Epiphanie
Je ne suis pas très assidue en ce moment. Quand je vais à la messe, c'est en trainant les pieds. Et je n'écoute pas de toute façon, trop occupée que je suis à empêcher l'un de donner des coups de pieds dans le dossier de la personne de devant ou l'autre de s'étaler sur trois bancs pour colorier. Ou juste parce que j'ai perdu l'habitude de me concentrer sur ces paroles et que je suis trop fatiguée pour empécher mon esprit de vagabonder. Ce soir, je suis seule, c'est rare, il n'y a même pas cette émulation familiale. Et puis il y a tout ce travail, cette urgence. Je râte celle de 11h00, et puis aussi celle de 17h30. Mais mes pieds trainant me mènent néanmois jusqu'à la porte de l'Eglise à 19h30. Celle-ci est pleine à craquer. Messe étudiante.
Et, fait extraordinaire, ce soir, c'est à moi qu'on parle. Le prêtre souligne que les mages sont des scientifiques, et que c'est en tant qu'hommes de connaissances qu'ils cherchent Dieu, au sens propre, puisqu'ils parcourent des milliers de kilomètres. Il nous invite à chercher Dieu dans nos études, où, ajoutent-ils, pour ceux qui continuent dans leur vie professionnelle de chercher de la connaissance, à ne pas séparer notre vie intellectuelle profane de notre vie religieuse.
Il n'est pas question pour moi de prendre cette injection au mot. La manière dont ma foi peut ou ne doit pas transparaître dans ma vie professionnelle, la manière dont elle irrigue ou non ma recherche et mon enseignement, mon attitude aux élèves, étudiants et collègues et un sujet à la fois sérieux et dont il n'est pas souhaitable de troubler le cesser le feu actuel. Non, ce prêtre me parle de mes choix personnels, de l'organisation de ma vie, de la manière dont je répartis mon temps, mon énergie et mon attention. Il me parle de ce concours qui a lieu dans une semaine, cette dernière chance perdue d'avance mais auquel il faut croire ne serait-ce que parce qu'il faudra parler au jury comme si le sort de ma science ne dépendait que de moi (mais avec humilité quand même....), qui, par sa seule existence, alourdit mon quotidien depuis de trop longs mois, et qui, depuis trois semaines, s'incarne enfin dans les dossiers créés sur mon bureau et les carnets noircis.
Ce soir on me parle, et si j'ai l'esprit trop embrumé pour traduire les conséquences de ce discours dans ma chair et dans mes actes, le simple fait d'être touché par ces mots, en ce lieu, à cet instant, m'apporte une certaine paix.
Bonne épiphanie, et bonne année. 2012, c'est tellement tard dans ma vie, tellement avancé, déjà. D'un autre côté, il n'est pas question d'arriver au bout, il y a trop d'obstacles à sauter pour qu'il soit sain et constructif d'embrasser d'un coup les 12 mois qui s'annoncent. Il s'agit déjà de survivre à janvier.
Je vous souhaite donc de survivre à janvier. Ensuite, on verra.
Merci aux voeux reçus
Commentaires sur Epiphanie
Heureuse de te lire ici ; bon courage pour les prochaines semaines.
quoi qu'il apporte ce concours est un début?
tous mes vœux t’accompagnent.
se poser. voilà un luxe que je te souhaite. prendre le temps de souffler sans s'asphyxier. trop longtemps que je ne suis allée à l'église, comme je disais aux filles, c'est le seul endroit où je me repose. bonne année
J'ai cette sensation de partager plein de chose avec toi, alors que peut être, en vraie, rien du tout... c'est étrange. Nous sommes peut être tout simplement sur le même chemin, à escalader ensemble le même rocher... ou peut être pas.
Va savoir
Dans tout les cas, je t'embrasse bien fort, moi qui ai zapper la messe de l'épiphanie pour obligation familiale... mais qui y a quand même envoyé les enfants ![]()
Quelle coïncidence en effet nos messages qui se croisent !
Je me suis souvent aperçue que c'est toujours quand tu as le plus besoin que tu reçois un p'tit signe de Là-Haut.
Courage pour les semaines à venir et de l'Espérance pour l'année 2012 !
Allez, on va essayer... Des bises, Béa.
Survivre à janvier, dépasser les contingences du quotidien, trouver de l’énergie pour s'extraire de tout cela et s’élever un peu; Beaucoup d'échos en moi... Allez, on va y arriver, on va trouver le chemin, arriver en haut du rocher comme dit mema, pour commencer l'ascension du suivant....
A défaut d'avoir été touchée par les mots d'un prêtre (je crois qu'en ce moment, je fais plus acte de présence qu'autre chose), je me raccroche à quelques bouts de phrases des lectures du jour de ces derniers mois, que je reçois par e-mail mais auxquelles je ne consacre pas toute l'attention que je voudrais. Deux petits passages (1Th5,24; Ph4, 6-7), arrivés, comme le dit si bien Zélie, quand j'en avais le plus besoin. Et l'Evangile de notre mariage. A défaut d'en analyser le sens profond et les implications concrètes, je me contente de les répéter et de gribouiller un peu partout, de manière quasi compulsive. Quelques mots qui apaisent et donnent la force d'essayer d'avancer. C'est à la fois très peu et énorme.
Janvier touche à sa fin, j'espère que vous avez survécu...au concours et à tout le reste. Fin janvier, les jours rallongent déjà sensiblement, ça ne fait pas tout, mais ça aide à entrer dans février, non ?
Et avec beaucoup de retard : Bonne année! J'espère que 2012 vous apportera un peu (ou beaucoup, c'est encore mieux!) de sérénité...
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