01 janvier 2009
Douze Petits Mois
"Du matin du 26 décembre au soir du 6 janvier, il y a douze jours.
Même si l’exactitude astronomique nous dit que non seulement la lumière diurne a cessé de décroître, mais qu’elle avance d’un saut de coq, l’impression reçue de ces jours est celle d’une nuit immobile où l’on cherche en vain les signes de remontée vers la clarté. Il faudra un moins avant qu’on ne la perçoive….
Est-ce pour cette raison –demeurer dans le mystère de l’ombre – que l’on attribue à ces jours des dons divinatoires ? On les appelle : les douze petits mois.
Dans les campagnes ou la
météorologie était si importante on croyait que ces jours privilégiés des
ténèbres annonçaient les temps du ciel pour l’année à venir…Le jour de Noël on
déposait sur la cheminée douze coupelles d’oignon…et l’on surveillait
l’évolution…..
Au lieu de cela il me vint l’idée, du 26 décembre ou 6 janvier de tendre non plus les transparentes écuelles de l’oignon…, mais mon regard, de l’offrir à toutes les nuances des heures, aux paroles, aux menus évènements, au temps qu’il ferait bien sûr, non certes pour le prédire mais comme matière à réflexion, sorte de miroir pour songer à sa vie afin d’avancer vers le dépouillement nécessaire. Je pris aussi la décision de me défaire en chacun de ces jours d’objets significatifs, symboliques de moi….
Car c’est à la nudité qu’invitent ces jours courts de la nuit hivernale. Quand le temps est si serré qu’il est crépusculaire, quand les aubes sont de givre et les soirs de glace dès que le soleil a chu, quand les arbres sont graciles, les jardins déserts, les champs labourés, les haies presque effacées, on va droit au centre. Au centre des buissons, au centre de la maison, au centre de soi. C’est le temps du silence et du feu. Une pensée nait au bord du vertige de cet arrêt dans la nuit……
C’est le seul moment de l’année où l’on voit au cœur des fourrés, où le regard pénètre jusqu’au sol pauvre et pierreux….
La lumière qui m’émeut le plus est celle de ma maison. Je m’éloigne parfois, exprès, et j’avance lentement vers elle pour faire durer le plaisir. …
J’écoute le silence. Me voilà décantée comme l’eau des flaques, nue comme le paysage.
Pour quelle lumière à laquelle je
dois me faire transparente ?"
Marie Rouanet, Douze Petits Mois, Litterature Ouverte, Desclée de Brouwer.
31 octobre 2008
Dé-jan-té
─Rappelle toi, Thursday, la pensée scientifique –ou plutôt tout système de pensée, philosophique, religieux ou autre- est pareille à une mode vestimentaire, sauf que ça dure plus longtemps. C’est un peu comme un boys band.
─La pensée scientifique, un boys band ? D’où tu tiens ça ?
─Et bien régulièrement, on voit émerger un boys band. On s’en entiche, on achète leurs albums, leurs posters, on les exhibe à la télé, on les idolâtre jusqu’au jour où….
─…..arrive un nouveau bos band ?
─Exactement. Aristote était un boys band. Excellent, certes, mais seulement sixième ou septième du hit parade. C’a été le meilleur boys band jusqu’à Isaac Newton, mais même Newton a été supplanté par un nouveau boys band. Même coupe de cheveux…mais chorégraphie différente.
─Tu parles d’Einstein ?
─Tout a fait. Tu vois ce que je veux dire?
─Que notre façon de pensée n’est qu’une lubie passagère ?
─Absolument. Difficile de
visualiser un nouveau mode de pensée, he ? Essaie ceci.
Extrait de Délivre-Moi, de Jasper Fforde, second épisode de la saga Thursday next (premier tome: L'affaire Jane Eye).
Je pense que j'ai enfin trouvé digne successeur au Guide du Voyageur Intergalactique de Douglas Adams
01 mars 2007
Dans la famille blog, je voudrais....
La soeur et la filleule (vous les connaissez déjà)
La mère (elle est douée ma maman, hein?)
Et le tout nouveau petit dernier: le frère.
A quand l'autre frère, hein???
28 février 2007
Pourquoi j aime le beau ?
La Réponse ici.
(c'est un blog pro.N'hésitez pas à faire des commentaires, ça l'aide à avancer, dit-elle. Et en plus elle n'est pas susceptible, ajoute-t-elle.)

LNC
LNC
18 février 2007
Juste parce que c'est beau...
... et que j'aimerais avoir leurs mains d'or:
le blog d'AlbinedeFlore, sur un fil,
et la boite à Cha.
15 février 2007
La vie de l'artiste : la connaitre ou l'ignorer?
Mon métier consiste à donner un peu de chair à la science, à mettre un visage, une vie, des sentiments, une humanité, sur des théorèmes et découvertes apparemment désincarnées: Einstein (1927), Friedman (1953), etc..
Alors, j'ai tendance à avoir cette habitude pour toutes les créations que je rencontre. Mettre un visage et des aspirations sur un écrivain, l'ami d'un ami, la famille d'un collaborateur.
Mais il est un domaine pour lequel ca me pose des problèmes : l'art.
Je l'ai dit en commençant ce blog, quand je recommande un auteur, un compositeur, un chanteur, un sculpteur, ou un lieu, un livre, un morceau, j'aime mettre un visage dessus, donner quelques indications sur sa vie. C'est parfois 'juste pour info', ca aide parfois vraiment à la comprehension de l'oeuvre: l'écriture de Marie Rouanet, dont j'ai parlé la semaine dernière, est le reflet de sa vie, de ses lieux, de sa cuisine.
Mais voila, en préparant le post précédent,ja'i eu comme une réticence. Au contraire de Marie Rouanet, il me semblait que pour ne pas "entraver" les émotions que procurent sa voix, il vallait mieux avoir les yeux fermés, rester dans l'ignorance sur le personnage. Hésitante, j'ai cherché une photo récente d'Antony, et voila que je ne le reconnaissais pas. Ses photos "officielles" correpondaient à une esthétique très particulière, et les photos récentes, prises à l'occasion du prix mercury, ne "rentraient" pas dans le tableau.
Cet incident m'a rappelé une expérience qui m'avait beaucoup marqué, il y a une dizaine d'année. C'était l'été, et maman m'avais emmené voir un concert de plein air dans un cadre paradisiaque (une abbaye), donné par un pianiste français très connu que j'aimais beaucoup. C'était un concert 'virtuose' (études de Liszt et de Chopin), et à la fin, il a déclaré vouloir montrer qu'il y avait bien plus de musicalité dans une simple valse de Brahms que dans les dizaines de pages qu'il venait de s'enfiler. Ce fut chose faite, et j'en pleurai d'émotion. Apèrs le concert, nous sommes quelques uns à aller discuter avec lui (les concerts d'été sont souvent petits et conviviaux), et là, je découvre un type hautain, méprisant, jugeant ses prédécesseurs et contemporains à l'emporte pièces avec des effets de manche et de cheveux dans tous les sens. Quelle déception.
Depuis, il y a une interrogation qui revient de manière récurrente, et aujourd'hui à l'occasion de mon post sur antony.
Est-il préférable de connaitre la vie de l'artiste, ou faut-il l'ignorer?
Faut-il considéder que l'oeuvre vient d'une quête qu'il est enrichissant de connaitre (sans que cela ne restreigne ne champ des interprétations de l'oeuvre, juste comme ca), ou considérer que l'oeuvre échappe à son créateur, et la rendre totalement indépendante? Et tout partiuclièrement si l'on est décu...
Savoir que Céline fut un facho (parait-il) change-t-il la lecture de Voyage au bout de la nuit (sur le plan de l'émotion ésthétique, j'entend) ? Savoir que Rodin fut odieux avec Camille Claudel et Picasso avec toute sa famille a-t-il un impact sur ma vision de l'oeuvre? Est-ce que consciemment ou inconsciemment, on écoute moins Noir Désir depuis l'affaire Cantat-Trintignant? Est-ce que découvrir que mon Sacro-saint Exupéry fut chroniquement infidèle à sa rose change ma lecture du Petit Prince?
La question n'est d'ailleurs pas sans actualité. Si c'est par l'art qu'elle me vient à l'esprit, c'est par la politique qu'elle peut devenir urgente. On entend souvent dire que les campagnes présidentielles et le comportement des élécteurs s'américanise: on vote moins pour des idées, et plus pour une personnalité, ou du moins ce qu'on en perçoit à travers le prisme des médias. Faut-il l'ignorer, cette personalité? Que faut-il choisir, entre un salaud aux idées porteuses et un gentil, ou un "honnete homme" (comme si c'était possible de savoir...) moins charismatique, avec des idées décousues, ou qui nous promet le beurre et l'argent du beurre?
Qu'en pensez-vous?
13 février 2007
Le blog pour les nuls: un peu de musique
C'est mon premier essai.
Parce que ce serait vraiment triste de ne pas avoir de musique sur son blog, pour un pianiste très amateur. Je passe des heures à la jouer sur mon piano quand tout est gris dehors et bleu dedans.
Pour les nuls comme moi, le mode d'emploi:
(1) aller sur radioblog.
(2) recherche par artiste ou par titre la chanson que vous voulez
(3) cliquez sur la petite flèche bleue. Ca affiche le petit lecteur correspondant à votre chanson dans un ovale grisé sur la droite.
(4) choisissez la couleur de votre lecteur
(5) un très long code apparait en dessous de votre lecteur. Copiez le.
(6) ouvrez votre blog avec Firefox (avec explorer le code est souvent coupé. de toute façon, firefox, c'est mieux. Na!)
(7) mettez le message auquel vous voulez ajouter de la musique en mode HTML (c'est la petite icone <> en haut à droite)
(8) coller le code dans le message, entre deux phrases (je ne sais pas si cç marche quand on n'a pas écrit au dessus et en dessous, faut essayer) et publiez.
Et pour endormir vos souriceaux, voici la plus belle mélodie du monde:
Merci à Méma, et à Carole pour leurs explications.
11 février 2007
Besoin d'aide informatique (ca faisait longtemps)
Bouhhhhhhhhhhhhhh,
j'arrive pas à mettre de musique sur mon blog!!
Mema m'a copié le conseil de Caco:
Pour la musique : tu vas sur le site radio.blog, tu
tapes la recherche par artiste ou titre, tu peux écouter aussi, et pour
éditer le code clique sur la petite flèche bleue. Le lecteur s'affiche
à droite, tu choisis les couleurs, en dessous le code complet
apparaît, tu le copies.
Puis tu ouvres ton blog avec le navigateur Mozilla Firefox (avec IE, le code est tronqué et le lecteur ne fonctionne pas) et dans ton article (ou ton module, ou ton message d'accueil...) tu sélectionnes le mode "source" avec l'icône du même nom, puis tu colles le code copié dans radioblog.
Mais j'arrive pas pas à trouver "le mode source". Je comprend pas comment on colle le lien dans le nouveau message qu'on est en train d'écrire.
Un coach pour 'les nuls en info sur canalblog' ???
01 février 2007
Il pleut des blogs.
Pistil vient de créer un second blog et de commencer sa participation à un blog collectif.
Et Mirza s’interroge également sur la meilleure manière de faire partager des émotions sans rapport apparent avec la simplicité volontaire.
Et Caco, qui signe deja un beau blog de Pelerin, envisage inversement la création s'un blog dédié à la simplicité volontaire.
Du coup je me pose des questions.
D’un côté il convient de préserver la ligne de la ligne simple, car c’est cette caractéristique qui permet à des personnes d’horizons (géographique, spirituel, etc.) différents d’avancer ensemble.
D’un autre côté, en divisant en
deux mes expériences de vie, j’aurais le sentiment d’appauvrir ce blog sur la
simplicité volontaire, qui vit aussi des rapports que je vois entre ces
préceptes, ma vie quotidienne, mais aussi ma vie professionnelle et ma vie de
couple.
Et puis je n’ai pas le talent d’écriture et le regard poétique qui feront de ces blogs parallèles un trésor.
Au tout début de mes
pérégrinations sur la ligne simple, avant qu’elle ne devienne un port d’attache
(traduire ‘un lien très fréquenté dans mes favoris’ ;)), je tapais une
fois sur deux ‘la ligne claire’ au lieu de ‘la ligne simple’.
‘La ligne claire’ : c’était mon sentiment. Ca l’est toujours. Cette espèce de clarté des vies simples émane, je crois, de ces blogs. Elle s’affirme et s’individualise aujourd’hui.
La ligne simple, la ligne claire, deux chemins parallèles et liés.
24 janvier 2007
Des goûts et des couleurs: le pianiste amateur
Et en ce moment, je massacre ça : http://www.youtube.com/watch?v=VXU7I_Yyi2Y
C'est tellement beau que je voulais le faire partager.
Si vous cherchez un fond sonore pour vos moments de courroux, je vous conseille Rachmaninov.
PS: ca marche aussi pour la mélancolie (les concertos).







