08 février 2007
« C’est le temps que tu a perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante ». (Antoine de Saint Exupéry)
Une fois de plus, les grands esprits se rencontrent. Alors que Pistil reflechit sur les cadeaux donnés et reçu, je reçois cette semaine une partie des innombrables cadeaux de Noel que nous n’avons pas pu ramener.
Dans ma belle famille, Noel, c’est particulier. On croule sous les cadeaux, mais bizzarement, la fête n’est pas consumériste pour autant. Il y a parfois de (très) gros cadeaux, certes. Mais peut importe la taille et le coût sur le fond. D’ou le caractère sain. En réalité, c’est un peu comme si tout l’amour et l’attention accumulés durant une année se deversaient en une soirée magique. Car c’est toute l’année que l’effort se prépare. Et le gros de l’effort est dans l’écoute et le temps passé à réflechir soigneusement à chaque présent. Chacun retient une idée, ici d'une discussion en janvier, là d’une promenade en avril, d’un coup de gueule en aout, d’un après midi passé à flaner en ville en octobre. A partir de la, on construit, on coud, on fabrique, on chine ou on recherche l’objet devenu introuvable, parfois aussi on economise (des fois c’est nécessaire). Et à Noel, on guette le sourire ou l’exclamation de surprise, voir le Meeeeeeeeeeuuuuuuh ! du beau frère devant un cadeau rêvé et pourtant inattendu.
Je n’ai jamais accordé beaucoup d’importance aux cadeaux reçus ou donnés (mon 'tresor' n’était pas là). Au début, je trouvais donc tout cela un peu disproportionné, surtout quand on prétend féter un nouveau né venu au monde au fin fond d’une étable dans une misère absolue. Et puis j’ai compris qu’il n’y avait la aucun consumérisme, que ce qui m’était proposé, c’était de devenir attentive au quotidien aux souhaits non formulés de mon mari, de ma famille, de les écouter, tout simplement. Et je m’y suis mise. Je progresse doucement. Exemples….
Les cadeaux de Noel dont je suis la plus fière (comme on le vois, ce ne sont pas les plus couteux financièrement) :
Un yoyo. Quand j’ai rencontré le mari il y a quelques années, il faisait des figures incroyables. Du grand art. Et puis le yoyo s’est déséquilibré, et il a fini au fond d’un tiroir. Ca faisait deux ans que je cherchais un yoyo, mais pas n’importe lequel : un debrayable, mônsieur, et j’ai fini par le trouver 1 mois avant noel. Le mari a passé les vacances de Noel a debrayer…..
Un second cadeau :
Pour savoir que le mari adore les images 3D, il fallait avoir été attentive un soir entre minuit et une heure du matin il y a trois ans, à la raison pour laquelle le mari tardait tant à venir se coucher. Il avait déniché dans une bibliothèque L’œil Magique, et, très doué pour voir les images 3D, s’était enfilé l’album d’une traite. Mais voilà, les images 3D, ça n’était plus à la mode, m’avaient rétorqués moult libraires au cours de ma quête. Magie d’internet, magie des ventes de bouquins d’occasion. Ca fait des heureux. Le colis est arrivé trois jours avant le départ. Et on a pu observer chaque jour de la fin décembre un cousin ou beau frère, confortablement installé dans un gros fauteuil, loucher ridiculement sur des pages aux dessins étranges.
Mais le mari a fait beaucoup plus fort. En 2006, il a été absent 6 mois, et toujours par monts et par nuages le reste du temps. Il ne se sent donc pas vraiment concerné par les problèmes dosmestiques ou la déco d’intérieur. Et inutile de dire que nous ne sommes pas guettés par l’usure du quotidien. Pourtant, à Noel, il m’a offert :
Un plateau, une théiere, et deux tasses assorties (verts car c’est la couleur de ma cuisine). « pour que tu puisses te monter tes litres de thé et ton gouter sans en mettre plein sur tes papiers quand tu travailles. » Bien que souvent absent, le mari connaît mes petites habitudes. Il sait que je me monte un thé toutes les demi heures et un petit en cas de temps en temps, qui viennent s'ajouter au souk de mon bureau. Ca veut dire qu’il me regarde travailler. Ca veut dire qu’il me regarde vivre.
« Car la ou est ton tresor, la aussi sera ton cœur » (Matthieu, 6-21) (et vice versa…)



