Je n'aurais vraiment su expliquer ce rythme. les mois d'écriture et de lecture, les mois de silence. Des périodes de ralentissement, de repli sur soi, d'hibernation. Ou bien alors d'activité intense, pas le temps. J'étais bien placée pour savoir qu'on ne peut vraiment trancher pour expliquer l'enchainement des évènements. Et puis ce n'était pas antagoniste. Quand le vent souffle trop fort, quand le bateau avance vite mais nerveusement, presqu'incontrôlable, de sorte que le poids de sa coque projeté à toute allure contre les vagues finit par le freiner, et que ce rythme haché en devient inconfortable, ne faut-il pas réduire la voilure?

Il y a celles qui annoncent la fermeture de leur blog. Une fois par an. Un peu plus, un peu moins. Qui reviennent, ou qui réouvrent ailleurs. Parce qu'on y revient toujours, n'est-ce pas? Celles qui annoncent une pause, et qui reviennent sur la pointe des pieds dépoussiérer les étagères et aérer les pièces, quelques semaines plus tard. Je ne ferme pas. Ca ne m'est jamais venu à l'idée. Je ne préviens pas. Parce que je ne sais pas quand ça s'annonce.

Enfin si, depuis ce matin, je sais. Je fais défiler les pages, je vérifie les dates de départ, les dates de retour. Ca colle, à quelques fioritures près. Ca colle même pour cette année 2009. Je me suis expatriée en Août. Mais je n'ai recommencé à écrire qu'en octobre-novembre. Parce que c'est à ce moment là qu'il est parti.

Je l'ai déposé ce matin à huit heures. On est passé devant le bus, et on est revenu se garer à l'autre extrémité du parking, pour pouvoir se dire au revoir tranquillement. Je suis partie tout de suite, j'ai essuyé quelques larmes, et elle m'a dit doctement: « tu vas te coucher un peu dans le lit, et ça va aller mieux.» Il a appelé vers 22h00. Il allait embarquer. Plusieurs jours sans aucune nouvelles, le temps de reprendre ses marques, à là-où-ça-chie. Et puis sait-on ce qui se passe vraiment là-bas? Mieux vaut ne pas savoir. Parce qu'à retenir son souffle pendant trois, peut-être quatre mois, on est vite guetté par l'asphyxie.

Il est vraiment parti, maintenant.

Alors je reviens.

 

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 Merci pour les petits mots passés sous la porte en mon absence.