21 février 2008
Comment je vis le carême cette année
L'année dernière j'avais fait un énorme effort pour mettre en mots le sens du carême pour la pitite chrétienne que je suis. Beaucoup de mots, mais des mots que je l'espère avaient un sens. Ces mots sont maintenant archivés dans la catégorie "je crois en Dieu" de ce blog. Si j'en crois mes statistiques (mais bon je les consulte une fois tous les 3-4 mois pour voir qui vient trainer ici et pourquoi), ce sont les articles les plus lus du blog.
Bref, un carême presque mystique (je suis assez cartésienne, alors le "mystique" commence très proche de terre, chez moi).
Cette année, c'est très différent. Je n'ai pas assisté à une messe depuis le début de ce carême, souvent des concours de circonstance (les empêchements sont nombreux quand on élève seule un nourrisson qui a été souvent malade ces derniers temps), mais -pour une fois-, ca ne fait pas problème. Ca fait des mois que je comprend quasiment rien àn ce qui se passe...et que j'y vais quand même. Par fidélité. Parce que, pour l'intellectuelle que je suis, n'adhérer qu'à ce qu'on "comprend", c'est un manque d'humilité pas croyable. Et parce que si je me nourris de bribes (2-3 phrases par cérémonie qui parviennent jusqu'à moi), je ne cesse néanmoins pas de me nourrir. J'apprends la fidélité. Et je me suis amplement prouvée à moi même, à marcher au fond de l'église avec le chtig dans la poche pour le bercer en écoutant des lectures, des chants, des prédications, que j'en suis capable.
Alors Dieu me lâche la grappe. Il sait que j'ai un tout petit appétit en ce moment.
Comme je ne suis pas capable de manger beaucoup, j'ai trouvé un carême avec un petit peu de mots quotidiens.
Envoyé par la Fondation d'Auteuil. l'idée est de prier pour les enfants en difficulté. Tous les jours, il y a une phrase de la bible, une phrase d'une prière d'enfant, et une phrase d'intention de prière.
Par exemple:
"Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore." (Psaume 129)
"Je ne te vois pas, je ne t'entends pas, mais je suis content d'être près de toi." (prière d'enfant)
"Aujourd'hui, prions pour les enfants repliés sur eux-mêmes."
Voilà. 39 mots. Mais tous les jours.
Avec un Notre Père le soir, que je prononce au dessus du visage du chtig, allongée dans le lit dans sa turbulette avant le calin et le dodo. Ca la fait rigoler, ce ton assez rapide et monocorde. Elle a l'impression que je lui raconte une histoire tous les soirs. C'est le sourire qui me nourrit.
Et puis il y a mon cochon.
Posé sur mon bureau.
Dans lequel je glisse des sous correspondant à ce à quoi j'ai fait l'effort de renoncer. Ou ce que mes petits pas verts m'ont évité d'acheter. Je donnerai ces sous là aux orphelins d'Auteuil après Paques. Pour l'instant, il n'y a pas beaucoup de papiers: 2,50 euros: un chocolat. 3 euros: 1 caprice des dieux. 70 euros: l'intégrale de Sex and the City d'ocas sur le web. 2,50 euros: un paquet de gateau (faits maison à la place). 0,70 euros : un paquet de coton (lingettes lavables).
C'est pas beaucoup. Mais ça fait toujours 79,70 euros.



