23 mai 2008
La recrue (3): Kasparek
Mon choix s’arrête finalement sur un bouffon. Habit rouge à grelots. Mais là encore, pas de sourire waldisneyque et de pommettes bien rondes et bien rouges, de sourcils bien dessinés. Un sourire un peu de travers, un peu grinçant, un jenesaisquoi de fou. On ne sait pas vraiment si c’est un bon ou un mauvais.
La dame ne parle que 3 mots d’anglais et quatre français. Je ne parle pas un mot de sa langue. Pourtant, nous avons une longue conversation. Je lui demande de m’apprendre à la faire bouger, elle me montre longuement comment la faire danser. Le principe est simple mais mes doigts sont maladroits. Il me faudra de l’entraînement. Je lui explique que c’est pour ma petite, elle me raconte que sa fille de 15 ans a passé un an en France. Je lui demande à quel conte, légende, folklore local est emprunté le personnage, s’il est du côté des gentil ou du côté des méchants. Elle me dit que c’est Kasparov, le bouffon du roi, qu’il symbolise la joie (plus tard, j’apprendrai dans mon guide qu’il s’agit du bouffon Kasparek, le personnage le plus populaire d’entre elles).
Elle l’emballe très soigneusement, et je réalise alors que je n’aurais pas cru pouvoir en ramener une avec moi. Je m’étais dit en bois, originale et avec une démonstration ou rien du tout. Même si elle n’est pas dans les plus belles, elle n’est pas un achat de dépit. J’en suis ravie.
Je décide de ne pas reprendre le circuit que j’ai emprunté à l’aller. Tant pis pour la carte postale. Trop de monde, je suis agoraphobe. Je m’engage dans les rues parallèles. Vides ou presque, et plus monotones. Mais l’histoire est quand même là, à chaque coin.
Je m’arrête pour contempler une frise que je n’aurais même pas remarquée dans la débauche de couleurs, de sculptures, d’art des rues un peu plus haut.
Je cours attraper mon tram, et me voici dans ma chambre. Il est temps de travailler ma présentation, j’ai une soirée et une nuit pour cela. Je ne sais pas si elle lui plaira, mais il y a désormais une petite histoire, des émotions attachées à ce personnage.
Dommage que tous mes achats ne soient pas à cette image.
20 mai 2008
La recrue (2): chez Truhlar
Comme la dernière fois, je me déplace à pieds. Je sais exactement ou aller. Pas besoin de plan. Il y a deux magasins, le premier sur une placette de la vieille ville, à deux pas de la célébrissime place nationale. Rien n’a changé, si ce n’est les prix qui ont légèrement augmenté. J’en cherche une en bois, véritable ouvrage d’artisanat. Celle avec le masque et la cape noire. Trop cher, bien trop cher. J’ai l’enfant mais toujours pas les sous. Je ne suis même pas déçue. Le simple fait de les avoir vu me suffit. Elles resteront un rêve, elles m’émerveillent toujours autant.
Je décide tout de même de faire un saut à leur second magasin. Mais il s’agit alors de franchir le pont, et là je manque de faire demi-tour. Une marée humaine.
Je prend soudain conscience de la chance que j’ai eu de venir en février, la dernière fois. La température était largement négative, je n’avais pas eu à regretter les aprèsski et les moufles, il faisait nuit à 16h, mais les journées étaient ensoleillée, et je garde un souvenir ému de nos promenades nocturnes dans les rues éclairées….et désertes. Hors saison.
Cette fois, c’est la pleine saison ; les balafres touristiques (dont je suis responsable en tant que touriste) me sautent aux yeux.
Je manque de faire demi-tour, mais je m’applique finalement à slalomer entre les groupes. J’arrive au bout du pont.
Là encore, je n’ai besoin d’aucun repère, je me souviens parfaitement de l’endroit. Du parapet, je me penche sur la droite. L’échoppe est là, sous le pont, cachée.
Les mêmes peuplent l’endroit, toujours aussi belles....
....toujours aussi chères. C'est surréaliste, tous ces fils qui pendent du plafond. J'ai l'impression de penetrer clandestinement un décor de Tim Burton.
Mais il y en a aussi de plus petites. Elles sont en bois également, mais les pièces détachées sont fabriquées industriellement. En revanche, elles sont assemblées et peintes à la main, ce qui rend chaque pièce, chaque visage en particulier, unique.
Je les contemple un long moment. Ce que j’aime, par rapport à leurs alter ego des autres fabricants, c’est ce côté comédie humaine, cette sorte de grossierté. Les autres présentent un visage lisse, de conte de fée. Ici, elles sont grimaçantes, grotesques. J’aime plus particulièrement les vieilles au nez crochu et à la tignasse blanche mal peignée, et les pirates balafrés qui font la gueule ou ont l’air bête selon. Mais je crains tout à coup de peupler les rêves de mon chtig de faces grimaçantes.......
17 mai 2008
La recrue (1): revenir
Quand j’ai su que j’étais acceptée à cette conférence. Non à cause de la conférence elle-même, très peu de sujets compréhensibles abordés, ni à cause de la célèbre capitale abritant l’évènement. Mais parce que j’y étais déjà venue deux ans auparavant, que je gardais d’elle un souvenir ébloui, et que je m’étais promise, si un jour j’avais un enfant, de retourner dans cette ville et de lui en offrir une, d’en faire un de ses souvenirs d’enfance.
Le séjour avait pourtant mal commencé. Une grève des contrôleurs aériens, l’avion du matin annulé, je n’atterris que le soir et j’ai raté le premier jour de la conférence, alors que j’avais prévu déjà d’amputer le troisième, pour retrouver mon chitg au plus vite. Un chauffeur de bus fou, des pavés dont ma colonne vertébrale se souviendra longtemps, une adresse un peu vague, bâtiment Jarov III, la pluie. Ce n’est pas un quartier touristique, presque personne ne parle anglais, je ne pense pas à demander mon chemin en allemand. Et puis Jarov, c’est le nom du quartier. Tous les batiments s’appellent Jarov. On m’en conseille un, plus haut et plus terne que les autres. C’est ici, le crous local. Je déplace les meubles en formica de ma chambre afin de trouver La prise. Et je m’enfonce dans les rues avec une collègue pour chercher à diner. Ici, les vestiges du communisme sont prégnants, partout. Pressées de se coucher, nous échouons dans la taverne la plus proche. Première bonne surprise. Deux repas très copieux pour moins de 4 euros. Loin des prix et de la médiocre qualité de ce que proposent les restaurants du centre, ceux de mon précédent voyage. Simple, et goutu, très goutu. Mais cette fois, j’ai retenu la leçon : le truc vert n’est pas du poivron, c’est du piment. Avec tout ça, il est déjà 22h, pas question de partir à leur recherche. Il me reste un jour et demi de conférence, je me dis que je ne verrais de la ville que ces murs tristes.
Mais le lendemain, rien ne m’intéresse dans le programme de l’après midi. Il n’y a personne de mon labo, personne de mon école de pensée plus largement. J’ai salué de loin deux trois doctorants, personne ne remarquera mon absence. Je m’éclipse....
02 août 2007
Fin de vacances....
Demain, retour en Alsace (via Toulon, sinon c'est trop facile).
Ca sent la fin....
Coucher de soleil d'hier soir.
Mercredi prochain, départ de l'homme pour le Tchad... et peut-être, enfin (pour eux, pour cette communauté internationale qui n'apprend visiblement pas de ses erreurs), le Darfour.
Samedi prochain, 6 mois de grossesse. Début des cours de préparation à l'accouchement.
Samedi 25 août: mariage du cousin.
Lundi 27 août: article à rendre pour le colloque de septembre. Premier colloque invité (si j'ai encore le droit de prendre l'avion à ce moment).
Début septembre, rentrée des classes: (pour trois semaines.... vive l'éducation nationale. Je vais être crédible en face de mes élèves, moi: bonjour-au revoir, je vais vous faire un cours d'introduction inoubliable).
Week-end du 16 septembre, colloque.
Week-end du 29 septembre: fiancailles du frangin.
Ca sent aussi le changement.... Pas le temps de se lamenter sur le départ de l'homme, ni sur le retour des nausées. La famille et le travail ont du bon, quand on est femme de militaire.
01 août 2007
....et retour de baignade du soir
Baignade du matin....
25 juillet 2007
Apprivoiser une terre étrangère
03 juillet 2007
Visiting Los Angeles : better green than blue.
A y est, je l’ai fait. Je me suis aventurée hors de Westwood. Et ca confirme qu’il faut suivre son intuition.
Direction Santa Monica après le culte. J’attend le bus 30 minutes, mais au moins pas d’embouteillages le dimanche. J’arrive à la plage, par
Et pendant ce temps, a Vera Cruz (snif),
Déjeuné et arpentage d’une zone piétonne. C’est sympa, mais il n’y a pas grand-chose à arpenter à part des magasins.
Je ne peux décidément pas en rester là. Je décide de tenter le seul endroit qui me donnait vraiment envie, le Getty center. Tout prêt de UCLA en théorie. Mais il faut prendre deux bus, et attendre chacun près d’une demi heure. Et le centre ferme à 6 heures. Est-ce vraiment la peine ? Je décide que même pour une heure, c’est la peine. Et je ne le regrette pas.
Sur les hauteurs de LA, la plus belle vue sur la ville. Vue comme cela, elle me semble tout de suite plus apprivoisable.
Une architecture complètement folle, réalisée par Meier sur commande de Paul Getty, ouvert au public en 1997, dont les collections et les jardins sont entièrement gratuits. Il faut prendre un tramway une fois dans l’enceinte pour y accéder. Pour donner au visiteur l’impression de s’élever au delà de son expérience quotidienne, selon l’architecte.
Qui a réussi son coup magistralement.
La vue en sortant du tram.
La sculpture du hall d'entrée.
Hyper moderne, en formes carrées et circulaires, en pierres blanches qui prennent la lumière d’une manière qu’il n’est pas possible de rendre sur les photos. Il faudrait un appareil 360° pour rendre compte de la magie du lieu. Un lieu sortie de l’imagination d’un milliardaire fou…. Et zen. Des jardins fabuleux, beaucoup de monde mais un paix et un silence.
C’est comme si adultes et enfants marchaient sur la pointe des pieds pour ne pas troubler le calme du lieu. J’y serais bien rester la journée. Je suis quelque part rassurée. Je n’habiterai pas à LA, mais toute ville à ses endroits magiques……..
Edit : ....et des coups de soleil un peu partout, malgré l'écran total. Argggg, je crois que je vais être bonne pour le masque de grossesse d'ici quelques jours. Misère! Mais comment font les futures mamans californiennes?






























