, à part la bibliographie de votre économiste que vous venez de passer deux jours à construire.

-Faire de la monnaie pour la photocopieuse (15minutes). Mettre la monnaie dans le mauvais compteur et offrir ainsi 80 photocopies au suivant.

menfin

Regarder la bonne femme d’avant casser la photocopieuse. Réparer la photocopieuse. Regarder la bonne femme s’emberlificoter pendant des heures dans ses papiers. Respirer. Garder son calme. Se souvenir des préceptes de communication non violente. Faire ses photocopies. S’apercevoir que la bonne femme a oublié une de ses photocopies sur la machine. Se souvenir que vous êtes un homme (une femme) nouveau (nouvelle). Courir après la bonne femme pour lui rendre son papier. Qui s’en fout.

-Parcourir le deuxième kilomètre que vous avez mis une demi heure à faire en voiture en sens inverse. Arriver à la bibliothèque universitaire. S’apercevoir que vous n’avez pas non plus le droit de vous inscrire (reservé aux résidents de l’académie de Strasbourg. Vous habitez dans le premier village de Moselle derrière la frontière administrative qui défie les lois de la géographie. A une demi heure de Strasbourg, une heure de Nancy, une et demi de Metz, mais PAS SUR L’ACADEMIE DE STRASBOURG). Prendre la carte provisoire qu’on vous tend. 

- Récuperer les livres a consulter. Vouloir faire des photocopies. Ne pas avoir assez d'argent (resté dans l'autre photcopieuse). Re-faire la queue au guichet à l'entrée. Faire les photocopies.

(Je sers la science, et c'est ma joie. l_onard

-Refaire les deux kilomètres à pieds. Récupérer la voiture. Rerefaire les deux kilometres en voiture. Etre sur l'autoroute entre 19h55 et 20h00 à calculer ses émissions de CO2 (pas bon: la voiture à plus de dix ans. Vous voyez l'aiguille de la jauge descendre à l'oeil nu. Bon: elle ne depasse pas le 120 km/h. Sinon, elle se désintègre).

-Arriver à 20h30. Trouver un frigo vide. Finir la soirée en baclant un bouquin avec un paquet de gateaux d'aperos.

SIGHT (rappel: dénote l'accablement).snoopy

Posté par mowgli nomade à 10:38 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Eteignez vos Lumières: le bilan.

Entendu sur France Inter ce matin:

L"'initiative eteignez vos lumières pendant 5 minutes a conduit à une baisse de la consommation d'électricité de 1%".
Je ne sais pourquoi, les médias donnent toujours les chiffres dans la version la moins parlante possible.Selon l'auditeur, 1% sera beaucoup ou peu, ou n'évoquera rien. J'aurais préféré savoir quel aurait été l'impact de cette diminiution sur l'environnement si elle avait été permanente, ou bien combien de ménages ont participé à l'initiative.

Il y avait beaucoup de choses instructives (instructive sur l'approche des médias, des spécialistes et du grand public) et parfois desespérantes à écouter dans le 7-9 consacré au GIEC.

Attention, ca va être mon quart d'heure 'vilaine économiste'. Ames sensibles (ie présentant certaines rougeurs), s'abstenir..... ou essayer de me convaincre, avec patience.

Noté à la fin, dans les question des auditeurs à Michel Barnier et Jean-Marc Jancovici: une question qui avait bien commencée, qui reflétait pas mal ma pensée, et qui a dégénéré. je la recopie parce qu'elle symbolise  une tendance de certains écolos à me faire croire que je ne peux militer que par package: pour la décroissance et la simplicité volontaire, forcement aussi contre les OGM et le nucléaire, et tant qu'a faire contre 'l'ultralibéralisme', la propriété privée, et les patrons. Ce serait tout ou rien.

 

"Je suis étonnée de  n'entendre parler que de ce qui pour moi ressemble au petit bout de la lorgnette... Aujourd'hui la mise en danger de la planete et de l'espece humaine est certaine. Est-ce qu'il ne serait pas urgent, enfin, de remettre en cause ce qui est peut-être la source de tout ce problème depuis 20 ou 30 ans, c'est à dire, le modèle de développement économique mondial. C'est à dire un modèle strictement financier, ultralibéral qui nous pousse à surconsommer, à jeter, une mondialisation qui ne peut se faire qu'au prix d'un transport mondial dont on voit bien qu'il pollue et d'un tranport de fret qui ne coute rien, sous la pression de lobbies, de groupes de pressions industriels très polluant divers.
Donc n'est-il pas temps enfin de s'interroger. Je sais que c'est moins facile, Monsieur Barnier, de remettre en cause d'avoir une volonté politique au niveau européen puisque vous ne cessez de promouvoir un modèle européen qui est ultralibéral et qui pousse à la destruction de notre planète et de notre espece.
Interruption du présentateur: alors ça c'est la première question, la deuxième?
La jeune femme continue par dessus
: n'est-il pas temps de prendre son courage à deux mains au niveau européen et de recaler un petit peu les dérives de ce modèle qui nous mène à notre perte et au chaos bien plus surement qu'autre chose." (elle est coupée).

Que fait Barnier en réponse? Il se concentre uniquement sur l'accusation d'européen ultralibéral et pas sur le fond de la question (le modèle de croissance).

Ce n'est pas un problème d'être d'accord ou pas. C'est simplement qu'il ne faut pas tout amalgamer. La croissance extensive est un problème, la mondialisation un second, l'ultralibéralisme (qu'il reste à définir et qui n'est pas la même chose que le capitalisme comme le précise Jancovici) un troisième. Certes liés. Mais pas forcément. L'exemple Russe, l'exemple chinois avant les années 90 rappellent, s'il en était besoin, que des modes de production socialistes peuvent être tout aussi extensifs et mauvais pour l'environnement.
Et surtout, en faisant porter le chapeau exclusivement aux vilains dirigeants européens et aux sales capitalistes, on apsse sous silence la responsabilité des consommateurs (oui, la notre) qui veulent un peu le beurre et l'argent du beurre. Certes, madame, le modèle économique actuel vous pousse a surconsommer et à jeter, mais vous pouvez changer. Venez faire un tour sur la ligne simple.


(Toute 'capitaliste' que j'ai l'air d'être, j'en profite pour signaler quelque chose d'effectivement scandaleux: Laurence Danon, ex présidente du Printemps, a quitté son poste avant hier à la suite d'un changement de propriétaire. Et elle emmene comme indemnités (le 'parachute doré') au moins trois ans de salaire plus des primes (le montant exact n'est paq connu), soit plusieurs millions d'euros. Et elle s'étonne que cela fasse tiquer les salariés..... Après une reflexion sur le 'juste prix' des biens, prenant en compte leur impact environnemental, à quand une reflexion sur le 'juste salaire'. Comment un être humain peut en arriver a croire que gagner 1000 fois le SMIC est 'normal'?????)

PS: je rappelle l'adresse du site du GIEC : il y a un lien vers une version française du site. Le rapport n'est pas encore en ligne.

Posté par mowgli nomade à 09:46 - folies et sagesses des hommes - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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