Mowgli Nomade

Etats d'âmes d'une maman thésarde, petits pas vers un mode de vie plus simple et plus ecologique.

28 décembre 2008

Carnaval!!!!

Noël eut des allures de Carnaval.

Une trève de la crise, une trève de la simplicité, une trève de la déconsommation, une trève du sain, du stress, des transports, de l'absence, du silence et de la nuit. Quelques jours hors du temps ou tous les excès furent permis, ou les sens furent saturés de sons, de senteurs, de mouvements, de lumière, de couleurs, de gouts, de graisse et de sucre.

 

alimentation

Quelques jours ou tout fut permis, et où, pour une fois, cette licence ne sembla pas faire insulte au petit bonhomme né dans la paille et la pauvreté dont, à cause de la fatigue et des soucis et grâce aux enfants, on avait simplement répété le nom comme un mantra depuis 24 jours: zezu. Une célébration à l'image de ce carnaval, des flots de lumignons, d'enfants, d'étoiles et de chants, peu de paroles.

cadeaux

Un Noël où la profusion du dedans cèda parfois à la reposante aridité du dehors,

Noel_2008

mais ou le silence était traversé de rires,

balades

et ou les lumières qui dansent projettent des ombres sur les murs, celles de la prochaine solitude, du froid et des nuits sans fin, et ce qui semble bien apporter la douloureuse preuve de mon incurie professionnelle.

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17 décembre 2008

Je hais le matin

Voilà c'est dit.


Garfield_Morning_Coffee__1_

Alors pour me donner la pêche en ces "petits" matins qui durent jusqu'à 9h00 et qui recommencent à 16h30, je vais passer parmi vous collecter vos idées de tubes qui filent la patate.

Après je me ferai une ptite liste deezer "pour les matins difficiles," et les valeureux microéconomistes en herbes auront ainsi la joie immense d'entendre ma douce voix (plutôt que celle du vacataire-mal-dégrossi-appelé-en-catastrophe-parceque-la-prof-a-eu-une-panne-de-reveil) leur sussurer dans le micro: "le partiel est maintenant terminé. Veuillez posé vos stylo, rester à vos place et faire passer vos copies sur les côtés. Les surveillants vont passer les ramasser."

Allez, le premier pour la route:


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15 décembre 2008

Voyageur galactique recherche guide

Pénétrer la galaxie ne fut pas facile.

Mot de passe mal enregistré, message d’erreur, l'écran resta d'abord intersidéralement vide.

Pièces du dossier éparpillées aux quatre vents : PV de soutenance perdu entre le service des thèses et le service des examens (un étage plus bas), président du jury pas pressé de rendre son rapport, lettre d’acceptation de la publi paumée dans les sous sols du labo. La galaxie menaça alors de m'expulser, de me "juger irrecevable".

Enfin, il fallu, pour pénétrer la galaxie, passer par l’épreuve du feu, l’épreuve honnie : le CV.

Je déteste « faire » mon CV, empaqueter dix années de ma vie en quelques lignes. J’ai l’impression que ça me renvoie à la figure toute la vacuité de ma vie, ma paresse, que c’est le vide sidéral.

J’ai passé la semaine à ne pas faire mon Cv, tout en ne faisant rien des milles tâches urgentes (soumission d’articles, commentaires, cadeaux de noël) puisque j’avais déjà du boulot, j’avais un Cv à rédiger. Hier soir vers 23H30, il a bien fallu prendre le taureau par les cornes. La date limite d’envoi du dossier étant le 15 décembre…

Alors j’ai cherché des exemples de CV de qualif/ de MCF sur internet pour voir comment ils étaient structuré. Et là j’ai halluciné : des CV de 10, 20, 30 pages. De jeunes chercheurs qui ont la trentaine et qui postulent sur les mêmes postes que moi, moi qui n’ai jamais réussi à dépasser 4 pages en interligne double avec des titres en taille 18. Des fleuves de publications, des responsabilités « administratives et collectives » à la pelle, des projets de recherche motivés en pagaille.

Soit

1) les gens ont des journées de 48 heures, et c’est triché

2) je suis particulièrement paresseuse

3) le suis particulièrement lente

4) je suis particulièrement bête

5) les gens ont un sens du marketing qui me fait complètement défaut, 

mais en tout cas il y a un problème.

Mes publications ? 1, et ca m’a pris 18 mois. 

Mes activités adminstratives et collectives ? Je n’arrive déjà pas à faire coïncider mon emploi du temps et mes contraintes perso, je n’ai pas le temps d’enseigner ET de rechercher ET de manager ET d’administrer….. ET de jouer des comptines à ma fille ET de prendre un peu de temps pour mon couple ET d’aller voir les moutons et les chevaux en dessous de la maison le dimanche ET d’éradiquer défintivement les plats cuisinés et les pizzas surgelés de mon assiette comme je le voudrais. Mais comment font-ils ?

Je ne parviens même pas à enseigner ET rechercher correctement en même temps. Je pourrai certes écrire que « j’ai cherché à développer au cours de ma thèse mes activités d’enseignement, composante essentielle du métier de chercheur », si je n’avais pas trouvé ce genre de phrase totalement inutile. Oui, c’est une composante essentielle de chercheur, et oui, il y a des synergies entre enseignement et recherche. Comment ? Ca n’est pas évident, la question mérite réflexion. Mais surtout, je n’arrive pas à faire les deux en même temps. Ou alors je suis médiocre dans les deux activités, comme cette année par exemple. Jusqu'à présent je me suis toujours organisée pour alterner les deux. La première année de ma thèse, j’ai passé presque six mois à préparer mes cours (pour des agrégatifs, donc il fallait beaucoup de synthèse documentaire), ensuite, j’ai pu consacrer plus de temps à la recherche, en tout cas alterner : deux mois plutôt consacrés aux élèves, deux mois plutôt consacrés aux archives, aux conférences, aux lectures. J’ai publié mon premier chapitre, présenté le second et écrit le troisième l’année ou j’ai été relevé de ma charge d’enseignement (congé mater et parental). Et voilà que cette année, j’ai une lourde charge d’enseignement (alourdie par les 2 heures 30 de voiture quotidienne) et qu’il faut « publish or perish » pour caresser du bouuuuut des doigts l’espoir fou d’avoir un poste d’enseignant un jour. Et c'est médiocre. 

Mon projet de recherche et d’enseignement ? Ecrire des articles sur ces évènements mal documentés qui ont fait de la science ce qu’elle est aujourd’hui, sur les liens avec le Maccarthysme, le complexe militaro-industriel, la notion d’expertise scientifique, le financement par les fondations, l’impact des troubles sociaux des années 60, de la crise des années 70…..Ecrire mieux, plus fluidement, donner du sens au présent en racontant le passé, respecter les grands hommes sans être hagiographique. Faire en sorte que ces étudiants qui sont bloqués à 8-9, passent la barre des 10, ou leurs donner les clés de leur réorientation s’ils n’ont pas trouvé la bonne voie. Pas seulement leur transmettre des connaissances, mais leur donner envie d’aller les chercher, de les approfondir, de leur donner chair, leur chair, de s’en servir au quotidien. Travailler dur, rester honnête, traiter collègues et élèves en êtres humains. Pas le genre de petit paragraphe dynamique, motivé, d’ »insider », que l’on trouve sous le chapeau « activités d’enseignements » ou « activités de recherche ». Alors je n’écris rien d’autre que le minimum syndical, me cachant derrière l’anonymat et la standardisation du « cursus universitaire » et des renseignements d’usage. Pour le dossier de qualification, ça peut passer. Pour les candidatures aux postes de MCF, ça cassera sans doute.

 

Est-ce moi qui suis incapable de m’adapter, de m’acculturer ? A-t-on déshumanisé la recherche, démotivé les jeunes chercheurs, fait de ces moments ou l’on pourrait, avec la fièvre de la jeunesse, dire son projet pour faire « avancer la science » une ridicule foire aux bestiaux ? Qui ? Comment ? Pourquoi ?

 

Vers 2h30, j’ai imprimé les CV j’ai cacheté les enveloppes. Ironie, la Galaxie supposée me délivrer les adresses de mes rapporteurs était « momentanément indisponible ». A 10h00, j’ai été à la poste, puis en rentrant pour déjeuner, j’ai trouvé dans ma boite aux lettres le rapport « officiel » du jury, visé à chaque page par l’Université…..   

Voyageur galactique cherche guide....


trou_noir_stellaire


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14 décembre 2008

Le point sur mon assiette

Suite a mon S.O.S culinaire d’il y a un mois, j’ai reçu pleins de bon conseils dont je vous remercie. Evidemment ça n’a pas tout solutionné (personne à part moi –et l’armée- ne peut lever la torpeur des 18h00-22h00 qui je pourrai justement occuper à me mitonner de bons petits plats). Mais il y a eu de notables progrès dans ma cuisine.

Des salades,

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Mais pas beaucoup. Peut-être à cause du froid.

 

 

Des cakes,

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Beaucoup. Au brocoli, au chèvre, aux poires et fromage (merci Deendeen), à la feta et aux tomates séchées (merci pralines et canelés).

Il y a surtout des routines qui se mettent en place. Pas de manière régulière, cette régularité qui fait défaut à ma vie de toute façon. Mais qui reviennent souvent, se fluidifient avec le temps :

(1) Un marathon cuisine une fois par semaine, les semaines que je passe intégralement dans mon grand nord. Le dimanche après midi ou le soir, je passe 2-3 heures en cuisine à faire

-une grosse soupe

-deux cakes salés ou 1 cake et une tarte ou deux tartes (et j’en congèle un des deux)

 -un légume sec (quand ils sont long a cuire) ou du riz pour servir de base à une salade

- une boite de petits gâteaux, muffins, financiers, ou autre, ou un gateau-sucré-qui-tient-bien-au-corps. 

Et pendant ce temps

-deux légumes à l’autocuiseur, pour les purées du chtig et les gratins des grands. Je peux toujours les congeler si je ne m’en sert pas dans les jours qui suivent.

-une compote (mais j’ai vraiment du mal à en manger en ce moment, c’est surtout pour le chtig)

La fournée de cet après midi :

 

collage1

Une tarte à l’oignon

Une tarte aux poireaux (les pates viennent du blobio d’Anne)

Une fournée de sablés à la farine de chataigne de chez pralines

Une soupe tomates -pommes-ricotta.

De la pate a pancake (c’est ma lubie du moment. Le soir c’est soupe-pancake avec du chèvre frais dessus. Grâce à ma sœur qui m’en a fait un petit matin de novembre).

Des courgettes et des épinards

 

(2) une liste de course type, qui me permet des combinaisons multiples (faute de temps pour faire des menus). Je sais que j’ai besoin d’acheter chaque semaine : 

-des fruits à manger crus à la main et des fruits à compote

-des légumes à cake/tarte, des légumes à purée, des légumes à gratin

-une base a sandwich (tortilla wrap, pancake, j’ai essayé le pain suédois d’une grand marque c’est immangeable, et le pain pita d’une autre grand marque ca n’est potable qu’après passage au grille-pain)

-une « verdure » pour accompagner les cakes et tartes (je n’aime pas trop la verdure, et une salade pour moi toute seule, ca finit toujours à la poubelle, donc c’est plutôt petite laitue iceberg, haricots verts, chou chinois, ou en ce moment, presque quotidiennement, endives)

- pignons ou noix ou amandes ou graines (soit dans la salades, soit dans les plats)

-conserves multiusages : cœurs d’artichaud/ petites asperges/ tomates séchées

-un fromage à raper (comté/ gruyère…), un fromage à tartiner (chèvre, saint moret…), un fromage à couper en cubes (feta, mozza, gouda, mimolette), du parmesan.

-des œufs, du lait.

+ L’épicerie à renouveler.

Cette liste n’est pas exhaustive évidemment, et il faut compter avec tout ce que j’ai en stock dans mes placards, mais à supposer que j’oublie tout le reste, j’ai de quoi tenir une semaine.

J’ai fait des progrès en ce qui concernent les saison, j’ai enfin arrêté de manger des tomates toute l’année (sauf le craquage tomates cerise-mozza mensuel, pour les retours du boulot particulièrement difficile), j’ai mis à l’honneur les poires, les endives, le potimarron, le brocoli, le celeri (branche, rave j’ai du mal) les châtaignes au petit déj tant qu’il y en avait, les légumes secs. J’ai quand même du mal avec les pommes tout l’hiver. J’ai aussi fait des progrès en local, même si je ne me prive pas de clémentines Corses (je fais marcher mon économie, na !) et de patates douces de quelque part très loin sûrement. Je m’acculture (ca ne vaut pas pour les choux, cependant). Et je n’ai pas forcement d’effort à faire. Les poivrons et aubergines sont sans goût, le poisson est infect. 

En revanche, à ma grande déception, impossible de passer totalement au bio. C’est ancien pour le sucre, la farine, etc., pas seulement pour la santé mais pour la diversité des goûts que cela ouvre. C’est plus récent pour le beurre ou des œufs. C’est toujours exclu pour les fruits et légumes, bien qu’ai souvent l’impression décourageante que mes efforts pour offrir à ma fille des purées maison l’empoisonne à petits feu, les fruits et légumes des petits pots étant soumis à des restrictions en terme d’engrais et autres que ne remplissent sûrement pas les fruits et les légumes que j’achète quotidiennement. Mais les seuls fournisseurs bio que je vois à l’horizon sont les deux magasins bio des deux villes les plus proches. Des « chaines » de magasin bio qui n’ont de bio que l’étiquette et pas vraiment la démarche (ni l’humanité). Où le kilo de carotte est à plus de 3 euros. Je n’ai pas les moyens. Le panier est exclu pour moi. Il n’y avait pas de fournisseur proche il y a 6 mois (et je déménage dans 6 mois), et mon emploi du temps n’a pas la régularité nécessaire à ce type d’engagement. Et quand je n’aime pas, je n’aime pas (les nèfles, les topinambours, certains choux et navets).

Pour la suite, j’aimerai essayer les galettes de légumes secs et flocons divers, et maîtriser l’emploi des graines dans les salades (pas germées pour l’instant, les graines sèches. Qu’acheter ? J’ai simplement un sachet de graines de tournesol que je ne sais pas trop accommoder. Quoi dans quelle salade ? Quelle autre utilisation ? ). Il faudrait surtout plus de régularité, les semaines papilles alternant avec les semaines pain-fromage-chocolat-pizza du plus bel effet sur mes hanches.

J’ai aussi acheté par erreur un paquet d’orge perlé dont je ne sais pas quoi faire. Des suggestions ?

A oui, et à signaler, des ratages spectaculaires, comme la soupe de fèves (sèches):

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Ca à l'odeur et le goût de l'aspect. J'ai tout jeté.

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13 décembre 2008

Les jours d'après....

 

Il y eut le jour d’après. Celui qui commença tôt, avec deux croissants et demi, un chocolat chaud, un ami, et un parapluie dégoulinant, dans un bistrot place de la Madeleine. Il y eu la marche tranquille sous la pluie, de la Madeleine aux Arts et Métiers, la recherche calme d’une boulangerie (pour les cookies), et d’un magasin bio (pour les yaourts à la crème de marron et les clémentines de Corse), et le second petit déjeuner, beaucoup plus tardif. Il y eut les quelques courses en flânant, du brocoli et de la patate douce pour faire de la purée aux petites. Il y eu l’après-midi au 522, déserté depuis six mois et soudain aux allures de ruches, et deux heures de calcul pour trouver un exercice qui tombe juste pour leur partiel, les discussions, le sentiment d’après. Il y eu le retour à l’appartement, les éternels problèmes sur la ligne B, l’attente patiente en discutant. Il y eu la purée brocoli-patate douce, l’attente, le bus, les lumières, la gare, l’homme du train en éternelle chemise à manches courte malgré la neige et la petite tête encagoulée. Le luxe oublié de dépenser son temps sans compter.

 

Il y eut le week-end d’après, le pire de l’année peut-être. Ce neveu ou cette nièce qui ne le deviendra jamais, et cette difficulté, en même temps, à le pleurer, parce qu'en quelques jours on n'a pas eu le temps de le considérer comme une personne vraiment. Ces quarante voix qui effacèrent un an de travail acharné et de nuits blanches, les nuits fiévreuses, les six heures de conduite dans le vent,la neige, et lanuit, les yeux rivés sur les phares de la voiture de devant qu’il ne fallait surtout pas perdre, les tremblements de l’héroïque petit passager arrière, les urgences, la courte nuit.

 

Il y eut quelques jours d’accalmie, le temps de mille petites choses mises en consigne : dégivrer son congélateur ; réparer les jouets cassés ; passer l’après midi au coin du feu avec l’amie maman enceinte de 8 mois dont le mari est en Afganisthan, sans se soucier du travail en retard ; se regarder enfin dans la glace, ne plus supporter ses tifs, faire enfin un hénné, et même prendre rendez vous chez le coiffeur, première fois depuis 2 ans, même si c’est pour psychoter sur la chaise et lui demander de changer un peu tout en ne changeant rien et de ne surrrrtout pas couper plus de 5cm…et ressortir avec la frange ; racheter des collants, un sous pull, faire les 15 ourlets en attente, constater que la garde robe familiale a doublée dans l’affaire et se demander si les matins seront un peu moins difficiles en sachant quoi se mettre sur le dos ; compter ses balles de jonglage, en se disant qu’il faudrait s’y remettre; apprendre les paroles de pirouette, cacaouette, de la mère michel, et de compère guilleri pour arrêter de la flouer avec des lalala dès la deuxième strophe ; apprendre à les jouer au piano. Donc dépoussiérer le piano, l’ouvrir, jouer, la laisser tapoter  ; lui donner des ordres en surveillant la cagoule blanche qui tangue dans le chemin. Les jacinthes, j’aime moins, dans le coin en bas a gauche. Les tulipes, je préfère, sur la terrasse, devant la haie ;g lisser des dicos sous les plantes vertes qui sont en train de dépérir depuis qu’on a remis le chauffage par le sol en route ;lire le mode d’emploi de la nouvelle (d’il y a 6 mois) machine à laver. Apprendre à vider le filtre, laver à fond le bac à détergent. S’apercevoir qu’en fait il faut diluer l’adoucissant dans de l’eau chaude pour ne pas boucher le compartiment (si, j’ai des balles de lavage, mais non, ça ne suffit vraiment pas. Et le bicarbonate de soude non plus. J’aimerais bien, notez, parce qu’à plus de 3 euros le bidon d’adoucissant bio…) ; aspirer la cave, la voiture. Essayer d’en faire un espace un peu agréable puisque j’y passe tant de temps. Prévoir l’eau, les petits morceaux de bois aux huiles essentielles, le CD de comptines, aller chercher à la bibliothèque les livres audio de la vingtaine d’aller retour d’ici Noël. Se dire que Jeanine Boissard, c’était vraiment pour les vieux, que c’était une super version de Voyage au Centre de a Terre, qu’il faut réessayer du Jules Verne, et que tient, Vipère au Poing, ca fait longtemps, j’étais en 5e je crois, je suis bien tentée de remettre ça.

 

Puis il y eut le constat. Rien, vraiment rien n’avait changé. C'était même plutôt pire. L’urgence, les partiels, les réunions, les sujets, l’emploi du temps du second semestre, l’incohérence avec les possibilités de crèche, les suppliques, les négociations, l’espoir, les deceptions, les négociations, encore et encore. La difficulté à réunir les pièces pour le dossier de qualif, l’ouverture inquiète de la boite aux lettres  -vide de ces dossiers tant attendus-, les heures passées au téléphone, le PV égaré quelque part entre le service des thèse et le service des diplômes, le président du jury pas pressé, la lettre d’acceptation de l’article jamais reçue, tous ces blogs, ces témoignages sur le parcours du combattant, la précarité, l’absence de postes, les manipulations des comms de spé. La neige, le verglas, les mains engourdies par le dégivrage, la nuit le matin, le soir, tout le temps. L’absence surtout, la maison vide, bien trop grande pour deux, qu’on essaie d’égayer en écoutant Bing Crosby parce qu’il parait que c’est bientôt Noël et que nos cœurs doivent être à la fête. Le vide plus grand encore une fois qu’elle est couchée, et qu’on essaie d’enfouir derrière un écran lumineux, derrière la vie des autres, celles des séries, celles des blogs. La place qui reste vide, sur son manteau, là ou il faudrait accrocher la médaille qui devrait être décernée aux femmes de militaire, le déménagement, dans 6 mois à l’autre bout de la France. Certain oui, mais absolument certain.? Mutation interacadémique? Pas de mutation, trop risqué, avec l’armée on ne sait jamais. La rhino, la bronchite, et encore la bronchite. La fatigue, la fatigue et encore la fatigue.

 

Et puis il y eut ce matin. Un lit soudain trop petit pour les habitudes prises, les tiraillements des retrouvailles en voie d’apaisement, un rayon de soleil, enfin, le petit chemin caché qui ne pouvait être découvert qu’en marchant au pas d’un enfant de treize mois, les deux chevaux, les trois biquettes, et les 15 moutons. L’odeur du sablé à la châtaigne, une belle assiette, le bruit de ses pinceaux, de son jeu dans le bureau. Qui ne règle rien de cette course sans fin. Mais qui laisse espérer 3 semaines de présence, et une trêve ou on sa croix quelques précieux jours, s’assoit au bord du chemin et regarde.... et s'aperçoit qu'il est docteur.

 

  

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