Mowgli Nomade

Etats d'âmes d'une maman thésarde, petits pas vers un mode de vie plus simple et plus ecologique.

02 décembre 2009

Le sens de l'avent

Un sens qui change chaque année.

Parce que le message chrétien est pluriel. Et dans ce temps que les croyants se réservent pour préparer Noël, comme pour le carême, tel texte, tel message, telle tradition parle plus que les autres.

Parce que ce temps cyclique, comme celui des saisons, vient nous rencontrer chaque année à un moment différent de notre histoire personnelle. Ce qui nous paraît naturel une année est absurbe ou révoltant la suivante,  parce que nous pouvons avoir besoin de gravité ou de legèrté, de silence ou de musique, de lumière ou de pénombre, de contemplation ou d'activité.

Le temps de l'avent, ce sont ces semaines rythmées par 4 dimanches, quatre séries de lectures, 4 bougies sur la couronne, 24 petites portes, et qui se termine par un « avènement », une « venue », une « visite », celle de Jésus. Et un ensemble de mots que l'on retrouve dans les textes bibliques qu'on lit en ces occasions, ou dans les méditations qui fleurissent un peu partout: pas-à-pas, vigilance, veiller, patience, attente, préparer, commencement.

L'Evangile du premier dimanche de l'avent exhorte la croyant à « veiller », à « se tenir prêt », les deux suivants suivent Jean-Baptiste, celui qui « prépare le chemin », qui « vient avant », et le dernier relate l'attente de Marie.

 

Une certaine ironie, pour le chrétien de 2009 que je suis.

D'abord parce que tous ces mots m'évoque un temps passé paisiblement au coin de l'âtre, à la lueur du feu, dans le calme, « en soi ». Pas le temps passé sou l'âpre lumière des 1001 néons de Noël à courir les rues pour faire le plein de cadeaux. S'il devrait y avoir un temps « d'allègement » (de son temps autant que de ses possessions présentes et futures, ou de celles qu'on se propose d'offrir à ses proches) ce devrait être celui-là (le carême serait plutôt un temps de frugalité, une notion un peu différente). Je ne veux pas parler de « dépouillement », ni de « pauvreté »  comme on le fait en référence à la naissance pauvre et anonyme de Jésus, et à la fragile figure du nouveau né. Pas cette année en tout cas. Après 4 mois de séparation d'avec tous mes proches, je ne veux pas nier que ce temps sera celui de la fête, des lumières, des rires, des verres qui s'entrechoquent, des bouts de papiers brillants qui volent partout, de la bonne flambée, de la table bien garnie. Mais je ne veux pas non plus de cette indigestion qui me prendrait le lendemain de la fête, enfournant tous ces papiers dans un grand sac poubelle, contemplant les piles d'objets éparpillés au pieds du sapin, certains dont le coût me serait d'autant plus douloureux qu'ils ne me serviront à rien ou qu'ils ne m'ont pas émerveillés, ou pour lesquels je n'ai pas vu cette petite flamme dans les yeux des mes proches, pour lesquels je n'ai pas entendu ce petit hoooo étouffé.      

 

Ironie aussi parce que cette exhortation à « veiller », « rester vigilant », qui me fait penser à la parabole des jeunes filles qui se sont endormies au lieu de conserver la flamme de leurs lampes à huile, je la trouve sévère et stérile. L'avent, c'est aussi ces semaines de décembre où tout le monde est sur les rotules, après 4 mois de turbin ininterrompu, de gastros et de grippes, de pluies et de vent glacé, en ce temps de nuit permanente. Je suis tellement fatiguée, je ne veux pas que Jésus se tienne à la porte et qu'il frappe, attendant que je lui ouvre pour qu'il entre chez moi. Je veux qu'on me laisse m'assoupir dans la douce chaleur d'un foyer, surtout si le vent souffle dehors et que la pluie frappe aux carreaux, je veux qu'il me réveille en me tapant doucement sur l'épaule et en me susurrant « c'est Noël ».

Ces mots de « veille », de "vigilance," je les retiens cependant pour ces quelques jours qui précèdent immédiatement Noël, ou je serai enfin en France, et où, à coup sûr, dans la frénésie qui m'entourera, je serai rattrapée par la culpabilité de ne pas avoir coché tous les noms sur la liste, de ne pas avoir ramené « un souvenir » à chacun puisque je rentre d'un grand voyage. Ces derniers jours où les susceptibilités de chacun me reviendront brutalement à la figure, où j'aurai peur que le 24 au soir, les « offrir » et les « recevoir » soient sur-interprétés et comparés en fonction des petites rancœurs, manques, et pourrissements qui se cachent derrière les portes de tout placard familial. Ces jours là, je voudrais ne pas être emportée par la peur que ce ne soit pas « assez » ou pas « approprié », ne pas courir racheter une « petite bricole », avec ensuite l'impression amère d'avoir parfois agi comme si je signais un chèque-« certificat d'affection valable pour un an », de m'être « acquittée » d'une obligation.  Je voudrai être capable de me préparer à un visage déçu ou un regard en coin en me convainquant qu'avec des mots simples et directs je pourrai expliquer chaque choix et faire comprendre l'intention particulière enveloppée dans le papier brillant.

 

Pour le reste, « maintenir », « continuité » seront les maîtres mots. Car cette année, « attente » de fait il y a. Nous sommes déjà dans le temps de l'attente, le temps ou les valises ouvertes contre le mur se remplissent de jour en jour. Il y aura l'attente chez des amis la veille du départ, la longue attente à l'aéroport et entre les avions, les quelques jours d'attente à l'arrivée, en terrain inconnu, avec ces horaires décalés, le trajet jusqu'à la maison de manou et grand papa. Et même après, il y aura cette nouvelle maison, l'attente du retour de l'homme, l'attente de cette chose que les grands appellent « petit frère ». Que de murs et de visages inconnus pour une petite fille durant ces 24 jours. Alors il faudra transporter un peu de lumière, quelques bouts de papier et de tissu, deux ou trois histoires et des photos de places en places, pour que ce temps soit celui du désir et de la confiance, et non de la peur.

 

Alors, cette année, la figure de référence ne sera ni celle de Jean-Baptiste (que j'affectionne particulièrement), ni celle de Marie (malgré certaines similarités dans l'attente...), mais celle des rois mages et de l'étoile de Noël qui les guide. Une histoire que le petit schnik, comme s'elle sentait déjà tous ces bouleversements à venir, affectionne tout particulièrement. Un avent de voyageurs, un avent de nomades.

 


rois4

Posté par mowgli nomade à 23:08 - je crois en Dieu. - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :


01 mars 2009

“Je crois, viens au secours de mon incrédulité”

Le vrai message du carême cette année sera celui de l’Evangile de ce lundi, (Marc 9, 22-24) deux jours avant le mercredi des Cendres qui acte l’entrée dans ce temps de silence et de retour en soi.

Je ne suis pas en état d’être touchée, ni par le message des Cendres « souviens toi que tu es poussière et que tu redeviendras poussière », ni par les messages usuels de ces 40 jours : « prends ta croix et suis moi », va au désert et résiste à la tentation, jeûne, prie, pardonne, demande pardon, aime.

 

D’abord parce que depuis plusieurs années je suis dans la nuit, cet état au bord du précipice, ou à tout instant je frôle l’incrédulité totale (c’est des conneries tout ça, autant croire au Père Nöel), quand ce n’est pas la révolte pur et dure (n’y a-t-il pas quelque chose de malsain dans la morale chrétienne). Sans jamais tomber dedans tout à fait. Parce qu’en plus depuis 6 mois je suis une loque (non, je ne suis pas trop dure avec moi. Quand on est capable de passer plusieurs soirées de suite avachie devant ces émissions qui apprennent aux gens à manger/ranger/laver/économiser/élever leurs enfants/s’habiller/se déshabiller –c’est la modernité. Si tu n’as pas la télé, maintenant, tu as quand même la télé. Merci replay-, c’est qu’on est une loque). Je voudrais que les décès qui m’entourent m’eussent fait réagir, amené à pencher de plus près sur cette histoire de poussière, réalisé ma chance d’être en bonne santé, avec un gentil-homme et un enfant, pour enfin cesser de gâcher toutes ces secondes et toutes ces heures et tous ces jours à ne rien faire, rien, pas même me plaindre.

 

Alors pour ce carême il ne s’agira pas de faire « des efforts », mais simplement d’assurer des activités élémentaires avec plus de régularité. Il ne s’agira de me priver de nourriture mais simplement de manger avec les saisons, et d’espacer encore plus les crises de picardisme aigues (un des rares progrès de ces mois passés). Il s’agira au contraire de continuer à redécouvrir le plaisir de manger sans compulsion et sans hors saison. Il ne s’agira pas de me consacrer entièrement à mes proches et moins proches, mais simplement de consacrer un quart d’heure de plus par jour à ma fille, d’appendre à jouer une ou des comptines de plus, de faire marcher la marionnette. Il ne s’agira pas de devenir l’épouse idéale et attentive que je suis incapable d’être, mais de dîner ensemble un peu plus souvent, de garder à l’esprit que non, le fond ne prime pas sur la forme et que la forme, c’est le respect de l’autre. Il ne s’agira pas d’aimer le monde entier et de compatir à des misères qui dépassent mon entendement, mais de faire un pas vers cet anonyme qui est mon élève de fac, l’élève que le système éducatif actuel ne me donne pas les moyens d’appeler par son nom. Je peux au moins le regarder, anticiper ses difficultés, écrire plus lisiblement, ne pas m’impatienter, faire écran entre lui et les tensions qui déchirent les profs entre eux, entre lui et les dysfonctionnements administratifs et humains qui pourrissent mon travail quotidien. 

 

Il ne s’agira pas de descendre au plus profond de moi, mais d’apercevoir mon ombre, de reconstituer les morceaux épars, de chercher un contour.

 

Il ne s’agira enfin pas de prier des heures durant mais quelques secondes de plus, et de faire mienne cette maxime qu’un moine autrefois m’avait édictée : « il n’y a pas de prière assez courte pour Jésus. Quand je suis trop fatigué, je me contente parfois d’un « Jésus, je t’aime » ».

 

Ces mots ne seraient être les miens. Mais quand j’aurais 10 secondes, je lui dirais « Seigneur, je suis perdue, je ne te sens pas, jamais. Je n’ai même pas la force de faire ces efforts qu’on dit que tu réclames. Je ne comprends pas comment on peut juger ceux qui te sont fidèles de ceux qui se détournent de toi puisque, s’ils leur manquent la force, comment leur en vouloir ? N’est-ce pas déjà juger les gens sur une « capacité » ? Seigneur je suis tellement fatiguée que je n’arrive même pas à souhaiter être meilleure avec ceux que j’aime. Alors porte moi, donne moi ta grâce sans laquelle je ne peux rien, pas même te chercher. » 

 

Et quand je n’aurais qu’une seconde pour prier, je lui dirais « Seigneur, viens au secours de mon incrédulité ».   

Posté par mowgli nomade à 21:44 - je crois en Dieu. - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

21 février 2008

Comment je vis le carême cette année

L'année dernière j'avais fait un énorme effort pour mettre en mots le sens du carême pour la pitite chrétienne que je suis. Beaucoup de mots, mais des mots que je l'espère avaient un sens. Ces mots sont maintenant archivés dans la catégorie "je crois en Dieu" de ce blog. Si j'en crois mes statistiques (mais bon je les consulte une fois tous les 3-4 mois pour voir qui vient trainer ici et pourquoi), ce sont les articles les plus lus du blog.

Bref, un carême presque mystique (je suis assez cartésienne, alors le "mystique" commence très proche de terre, chez moi).

Cette année, c'est très différent. Je n'ai pas assisté à une messe depuis le début de ce carême, souvent des concours de circonstance (les empêchements sont nombreux quand on élève seule un nourrisson qui a été souvent malade ces derniers temps), mais -pour une fois-, ca ne fait pas problème. Ca fait des mois que je comprend quasiment rien àn ce qui se passe...et que j'y vais quand même. Par fidélité. Parce que, pour l'intellectuelle que je suis, n'adhérer qu'à ce qu'on "comprend", c'est un manque d'humilité pas croyable. Et parce que si je me nourris de bribes (2-3 phrases  par cérémonie qui parviennent jusqu'à moi), je ne cesse néanmoins pas de me nourrir. J'apprends la fidélité. Et je me suis amplement prouvée à moi même, à marcher au fond de l'église avec le chtig dans la poche pour le bercer en écoutant des lectures, des chants, des prédications, que j'en suis capable.

Alors Dieu me lâche la grappe. Il sait que j'ai un tout petit appétit en ce moment.

Comme je ne suis pas capable de manger beaucoup, j'ai trouvé un carême avec un petit peu de mots  quotidiens.

DSC01341

Envoyé par la Fondation d'Auteuil. l'idée est de prier pour les enfants en difficulté. Tous les jours, il y a une phrase de la bible, une phrase d'une prière d'enfant, et une phrase d'intention de prière.
Par exemple:
"Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore." (Psaume 129)
"Je ne te vois pas, je ne t'entends pas, mais je suis content d'être près de toi." (prière d'enfant)
"Aujourd'hui, prions pour les enfants repliés sur eux-mêmes."

Voilà. 39 mots. Mais tous les jours.

Avec un Notre Père le soir, que je prononce au dessus du visage du chtig, allongée dans le lit dans sa turbulette avant le calin et le dodo. Ca la fait rigoler, ce ton assez rapide et monocorde. Elle a l'impression que je lui raconte une histoire tous les soirs. C'est le sourire qui me nourrit.

Et puis il y a mon cochon.

DSC01342

Posé sur mon bureau.

DSC01344

Dans lequel je glisse des sous correspondant à ce à quoi j'ai fait l'effort de renoncer. Ou ce que mes petits pas verts m'ont évité d'acheter.  Je donnerai ces sous là aux orphelins d'Auteuil après Paques. Pour l'instant, il n'y a pas beaucoup de papiers: 2,50 euros: un chocolat. 3 euros: 1 caprice des dieux. 70 euros: l'intégrale de Sex and the City d'ocas sur le web. 2,50 euros: un paquet de gateau (faits maison à la place). 0,70 euros  : un paquet de coton  (lingettes lavables). 

C'est pas beaucoup. Mais ça fait toujours 79,70 euros.

Posté par mowgli nomade à 07:29 - je crois en Dieu. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

17 avril 2007

baptême

Dimanche, c'était le baptême de ma filleule, Clotilde.

La partie déco se trouve ici.

Ma modeste contribution à l'évènement: la méditation (ou homélie, ou prédication) de la célébration de baptême proprement dite. Pour situer, Clotilde à une maman catholique, un papa ex-catho devenu suspicieux, un parrain catho (je crois), une marraine luthérienne (votre serviteur), un autre parrain et une autre marraine athée. En même temps a été baptisée la petite Wendy, papa évangéliste, et maman boudhiste (version asiatique). Donc une cérémonie sous le signe de l'oécuménisme.

Voilà la méditation, si certains sont intéressés par une introduction au sens du baptême chrétien.

TEXTES

Paul 6 3-5

Ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés?

Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle.

Si, en effet, nous avons été greffés sur lui, par la ressemblance de sa mort, nous le serons aussi par celle de sa résurrection:

Jean 4 5-14

Il vint donc en une ville de Samarie, nommée Sichar, près du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph. Or, là était le puits de Jacob. Jésus fatigué de la route, s'assit tout simplement au bord du puits: il était environ la sixième heure. Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus lui dit: "Donnez-moi à boire." Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres. La femme samaritaine lui dit: "Comment vous, qui êtes Juif, me demandez-vous à boire, à moi qui suis Samaritaine? (les Juifs, en effet, n'ont pas de commerce avec les Samaritains). Jésus lui répondit: "Si vous connaissiez le don de Dieu, et qui est celui qui vous dit: Donnez-moi à boire, vous même lui en auriez fait la demande, et il vous aurait donné de l'eau vive." "Seigneur, lui dit la femme, vous n'avez rien pour puiser, et le puits est profond: d'où auriez-vous donc cette eau vive? Etes-vous plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux?" Jésus lui répondit: "Quiconque boit de cette eau aura encore soif; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura plus jamais soif; Au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissant jusqu'à la vie éternelle."

MEDITATION.

« Mais qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif »

« C’est par sa mort que nous avons été baptisé…. Nous avons été ensevelis avec lui, afin que vous aussi nous marchions vers une vie nouvelle. », à lu Ludovic, il y a quelques instants.

C’est donc cela que vous voulez pour Clotilde et Wendy.

Vous passez vos journées à leur donner à boire, à étancher leur soif, à travailler pour que leur besoins matériels soient pourvu toutes leur vie, et, si j’en crois l’Evangile que vous avez choisi, vous voulez pourtant plus que cette eau pour étancher leur soif.  Passe encore.

Mais il y a pire :

Vous venez de leur donner la vie, ce qui n’est pas de tout repos, et vous voulez que Jésus l’emmène dans sa mort, dans sa tombe, et dans sa résurrection.  Vous venez de leur donner la vie, ce qui n’est pas un petit cadeau, et vous voulez pourtant plus que la vie, une autre vie.

Mais pourquoi ? Et je ne m’adresse pas seulement aux parents, mais aux grands parents, oncles et tantes,  parrains, marraines, membres de la famille, amis.

Pourquoi ?

Je ne pose pas cette question pour rigoler. Aujourd’hui, je ne vais bien évidemment résister à la tentation de décrocher le micro, et descendre vous interroger. Moi je ne vais pas faire cela.

Mais elles ?

Etes vous prêts à ce que dans 5 ans, elles viennent vous demandez des comptes ?

-papa, pourquoi je porte une croix/une médaille ?

-maman, c’est qui le petit jésus ?

-est-ce qu’Adam il avait un nombril ?

-pourquoi Jésus il guerit pas mamie ?

Et pire dans 10 ans :

-pourquoi je suis obligée d’aller à la messe alors que papa/maman/parrain/tonton n’y vont pas ?

Et encore bien pire dans 15 ans :

-pourquoi tu m’as fait baptiser si tu ne crois pas ?

-pourquoi tu n’as fait baptiser tout court: tu m’as « obligée » à être chrétienne, tu ne m’as pas laisser le choix, tu m’as enlevé ma liberté ?

Et pas moyen de vous défiler, de rester vague ou de mentir. Les enfants le sentent. Et il vous faudra répondre, quelques soient la nature de vos rapports avec Dieu à ce moment là : extatiques (ça existe, on peut rever), silencieux (la nuit, l’absence de contacts), conflictuels, colériques, ce que vous prendrez pour une ignorance réciproque.

Si vous cœur vous pousse vers Dieu, il faudra traduire en termes comprehensibles par eux ce qui vous a poussé à demander le baptême pour eux, et ce ne sera pas facile. Si vous êtes en retrait, voir en rupture, il faudra également être sincère, aller chercher au fond de votre cœur.

Parce que « j’ai voulu que tu meure et que tu ressuscites avec Dieu », c’est pour le moins ésotérique.

Et parce que « c’est ta maman/ton papa qui voulait, ou c’était pour faire plaisir à tes grands parents, c’est par tradition », risque de ne pas les satisfaire non plus.

Alors autant essayer d’y voir un peu plus clair ensemble, maintenant.

Pourquoi vouloir pour Clotilde et Wendy une autre eau que celle que vous pourrez leur donner ?

Peut-être parce qu’adultes, vous savez que cette eau que la terre vous donne, et c’est déjà une chance, n’étanche pas toujours la soif. Parce que vous savez qu’on peut passer sa vie à avoir soif dans un pays qui croule sous la prospérité matérielle ?

C’est bien ce que Jésus promet dans ce texte « Au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant jusqu’à la vie éternelle ».

Et pourquoi vouloir une autre vie que celle que vous pourrez leur donner ? Pourquoi voulez que Coltilde et Wendy meurent et renaissent avec Jésus. La réponse se trouve peut-être quelque lignes plus dans le texte que vous venez de lire : « afin que le corps du péché fut détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché. »

Nous y voilà, le péché. Le terme peut rebuter ou ne pas parler. Il suffit de le remplacer par petits et grands égoïsmes, disputes, rupture, lâcheté, fermer les yeux, se détourner, tout ce qui fait que nous ne sommes pas capable d’aimer pleinement, que souvent nous nous sentons lourds, usés, enfermés, seuls. Nos propres rapport avec Dieu sont entachés par notre péché : on nous répète à longueur de journée que Dieu est mort, que la foi est un vestige d’une époque obscurantiste, que la science et la raison ont triomphé de ces supertitions. Et sans avoir même à écouter des voix extérieurs. Des épreuves nous font douter de l’existence de Dieu, ou nos doutes, nos colères, nos blessures, son silence, son absence….

Alors comment va-t-on expliquer à ces enfants, quand il viendront nous demander : « Pourquoi as-tu demandé le baptême pour moi ? Pourquoi as-tu fait cela ? »

Alors demandons nous. Si nous avons accédé à la requête de votre conjoint, de vos amis si nous sommes parrains et marraines, c’est peut-être que nous sentons que sa foi lui apporte quelque chose, un surcroît d’humanité, de paix, de confiance, d’écoute, de solidarité. Si vous avez accédé à la requête de vos parents, si vous souhaitez « perpétuer une tradition », c’est que leur vie, leurs traditions, même si vous les trouvez contestables, semblent avoir une signification. C’est que dans l’incertitude, dans la « nuit » de la foi quelque chose vous interpelle. Suffisamment pour que vous préfériez quand même confier votre enfant à ce Dieu que vous avez du mal a cerner, que vous refusez. Pourquoi ? Demandez vous pourquoi ? Demandez vous ce qui reste malgré vos doutes, vos colères ?

Cherchons dans la bible également (vérififer le psaume). La réponse est à toutes les pages :

« Tu as du prix à mes yeux et je t’aime…. Ne crains pas, je serai toujours avec toi (Isaie, 43,4-5 )».

C’est l’amour. Vous avez fait cela par amour. Par amour, vous avez voulu qu’elles reçoivent plus d’amour que vous ne pourrez leur en donner (et c’est énorme, parce que dans votre vie de parents vous serez étonné par votre propre capacité à donner de l’amour).

Et quelques soient vos doutes, vous pourrez leur répondre ceci :

Parce que je t’aime, j’ai voulu pour toi d’un amour plus grand que ce que je suis capable de te donner. Je ne sais pas grand-chose de Dieu, je ne comprend pas tout, voir pas grand-chose, mais au fond de mes doutes et de mes refus, je sais pourtant une chose : qu’il m’aime, inconditionnellement, totalement, et pour toujours. C’est cet amour que j’ai voulu pour toi, en te plaçant dans les mains de Dieu par le baptême. Ainsi je suis sur que tu sera toujours aimé, toujours pardonné, quelques soient les affres de la vie que nous puissions traverser. J’ai mis mon amour pour toi dans le cœur de Dieu. 

Vous ne supprimez pas leur liberté en les faisant baptiser à un age ou elles n’ont pas conscience de ce qui ce passe. Vous êtes des passeurs d’amour. Le baptême des petits enfants est ce qu’on appelle « un baptême en attente de réponse ». Ils gardent toutes liberté d’apporter, adultes, cette réponse ou pas. Baptiser Clotilde et Wendy encore bébé est au contraire un beau symbole, le symbole de la grâce. Le symbole que l’amour de Dieu, et le votre aussi, est premier, gratuit. Qu’elles l’acceptent ou qu’elles le refusent, il est déjà donné. Dieu a aimé le premier, vous avez aimé vos enfants avant même qu’ils ne soient capable de vous sourire.

Vous vous engagez par le baptême à donner à vos enfants une éducation chrétienne, et il n’y a pas là non plus d’outrage à leur liberté. Il n’y a pas de liberté à choisir s’il n’y a rien à choisir, si on  laisse un enfant végéter dans l’ignorance. Les enfants sont curieux, et s’ils ont reçu une éducation religieuse, ils sauront aller regarder ailleurs s’ils en ressentent le besoin.

Aujourd’hui, en demandant pour Clotilde et Wendy le baptême, vous demandez pour elle un amour infini et une nouvelle vie. Elle sont revêtues de blanc, de lumière, celle des cierges, et vont recevoir de Monsieur Siramy au nom de Dieu l’eau, symbole de la renaissance, de la purification et l’huile, symbole de l’esprit. Aujourd’hui, vous leur donné une deuxième fois la vie, en les confiant à quelqu’un dont l’amour est infaillible. Alors, quelque soient vos rapports avec Dieu dans 5, 10 ou 15 ans, vous n’aurez pas à rougir de ce que vous avez fait aujourd’hui. Car il n’y a pas à rougir d’aimer et d’être aimer. 

Posté par mowgli nomade à 00:13 - je crois en Dieu. - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

11 mars 2007

Temps de carême: Prière pour digérer l'echec.

Extrait du site Retraite dans la Ville, site créé par des dominicains: ils proposent une méditation quotidienne  sur la base des textes du jour pendant le temps de carême,et un texte plus long chaque dimanche qui introduit à une thématique pour chaque semaine.

 

"Mais il cherchait dans la Croix le secret de la miséricorde, de cet amour qui brave la mort. Il n’avait pas peur de la Croix.

En regardant la Croix, nous acceptons de voir la mort, notre propre mort, mais aussi nos échecs, nos erreurs, nos fautes. Mais, comme le centurion, nous distinguons, nous pressentons autre chose. Une présence. Quelque chose qui, au travers du rideau de la mort, vient à nous. Comme les prophètes qui, dans le désarroi d’Israël, voient l’aube du Salut. Comme les martyrs qui, à l’approche du bourreau, chantent la gloire de Dieu.

C’est le mystère de la « nuit habitée ». La mort n’a pas d’épaisseur. Quand nous croyons tout perdu, le rideau du Temple se déchire, derrière lequel se tenait Dieu."

"Seigneur, donne-moi, dans mes épreuves, mes échecs et mes deuils,
D’entrevoir ta présence et ton amour.
Viens habiter dans mon obscurité,
Ne laisse jamais la peur me fermer les yeux."

croix_du_nivolet_04
                                                 

Posté par mowgli nomade à 23:41 - je crois en Dieu. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

04 mars 2007

Je crois en Dieu

Je ne veux pas imaginer, je crois.

Je crois en ce que tu as dit.

Je crois en ce que tu as fait pendant cette vie

que tu as partagée avec les hommes.

je crois a ton humble naissance.

je crois au long silence de ta vie cachée.

Je crois en tes paroles de feu et de printemps.

Je crois à la table ou tu nous convies.

Je crois au Père annoncé.

(Marie Rouanet, Petites Prières, Desclée de Brouwer)

corse_2_022

(Tollare, cap Corse, Août 2005)

Posté par mowgli nomade à 09:15 - je crois en Dieu. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

21 février 2007

Quarante jours au desert.

"J'ai toujours aimé le desert. On s'assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. on n'entend rien. Et cependant, quelque chose rayonne en silence.....

"Ce qui embellit le desert, dit le petit prince, c'est qu'il cache un puit quelque part...."

Et, marchant ainsi, je découvris le puits au lever du jour." (Antione de Saint Exupéry).

Les quarante jours du carême font écho aux quarante jours que Jésus passa au désert. Là, il y fut tenté à trois reprises par Satan.

J'ai toujours eu du mal avec cette idée qu'il existe un satan, un mal indépendant de notre humanité. A mon sens, l'homme est déjà capable de suffisament de crimes, et c'est contre son propre mal qu'il a a lutté au quotidien. Quand je lis la tentation de Jésus au desert, ce magnifique récit d'initiation, j'y voit donc un combat de Jésus contre le mal de l'humanité à laquelle il a choisi d'appartenir.

Les athés considéreront ce texte comme une parabole (et Jésus aimait beaucoup celles-ci), une image peut-être, mais le texte n'en pert pas pour autant sa pertinence tranchante. Lire quelles sont les tentations que Jésus affronte peut nous aider à identifier nos sombres penchants, en ce temps d'écoute et de reflexion:

"Après son baptême, Jésus, rempli de l'Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain: il fut conduit par l'Esprit à travers le désert puis, pendant quarante jours, il fut mis à l'épreuve par le démon.

Il ne mange rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

Le démon lui dit alors: «Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain.» Jésus répondit : «Il est écrit: Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre.»

Le démon t'emmena alors plus haut, et lui fit voir d'un seul regard tous les royaumes de la terre. Il lui dit: «Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m'appartient et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela.»

Jésus lui répondit: «Il est écrit: Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c'est lui seul que tu adoreras.»

Puis, le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit: «Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit: Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder; et encore: Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. «Jésus répondit : «Il est dit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu.»

Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation, le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé..» (Luc, 4, 1-13)

-Croire que l'homme ne vit que de pain, qu'il sera comblé dès lors qu'il aura satisfait les désirs de la chair.

- La tentation de la puissance, de la domination, de l'orgueil.

-La tentation de se prendre pour Dieu.

Posté par mowgli nomade à 11:34 - je crois en Dieu. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

Souviens toi que tu etais poussière et que tu redeviendras poussière.

Aujourd’hui, c’est le mercredi des cendres, portée d’entrée en carême. Le sens de ce jour peut, je pense, parler aux chrétiens, mais aussi à tout croyant et athée.

La liturgie d’un office chrétien se compose en général de trois lectures, qui servent de base à la médiation. Morceaux choisis :

«Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! » (Jl, 2, 12).

« Laissez-vous réconcilier avec Dieu. » (2Co5,20)

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :

« Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.

Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes.

Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.

Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.

Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

(Matthieu 6, 1-6, 16-18).

Puis l’imposition des cendres. Le prêtre ou le pasteur forme un signe de croix sur le visage de chacun avec le la cendre en prononçant ces paroles : « Souviens toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ». Chez les orthodoxes, vient ensuite le temps du pardon. Chaque membre de l’assemblée s’agenouille devant tous les autres (ca prend du temps), frappe sa tête contre terre, et dit « je te demande pardon, mon frère, parce que j’ai pêché contre toi » (je ne suis pas certaine que ce soit la phrase exacte, ce sont mes souvenirs d’une cérémonie des cendres orthodoxe il y a quelques années), et l’embrasse.

DSC00005

L'imposition des Cendres peut, je crois, resonner en chaque homme, qu'il soit croyant ou non. Il s'agit pour l'homme de se remettre en perspective dans la création. Nous sommes cendres, nous sommes peu de choses finalement, et nous ferions donc bien de commencer à élargir notre champ de vision au delà de notre nombril, de lever la tête. Le geste des cendres pourra donc être source de reflexion de celui qui perçoit vaguement que cette "création" est en danger, parce que l'homme a outrepassé sa place.

Pour le chrétien, il ne s'agit pas seulement seulement de lever la tête vers le monde, mais aussi de lever la tête vers Dieu, et, de là, vers l'autre. "Recevoir les Cendres nous rappelle que nous ne sommes rien sans Dieu" (C Ponsard).

Recevoir les cendres, c'est regarder ses péchés en face. dans un environnement aujourd'hui largement athé, les mots de "péché", "pécheur" font sourire. je ne vois vraiment pas pourquoi. s'il y a bien une experience que nous partageons tous, croyants ou non, c'est celle d'être pécheur..... à condition de comprendre ce que cela signifie. Le péché n'est pas un manquement à une règle, ni même à un code moral. C'est un manquement à l'amour, l'amour de l'autre, et en sus l'amour de Dieu pour un croyant. Un manquement à l'amour. est-ce que je parle ici une langue dépassée???

Recevoir les cendres, c'est donc prendre conscience de notre misère, de notre égoïsme. Mais il ne s'agit pas de se lamenter, d'être abattu, dégouté de soi, car nous ne sommes pas seuls. Il y a toujours une source d'amour vers laquelle retourner (je ne sais pas trop comment les athés peuvent concevoir cette source, je veux dire, d'ou vienne leur foi en l'homme si faillible. J'ai toujours été profondément frappé par les humanistes athés: ou trouvent-ils cette confiance que, seule, je ne saurais maintenir en l'homme? J'aimerai avoir des témoignages la dessus, vous qui passez....)

Recevoir les cendres, c'est entrer dans une démarche de conversion."Convertissez-vous, car le royaume de Dieu est proche", disent les textes du jour.

Je laisse ici parler, une fois de plus, Christine Ponsard: "la conversion n'est pas un exploit à reussir. Même si elle se traduit nécessairement actes, elle ne consiste pas à gravir quelques degrés supplémentaires sur l'échelle de la vertu, mais à descende un peu plus profondément dans notre pauvreté."

On ne peut donc pas entrer dans le carême à la force du poignet. il ne s'agit pas de se fermer, se rigidifier, serrer les fesses et se lancer dans des privations en guettant le faux pas, il s'agit au contraire de se décentrer, de s'abandonner, de se laisser guider par Dieu ou, pour un athée, par une voix qui résonne en soi, et qui imanquablement est celle de l'amour. Il s'agit d'écouter....

Posté par mowgli nomade à 07:00 - je crois en Dieu. - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

20 février 2007

Mardi gras au seuil du carême.

"Je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi."

(Apocalypse, 3-20)

mardigras_001

Posté par mowgli nomade à 21:44 - je crois en Dieu. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

19 février 2007

Fêter Mardi-gras a-t-il encore un sens dans ce monde de surabondance?

Demain c’est mardi gras.

Or, comme l’ont remarqué récemment Caco ( et la), le « gras » à tendance à de nos jours une tendance à s’inviter dans nos vies dans autorisation. Cette fête avait un sens du temps ou le mot « abondance » appartenait aux mythes gréco-romains enseignés à l’école, ou un tiers au moins du pays vivait de la terre, ou la vie était dure, un sens social dans une Venise ou les inégalités étaient criantes, dans un Brésil ou l’on couvre son corps d’or pour oublier la misère. Mais ici, aujourd’hui ? Coincé entre la boulimie de Noël et les indigestions de Pâques, y-a-t-il encore quelque chose à célébrer ?

Pour ceux pour qui ce jour ne précède pas quarante jours de frugalité, c’est peut-être l’occasion d’entrer en résistance passive. Il n’est pas question d’interdir aux enfants les costumes d’or et de lumières qui font des souvenirs impérissables (et des photos qui font la joie de vos témoins de mariage qui vous préparent un  discours carabiné), mais une fois gavés de couleurs et de sons, pourquoi ne pas proposer une soirée calme, autour d’une soupe, d’une purée, de quelques pommes de terres, à la lueur des bougies (puisque l’initiative d’éteindre ses lumières a été l’occasion de jolis moments familiaux.)

Pour ceux qui entrent en carême le lendemain, ce serait dommage de l’avancer d’une journée. Mais il y a bien une solution. Le mardi gras était la fête des papilles, et nos récurrents gavages n’y ressemblent plus en rien. Retrouvons ce sens du mardi gras, en choisissant avec soin quelques produits de saison et/ou bio, préparés avec simplicité, et savourés chacun avec petites quantité autour d’une belle table avec quelques amis.

Pour moi, ce sera crêpes à la farine de châtaigne, coulis de mandarine, coulis de rhubarbe (décongelé pour l’occasion), et confitures en tous genres….

Posté par mowgli nomade à 07:05 - Dégraissage difficile - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :
« Accueil  1  2   Page suivante »