Mowgli Nomade

Etats d'âmes d'une maman thésarde, petits pas vers un mode de vie plus simple et plus ecologique.

01 décembre 2009

10 Commandements pour déco de Noël recup

-Tes rouleaux de PQ quelques semaines avant le début de l'avent précieusement tu garderas (pour fabriquer des Pères Noël, of course)

-Les cotons que le schnik aura vicieusement répandus et piétinés un soir où tu fus trop fatiguée pour aller voir ce qui se tramait au salon malgré l'absence totale -et suspecte- de bruit tu ne jetteras point. Bien sûr, ils ne pourront plus vraiment servir à desinfecter le thermomètre. Mais ils feront d'excellents flocons de neige/ ailes d'anges/barbes de pères noël/fourrures du manteaux de pères noël

-Les vieilles boites à chaussures (pour la crèche), les vieux papiers d'emballage marrons (pour le fond de la crèche), les cartonnettes en tous genres, les mousses, branchettes, jolies vieilles branches et autres morceaux de nature qui s'endort, les vieux papiers cadeaux, papiers de soie,  rubans et bolducs, chutes de tissus précieusement tu amasseras (éventuellement une ou deux branches de houx dans le jardin de ton voisin tu voleras.)

-Un dossier « idées décos de Noël » dans tes favoris tu créeras, qu'au fil de tes errances bloguesques tu alimenteras. Par exemple, les pères Noël en PQ, ou en cartons ondulé, les sapins en feutrines qu'on peut monter en guirlandes avec du bolduc, bref, les 1001 riches idées du site Tête à Modeler, où la géniale crèche en feutrine de Bizness Mum.

-Un samedi matin ton nez au scrap exchange tu fourreras. Pauvre lecteur, point de scrap exchange par chez toi il n'y a? Ta misère tu ne connais pas.

La première fois que j'y suis rentré, je me suis demandée comment l'équipe pouvait vivre d'un truc pareil. Après j'ai vite compris, j'y vais presque toutes les semaines. L'idée est de revendre 3 francs six sous (enfin, 3 cents en l'occurrence) des morceaux de plastiques, des éprouvettes vide, des morceaux de papier, des chutes de tissus, des demi pelotes de laine, des bouts de ruban, des tubes de peintures à moitié plein, des boites d'aiguilles entamées, et milles autres trucs et bidules que des professionnels ou des particuliers leur donnent (aller voir sur leur site). Au détail ou conditionnés au petit bonheur la chance en petits paquets « scrap » à 1$ Par exemple, quand on pousse la porte, on pénétré dans la salle des bidons (de capsules, boites plastiques alimentaires lavées, morceaux de fils électriques).

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Un peu plus loin à gauche, le rayon papiers et cartons. Et à droite, ci dessous en photo, le rayons fils et tissus.

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Une idée brillantissime, qui ferait fureur chez Emmaüs si ça n'existe pas déjà.

Voilà par exemple ma récolte de Noël pour 7,5$ (comprenant des tas de chute de feutrine, en tout petits bouts et en grands coupons bien carrés selon les cas, 3 rouleaux entamés de bolduc, un demi rouleau de ruban avec des casses noisettes, un bout d'isolant cotonneux pour remplacer les cotons que j'avais jeté, moi, du fil, quelques aiguilles, une bande de papier rose pour découper des visages et des mains, un demi tube de colle (le papier de soie cadeau est le seul truc « neuf » acheté ailleurs)

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-Dans une bonne paire de ciseaux de couture (ou, si tu es vraiment fauchée, un bon rouleau de sparadrap dont tu te couvriras les mains AVANT de commencer à découper) et un bon tube de colle a papier/tissu (de préférence transparent sauf si voir apparaître des trainées blanches sur tes sapins de Noël en fine feutrine verte ne te dérange pas) cependant tu investiras.

-L'ambiance tu soigneras. Un fond sonore adapté sur ton ordi tu diffuseras (pleins de site de musiques de Noël gratuits. Celui-ci, américain, permet de choisir entre des classiques -en anglais donc-, du jazzy, de l'enfantin, et je ne sais plus quoi). Quelques bougies tu allumeras.

-Une tasse de thé aux épices et une assiette de petits gateaux alsaciens que tu auras juste sorti du four (cf post sur thanksgiving) au milieu de tes gabarits tu poseras, et, au crépuscule qui, ça tombe bien, débute désormais à 16h30, avec ton schnik a moitié enseveli sous les chutes de feutrine tu attaqueras.

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Donc là, c'était AVANT d'investir dans une paire de ciseaux de couture. D'ou les ciseaux à ongle, seuls ressources potables de la maison en attendant, et le gros paquet de pansements.

-La tristesse de n'être que deux dans la pièce, alors que c'est tellement la soirée que tu aurais voulu passer à 3, au fond de ton coeur tu enfouiras. Et pour l'étouffer, tes petits personnages en feutrine deux fois tu couperas et colleras,

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dans un joli papier de soie les doubles avec ton vague-à-l'âme tu emballeras,

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et à l'autre bout du monde, le tout tu expediras.

-Que deux mains gauches tu possèdes, pas comme ta grand mère couturière-peintre, ta mère sculpteur, ta soeur décoratrice-couturière, tu assumeras. En te demandant combien de chercheurs sont capables de découper un âne et un boeuf dans un coupon de feutrine grise, d'être un vilain petit canard sournoisement tu te consoleras. Et ton schnik ravi sera.

 

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PS: toute ressemblance avec un mouton existant n'est evidemment pas du tout fortuite.
PS2: toutes mes photos sont pourries (problème de règlage de plash que je n'arrive pas a résoudre), mais celle-là est particulièrement floue. Dommage, c'est mon sujet préféré. Alors, je tiens a préciser que pour une fois ce n'est pas ma faute. Le mouton EST flou. Je ne sais pas trop comment c'est possible, mais quand je le regarde, il est flou. C'est tout.

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14 novembre 2009

Le printemps perdu

Les photos de par-chez-moi sur cette île qui porte si bien son nom et qui me manque tant sont empruntées sans vergogne à mon petit frère qui, privilège de son jeune age, trouve toujours le temps d'en faire le tour une fois dans l'année. Evidemment, pas question d'être sans vergogne sans être son frère.

Comme je suis malgré tout une fille bien élevée (et un peu parce que je suis historienne), j'ai cherché à rassembler les morceaux épars de ma vie depuis 7 mois, à saisir ce que je fut et ce que je fis en ces temps là.

Et j'ai eu froid dans le dos, le sentiment d'un immense gâchis (« perdre son temps » apparaît désormais comme une expression pleine de sens....littéral), et, malgré les circonstances atténuantes que je me suis cherché, des regrets au bout du compte.

Froid dans le dos en constatant les difficultés que je rencontrais à reconstituer mon passé récent. La femme sans passé. Cette année 2008-2009, je n'avais même pas un agenda où noter mes rendez-vous, nos plans pour les weeks-ends, les vacances, nos multiples déplacements, croisement, etc. Professionnellement, je n'en ai jamais eu besoin : les cours, par définition, c'est régulier, et les dates des 3 colloques annuels ne sont pas bien difficiles à retenir. Pour le reste,  les soumissions, les partiels, les délibérations, tout est fixé par mail, si bien que ma boite mail me sert d'agenda chronologique. Pour le reste, j'ai un fichier word pense bête qui couvre le mois à venir, du cadeau à offrir au RV chez l'ophtalmo, des billets de train à réserver/échanger/annuler aux vieilles fiches de cuisine à trier de toute urgence depuis 5 ans. Je l'efface au fur et à mesure. Donc pas de trace, pas de mémoire. Peu de photos, toujours mauvaises, et surtout des photos du quotidien. Je ne pense jamais à sortir mon APN pendant une balade une famille, une soirée passée à refaire le monde avec des amis. Probablement parce que je n'aime pas interrompre le flot du discours. J'ai un bien journal dans lequel j'écris certes très irrégulièrement, mais dans lequel aux moments ou je sens que je me dissous, que je m'éparpille, je note l'émotion dominante de chaque semaine (apathie, désespoir, reprise, expectative, satisfaction du travail accompli, enfermement, paralysie, etc.). Mais je ne l'ai pas emmené avec moi. Et surtout, je n'ai aucune mémoire systématique, ce qui est bien un comble dans mon métier. Du coup j'ai une mémoire émotionnelle très développée, même pour ce qui est des concepts les plus abstraits et les plus techniques, mais ce n'est pas comme un catalogue que je peux feuilleter à loisir, j'ai besoin d'une étincelle pour mettre la machine en branle.

Alors?

Alors j'ai fais ce que je fais depuis 2 mois, calée entre deux grosses boites de carbones dans les sous sols de la librairie. J'ai fait du travail sur archives. J'ai reconstitué, à partir des quelques photos, mails stockés à la va vite et au hasard, grâce aux blogs des proches, grâces aux statuts facebook aussi. J'ai fait une chronologie.

Mon dernier post datait de mi-mars. Nous préparions cette fameuse soirée des trentenaires, le mari était rentré depuis peu au bercail après 5 mois de stage à l'autre bout du pays, c'était mes derniers TD, les plus difficiles, tout à inventer, aucun manuel pour m'aider et un prof référant qui m'avait dit clairement au début du semestre qu'il ne voulait rien avoir à faire avec ses chargés de TD, je passais des nuits à essayer de débugger mes programmes.

 

MARS

Le 22 mars, je termine mon sujet de partiel. Ce devait être une période chargée parce que partie de rien sans aucune indication, j'ai voulu concevoir du sur mesure pour mes élèves. Au total j'aurais passé quasiment 3 mois à n'enseigner qu'une matière. Je crois qu'il faisait froid encore, pourtant j'ai des photos du schnik en tee shirt dans le jardin. Très humide peut-être alors. Je me souviens qu'on allait chercher les légumes et les deux litres de lait entier non pasteurisé à la ferme, et que c'était très boueux. Dernière semaine de mars et première semaine d'avril, partiels, surveillance, paquets de copie sous le bras.

 

AVRIL

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D'après mes photos, c'est ce mois là que Manou vient en Alsace. Je crois que c'est le tout début du mois, mais c'est une déduction plus qu'un souvenir. Il fait encore froid, il pleut des cordes, tout est marron autour de nous quand nous sortons voir les brebis et leurs petits, on dine au coin du feu, et on ne peut pas marcher deux heures dans Strasbourg avec A. et son joli rire rauque sans finir par se précipiter dans un salon de thé. C'est bon, c'est bien, c'est la première fois que j'ai ma maman pour moi toute seule depuis que je suis maman moi aussi,  nous passons de longues soirées à revisiter mon enfance à la lumière de cette expérience nouvelle.   

Ce doit être une période d'intense questionnement aussi, j'imagine. J'imagine, parce que la liste des postes MCF est publiée depuis début mars, nous avons enfin confirmation de la mutation du mari à Pau (1 fac, deux heures de route de Toulouse, trois heures de Bordeaux, pas de TGV dans le sud ouest), et j'ai donc largement eu le temps d'en tirer les conclusions qui s'imposent concernant mon avenir professionnel. D'ailleurs, j'écris un post intitulé « sans issue » sur l'après thèse, que je ne publie pas, comme tous ceux que je rédige durant cette période. Alors, faute de pistes sérieuses en France, le 9 avril, la veille du départ pour le week-end de Pâques, j'envoie ma candidature pour un poste de postdoc aux US. Sur la pointe des pieds. J'y précise ma situation personnelle, que le mari doit partir loin, longtemps et dangereusement, mais qu'on ne sait pas quand, que je souhaiterais donc venir un semestre  sans pouvoir donner de date (très bon effet sur une candidature, mais on m'avait conseillé de jouer la sincérité, et c'est toujours ce que je finis par faire).

Week-end de Pâques en Bretagne. Humide (forcement!), marron tirant sur le vert algueux, mais frais. Je m'isole, parce que je suis perdue, j'ai un peu honte, quand même, on ne se marrie pas pour prendre son môme sous le bras et se barrer outre atlantique. Bref, je n'ai pas encore de réponse, pas pris de décision, et je me sens déjà coupable d'avoir entamer la démarche. Bon, et puis j'ai un papier à écrire, maintenant que j'ai enfin fini mes cours. D'ailleurs, la semaine suivante, le schnik reste s'ioder chez ses grands parents pendant que son papa travaille d'arrache pied et sa maman rédige son foutu papier. En théorie. Le temps de descendre du train et de rallumer l'ordi, la réponse est déjà là: «viendez quand vous voulez, premier semestre, ou deuxième semestre, ou les deux, ou plutôt en 2010-2011 si ça vous arrange. Dites le nous a temps pour le visa. Mon assistante prendra contact avec vous pour les crèches» Et ben, ça change du traitement -de sous-merde, il n'y a juste pas d'autre mot- que j'ai reçu cette année en France.

Donc il faut décider. Commencer par savoir si la vie avec un enfant là bas sera possible (places en crèche, etc.), puis, après 3 jours de vérification en tout genre, décider. Il me dit vas-y, tu le regretteras toute ta vie sinon, tu n'auras pas deux fois l'occasion, on se débrouillera. Et va-y tout de suite, tant qu'à faire, vu qu'on ne sait pas de quoi demain sera fait, mais encore moins après demain. Alors je dis oui, j'arrive fin aout, avec ma fille.

C'était mon premier choix pour l'année prochaine: une année libre de charge d'enseignement après mon lourd plein temps d'ATER, une vie qui s'organise sur les 5 miles carrés d'un campus américain après les 3 heures de route quotidiennes, un minimum de reconnaissance, tout du moins d'écoute, après le mépris et pire, l'indifférence, le silence subi tout au long de cette année. Une bibliothèque immense, le fond d'archives le plus riche du monde. Des séminaires où discuter, contester, écouter et être écouter.  Un rêve de chercheur. C'était mon premier choix, ce sera le seul, je n'ai même pas dégoté un entretien dans la campagne 2009.

Pas le temps de regretter cette décision, les premiers jours, un impromptu, vite, vite, il faut profiter que le schnik fait des patés de sables breton tranquille pour descendre à Pau chercher un logement. Oui demain. ça tombe bien, le petit neveu toulousain décide de montrer le bout de son nez pile cette semaine là. Nous rentrons tous les trois au bercail vers le 22 avril, et à partir de là, je sombre dans une faille espace temps.
Blanc total, impossible de me souvenir.

MAI

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Alors bien sur, il y a les centaines de démarches que supposent deux déménagements dans l'été, dont un à l'étranger. Deux recherches de logement, deux séries de changements d'adresse, les locataires, les déménageurs, le visa (ahhhh, le visa, un plein temps en soi) le jardin à finir, toutes ces petites choses mises de côté à terminer, régler. Bien sûr, il y a les 120 copies que j'ai corrige deux fois, parce qu'après la première correction il me semble soudain que mon barème ne rend pas justice à toute la gamme d'efforts ou de jemenfoutisme que j'ai trouvé dans les copies. Bien sûr, il y a toujours ce foutu papier, sur lequel je travaille un peu, visiblement, parce qu'il y a un peu d'activité sur mon blog pro et des blagues de chercheur sur mon statut facebook à cette péridoe, et que c'est toujours comme ça quand je réfléchis.

Mais quand même, ça ne remplit pas un mois et demi. Et les week-ends?  Et tous ces jours fériés?  Il y a le voyage a Bruxelles, chez le frangin, le petit dernier qui me dépasse de deux tête, la Chimey bleue, la différence entre art déco, art nouveau et art stalinien, la pâte à speculoos et le pain précuit du matin, les God*iva et le parterre de coquelicots pour la fête des mère belge, mais ça ne fait guère que trois jours.

Ai-je vraiment passé mes journées échouée comme une baleine sur couette bleue à noyer ma culpabilité de future-mauvaise-épouse-et-mère dans les mauvais romans des bas fonds poussiéreux des  bibliothèques municipales de France et de Lorraine? Et  mes nuits à errer sur la toile des blogs à... à quoi? Scruter les vies idéales, en tout cas morales, de ces mamans-superwoman qui arrivent à concilier boulot épanouissant, intérieur rangé-enfants bien habillés-cuisine élaborée-multiples activités-mari comblé//// recyclage incomparable- modes de vie irréprochables-empreinte écologique soutenable-moralité véritable, au choix selon selon la communauté blogesque considérée? Et le tout, sachant pertinemment ce que ma petite famille gagnerait à me voir accepter ma décision et faire de ces derniers mois passés ensemble des moments inoubliables.  Un gâchis, pur et simple.

Après? Après pas mieux, mais j'ai une excuse en béton, et puis le rythme s'emballe.

 

JUIN

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C'est la période des conférences, il faut réserver ses billets, la chambre à l'auberge de jeunesse, potasser google map, prendre contact, et surtout terminer ce foutu papier. La Belgique à nouveau, la capitale (c'est pratique), et fin juin, les Etats-Unis. 48 heures de voyage pour 48 heures de conférence, le grand raout annuel, trop de monde, trop peu de temps pour présenter (15 minutes de présentation, 5 minutes de rapport, 10 minutes de questions.. quand les autres intervenants ont tenu leurs temps -c'est à dire jamais-) des dizaines de sessions en parallèle...J'y ai échappé depuis le début de ma thèse, mais cette année, il faut y passer.

Pas beaucoup de temps pour ressasser mon statut de mère indigne....que je noie désormais dans les nausées. Le timing semble parfait, je dois terminer mon postdoc à Noël, j'en serai à sept mois. Sauf que courant juin, ça se précise, le mari partira 3 mois....à partir de janvier 2010. Et je ne peux plus déplacer mon propre séjour, puisque je dois (et je veux) rentrer pour l'accouchement....qui je prévois donc seule, dans une ville totalement inconnue, au trou du cul du pays.

Mais je ne suis plus vraiment en état de m'inquiéter. C'est 100 fois pire que la première fois, mon corps est entouré d'une gangue de toiles d'araignées de la minute ou je me lève à celle ou je sombre enfin. Je n'ai envie de rien et pourtant je dois passer mes journées à manger, de préférence des choses lourdes et ecoeurantes qui me collent à l'estomac pour « fonctionner », puisqu'il y a tous ces colloques, tous ces cartons, toutes ces démarches. J'ai du coton dans les yeux et les oreilles, un essaim d'abeille sous le crâne. Je ne vois ni n'entends distinctement. L'aller retour aux Etats-Unis est un calvaire: j'alterne hamburgers et lasagnes toutes les deux heures pour tenir le coup, je cours chez Mc*do entre deux sessions pour être capable de serrer des pinces, je prend 2 kilos en 2 jours. Les rares moments ou le brouillard se dissipe, je suis tellement mal que je cherche désespérément la fermeture éclair qui me permettra de sortir de cet horrible corps, comme le lendemain de mon retour en France. Mais le pire est encore à venir. Parce que juillet, c'est le mois des cartons, et de la poisse.

 

JUILLET

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Pas la grand poisse, le cancer, le chômage, non, la petite poisse qui frappe à la porte avec constance et acharnement tous les matins. Le lundi, le mari apprend qu'il ne pourra pas pendre de congres pour m'aider avant le déménagement, exercice jusqu'à mi juillet! Le mardi, en rangeant des cartons au grenier, il passe à travers le plafond. Gros trou, les locataires suivants arrivent dans 2 semaines, ça va être du plus bel effet. Le mercredi, la voiture tombe en panne devant la crèche, pour la troisième fois en deux semaines. Le problème, c'est qu'elle a redémarrée comme si de rien n'était chez le garagiste trois jours avant, qui n'a trouvé la panne.  Le vendredi, après avoir passé chaque minute de la semaine à appeler le platrier convaincre mon corps de prendre le bouquin, le poser dans le carton, saisir le rouleau de scotch, fermer le carton, non, non, ne pas finir au lit avec le bouquin, est une lutte, tous les livres, papiers, documents, archives sont stockés encartonnés dans le garage (donc le plus gros est fait). Pas de bol, le samedi, c'est l'orage de la décennie, et quand je rentre d'un diner, je découvre le garage (ou sont stockés tous les cartons de papier, donc), inondé. Une nuit passée à déchirer les cartons si péniblement  fermés, à essuyer. Les jours se suivent et se ressemblent. Poisseux  dehors, poisseux dedans. Les nausées sont toujours là, il fait toujours aussi humide (mais est-ce qu'il y a eu un printemps cette année?), mais c'est aussi la canicule dans la journée. Il n'y a plus vraiment de cuisine, je me nourris à la boulangerie, mon corps enfle tellement que je n'ose plus me peser (de toute façon la balance est avalée par un carton). Derniers cartons, chargement, train de nuit, arrivée à Pau à 6h30 un matin, je suis une épave. Petit déjeuné salvateur (le goût du thé, de la confiture) chez un ami attentionné, déchargement, et pas le temps de se reposer. L'homme est aussi épuisé que moi, il s'est farci 4000 kilomètres en 10 jours pour m'éviter d'avoir a descendre une des voitures, je peux bien lui préparer une chambre sans cartons. Idem pour le schnik que manou ramène le surlendemain. Son programme de l'année comprend deux déménagements, son départ, son retour, le départ de son papa, l'arrivée du bébé, et à défaut de retrouver sa maison en rentrant de vacances, je veux au moins qu'elle retrouve ses doudous, ses tableaux, son mobile, sa bibliothèque, son petit fauteuil. L'homme arrive le vendredi, le samedi c'est le baptême du cousin toulousain. Sur les photos, malgré l'anticerne à la truelle, j'ai l'air d'un zombie. Cerise sur le gâteau, le mercredi suivant, c'est Toulouse-Paris-Toulouse-Paris en train pour...les visas!

 

AOUT

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Dans une autre vie, pendant ces trois dernières semaines précédent mon départ, j'aménage un nid douillet pour mon époux  bientôt délaissé, je mets au carré la maison et tout l'administratif, je lui prépare un mode d'emploi détaillé pour homme-qui-va-faire-ma-mutation-interacademique-et-son-repassage-tout-seul-pendant-4-mois (et avec une inavouable arrière pensée sadique, je me dis qu'au moins ce séjour à l'étranger au pour effet bénéfique de démontrer au mari -déjà favorablement disposé la plupart du temps à reconnaître mes mérites- à quel point je suis totalement indispensable dans sa vie, et pas seulement sur le plan sentimental). Ensuite, je concocte des diners aux chandelles, des piques niques dans les Pyrénées, des sorties à la piscine pour nous trois, des moments de complicité en famille. Dans une autre vie.

Dans cette vie de misère, il n'y à guère que la première partie du programme que nous accomplissons en 1 semaine à peine avec l'énergie du désespoir, et surtout le désespoir de l'homme qui reprend le travail aussitôt la dernière Billy monté, sans avoir eu une seconde pour se reposer. Quand a moi, mon corps ne répond plus. Du tout. Il refuse de faire un pas hors du lit avant midi sauf pour relancer le DVD de Winnie, babysitter officiel du schnik en ces semaines grises (avec Bourriquet, cela va de soi), il se contente de se laisser bercer des matinées durant par le tiptoptiptop des petits petons taille 23 sur le carrelage du long couloir qui lui plait tellement, après 3 ans d'escaliers escarpés. Mon corps refuse de peler les aubergines, les poivrons et les tomates pour faire la ratatouille, qui siérait surement mieux à son fessier que le chav*roux-baguette. Il refuse de classer, de trier, d'apposer les mentions « impôts& bulletins de salaire », « crèches à contacter à la rentrée », « sécurité sociale » sur les chemises colorées. Il refuse tout, en bloc. Il ne tolère que les aristochats, les dalmatiens de son enfance, et ne fait exception à son obsession que pour les ratatouille-à-moustache et les Wall-E-E-ve, en caressant le duvet qui lentement mais surement, s'épaissit sur le petit crane émerveillé (« encore les souris, maman, encore les souris »).

Non, le tableau n'est pas exact. Certes, quand il est seul à la maison avec le schnik, mon corps est une épave. Mais c'est plutôt rare, finalement. Autant la région paloise est l'endroit le plus enclavé de France durant l'année, autant c'est apparemment le centre du monde pendant la trêve estivale.  Il ne se passe jamais plus de trois jours sans une pizza maison au chorizo avec un verre de rosé devant la chaine des Pyrénées,  quelques verrines, un, deux, ou quatre lits dressés à la va vite. Il y a une tente et une piscine gonflable presque immédiatement crevée, des rires d'enfants, un marché noir de layettes, des aventuriers du rail, des diners aux chandelles pour 4 ou 8, des croissants et du pain brioché.  A défaut d'offrir un corps svelte (6 kilos au compteur les trois premiers mois, qui dit mieux?), un sourire radieux, et des vacances à l'homme, je lui offre de vraies tablées de famille le week-end, quelques rares instants d'été après des semaines de corvées. Et je culpabilise d'autant plus de ne pas être capable d'en faire autant quand nous ne sommes que tous les trois.  Car de jolis moments à deux ou trois, il y en a peu. J'ai trop honte, je me cache. Le 23 août, j'étouffe mes larmes dans le bourriquet musical du schnik qui me regarde interloqué, et je tend nos deux passeports au contrôle de sécurité. Je compte déjà les jours qui nous sépare des vacances de la Toussaint, ou il devrait nous rejoindre pour une semaine.


EPILOGUE

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Le temps de digérer les 3 avions, les quinze plans, la nouvelle crèche, les centaines de pages de formulaire, et le cornbread, les nausées disparaissent, ça fait trois mois. Le poids physique  s'allège. Au sens propre comme au figuré. Si  j'ai pris 6 kilos en 3 mois, à bientôt 6 mois, il y en à 7,5 au compteur. Et d'après l'échographie, le petit knicker a bien profité. Comme quoi, lecteur égaré, il ne faut pas croire ce que racontent les gynécologues sur la prise de poids régulière et contrôlée pendant la grossesse. On fait comme on peut. Et des fois, on ne peut pas grand chose, et on a juste envie de foutre des baffes au monsieur en blouse blanche qui nous dis « tout va bien...mais vous grossissez trop vite, madame », et qui ne sait visiblement pas de quoi il parle.  Bon ok, les deux piscines du campus l'absence de fromages et de chocolats décents dans ce foutu pays, et surtout la fin des nausées y sont surement pour beaucoup. Mais peu importe les raisons. On fait comme on peut.

 

Ce n'est pas seulement le poids physique qui s'allège. Début septembre, l'homme apprend que finalement, c'est en octobre qu'il part. Retour prévu fin janvier. C'est la panique totale, et  la perspective de me retrouver un matin de décembre après 24 heures de transport, un gros jetlag, deux grosses valises et 1,75 enfants sous le bras à l'aéroport de Toulouse seule sans voiture pour rentrer dans un chez moi inconnu et de toute façon sans les clés dudit chez moi me flippe un peu, mais quel soulagement, au fond. Je le sais, je suis mieux sur mon vert campus et ma fille avec sa ferme mais gentille maitresse et les autres kids que seules à huit clos dans une maison inconnue au milieu des champs de mais palois. Son père lui manque, mais comme sa mère à globalement le moral, c'est supportable. C'est comme si j'avais eu raison de forcer le destin. Reste ce printemps perdu.

10 mars 2009

Parce que l'hiver n'en finit pas

Un peu de sourire dans ce monde de froidure:

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Portrait de l'optimiste (ou l'imbécile heureux)

Sculpture ludique par François Deransart, découverte à l'occasion d'une exposition au Musée du Jouet de Colmar (jusqu'à fin septembre 2009).

04 février 2009

Lumière

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Lundi 4 janvier 2009, 17h20

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Lundi 2 février 2009, 17h20

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02 février 2009

Assiette d'hiver

Beaucoup de posts alimentaires depuis quelques mois, mais qu’on ne s’y trompe pas, ce blog ne se transforme pas en blog cuisine. Simplement, l’alimentation occupe une part importante de notre emploi du temps, de notre budget, de notre santé, constitue chez nous le poste n°1 des déchets.

L’assiette est donc un point central de mes préoccupations de simplicité volontaire et d’écologie, d’autant plus au cœur de l’hiver ou le besoin de diversité, d’aliments vitaminés ou doudous est inversement proportionnel à ce que la nature produit. Il faut donc faire assaut d’imagination pour manger reste un plaisir et pour les varier, ces plaisirs. 

Et si les nombreux blogs et sites culinaires sont une source d’idées inépuisables pour les recettes, il manque d’idées de menus simples et quotidiens, pour quand on n’a pas le temps de passer une heure en cuisine avant chaque repas. Des menus qui suivraient nécessairement les saisons, qui seraient un peu répétitifs mais ou un ou deux ingrédients seraient changé au fur et à mesure des semaines pour permettre un peu de variété. Ce sont ces combinaisons, ces petits trucs qu’on ne met pas par écrit car elles ne valent pas une « recette » qui m’intéressent, parce qu’on ne les trouvent pas dans les livres de recettes ou on en trouve des listes hors propos, parce qu’ils ne sont plus forcement transmis maintenant que les mères ne sont plus tenues d’apprendre à faire la cuisine à leurs enfants. Quand je lis chez Mema la manière dont elle cuisine son panier hebdomadaire, j’apprends quelle huile transforme le goût de quel légume, je découvre que la betterave peut se manger crue rapée, je pense soudain que je n’ai plus l’habitude de manger du chou rouge ou du celeri rave rapé et que ce serait le moment d’en mettre dans ma lunch box pour accompagner la part de cake rituel. C’est simple mais ambitieux au jardin des pareillas parce que c’est comme un roman et à déguster avec les yeux j’en oublie que ca se mange (il va falloir que je relise, que je recopie et que je demande des précisions. Un peu plus tôt j’aurais voulu savoir comment mettre en conserve coulis de tomates et de poivron et autres pour qu’ils se conservent tout l’hiver, un peu plus tard je me demanderai quel épice et quel fromage les cobloggeurs ajoutent à leur gratin de courgettes, à leur cake au brocoli, à leur farce au quinoa que le mari appelle « la graine à oiseaux » pour qu’ils ne soient pas fades, ou comment accommoder simplement les haricots rouges pour ajouter une légumineuse de plus à mes menus.

Les semaines passées : foison de cakes et de tartes : comme les journées de travail sont épuisantes (6heures de cours et 3 heures de transport+ bain du chtig, machines à laver etc., etc., je cuisine une ou deux fois par semaine et pendant trois jours je vis la dessus. Cackes et tartes se conservant très bien, c’est la solution du moment): délicieuse tarte gorgonzola parme (les tartes de Sophie), traditionnelle quiche aux poireaux, tarte à l’échalote, quiche à l’oignon. J’ai cessé de faire mes pâtes moi-même. La confection était rapide, mais l’étalage était une vraie corvée, mes pâtes étant assez dures et friables. 

Cake tomates (coulis au basilic en conserve, bon mais j’aurai dû augmenter la farine face au coulis)-mozza, surimi ciboulette (un peu fade), thon-poivron un peu estouffe chrétien, cake à la banane, banane-chocolat, cake d’après la gym (sans gym préalable) de Cléa, tous trois très bons.

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Avec ces plats, salade d’endives, carottes-céleri rave-chou rave rapés mélangés, carottes-chou rouge rapés, salade de betterave cuites en morceaux. 

Quelques soupes : quelques recettes fiables et originales mais j’ai du mal à me renouveler. J’ai tenté le velouté de chou fleur et à ma grande surprise, c’était immangeable, un goût d’herbe, de légumes passés alors que le chou fleur était bien frais. Les courges (potiron, potimarron) j’ai du mal, je ne dois pas savoir les accommoder. Quelques purées (celeri-pommes de terre-bleu d’auverge) mais j’ai moins l’habitude.

Mon vieux four à chaleur tournante étant en panne depuis quelques semaines, j’utilise un vieux four à gaz heureusement stocké dans ma cave, mais ça n’a rien à voir : les cakes ne montent pas et le fond de mes tartes brûle immanquablement. Alors j’ai remis ma MAP en service pour tenté un solide mais sympathique cake à la banane, et une délicieuse brioche à la farine de châtaigne avec écorce d’orange, empruntée dans ce livre.

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Le problème, c’est que ces pains durcissent très vite (ou contraire des cackes que je peux manger un peu tous les jours pendant une semaine) et que j’en jette toujours un bout conséquent. Et puis je commence à redécouvrir le potentiel de ma pôele, notamment à travers les galettes de légumes, légumineuse et céréales, totalement étrangères à la tradition culinaire de ma famille.

J’ai essayé les galettes de lentilles corail (recette ici), des galettes au thon mais la recette ne donnait qu’un œuf pour des galettes pour quatre personnes et ca ne « collait » pas assez, et des galettes de pomme-de-terre-carottes (3 pdt et 2 carottes râpés, 4 œufs mais 3 auraient suffi, 4 csoupe de farine, un peu de lait, on peu rajouter deux filets de cabillaud cuit au court bouillon et émiettés). J’ai rincé les pommes de terre rapées pour enlever l’amidon et ça a très bien grillé. Simple, pas cher et délicieux. Et ça se décline à l’infini.

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Et puis je redécouvre les conserves d’étudiantes. Justement parce que la nature fait carême bien plus de 40 jours en hiver. Les tomates avant j’en mangeais toute l’année, maintenant j’utilise des tomates pelées ou du coulis, idem pour certains fruits pour améliorer l’ordinaire du chtig qui rechigne un peu devant la sempiternelle compote pommes-poires. 

Bon, et plein de thés et de chocolats pour le moral (et pour remplir les poches arrières de mes jeans – avec des cosmétiques hors de prix à la senteur divine reçues pour Nowel et le livre qui a fait débat là). 

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Pas de bonnes tisanes. C’est soit beaucoup trop fade, soit beaucoup trop chimique, et je n’y connais rien en herbes qui s’achètent au détail je ne sais même pas ou (et je ne sais pas comment on fait : on fait bouillir ou infuser). Des conseils ?


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07 janvier 2009

Soldes

« Il y a cette veste courte, sorte de boléro rouge à manches longues en velours imprimé de grosses roses rouges. Je l’aimais de ressembler à un tissu d’ameublement cossu, mais une fois que je l’eu acheté je trouvai qu’il cassait ma silhouette et je ne l’ai jamais mis. Jamais. Gaspillage, dépense immodérée. Si je ne l’ai pas mis c’est que j’avais suffisamment d’autres vestes et gilets. C’est cela être dans le superflu. Une certaine robe marron de mon adolescence dans laquelle j’avais l’air d’une orpheline, j’avais dû l’user jusqu’à la corde. Un lainage aussi : coquille d’œuf. Et un manteau réversible popeline et velours….

Mais entre ces vêtements supportés comme des erreurs et aujourd’hui où je n’ai mis ni le boléro de velours, ni cette jupe grise qui s’est mitée sans avoir été portée, je suis devenue riche. Riche, cela commence très vite, là par exemple, à ces achats de vêtements qu’on ne portera pas, à ces choix chez le boucher ou chez le marchand de fruits sans demander le prix à l’avance. Après avoir demandé : « Combien ?», ma mère se détournait parfois d’une denrée ou d’un tissu."

Marie Rouanet, Douze Petits Mois, Desclée.

05 janvier 2009

Le bout de son nez

Je n’ai jamais trop compris la tradition des vœux du nouvel an. Ni souhaiter plein de bonnes choses à ceux qu’on aime (pourquoi juste ce jour là si c’est un moyen de leur dire qu’on pense à eux), ni même réfléchir à ses propres « souhaits » et « résolutions » pour la nouvelle année.

Peut-être parce que le passage du 31 décembre au 1er janvier n’évoque rien pour moi, ne rythme pas ma vie.

Peut-être parce que je suis prof, et que c’est plutôt fin août-début septembre que le bilan s’effectue, que l’ardoise de l’année précédente s’efface et que l’on pose de nouvelles bases pour « l’année » à venir. Parce que souvent, le statut professionnel, le lieu d’enseignement, le lieu de vie, l’emploi du temps du conjoint et des enfants changent à ce moment là.

Peut-être parce que je suis « du sud » et que j’ai tant de mal à supporter cette période de l’année. Il me semble si incongru de se réjouir et de voir loin en cette période de nuit permanente et de froid extrême. Bien sûr, en faisant la tournée des blogs, je lis ces vœux que mes voisins se font à eux-mêmes et je deviens capable de concevoir ce que je pourrais « souhaiter » pour 2009, la santé pour tous, un deuxième enfant, un époux plus présent (Armée, si tu me lis….), un poste de MCF (on peut rêver, hein, il parait que c’est Le moment de l’année ou on peut rêver, alors…) un déménagement pas trop fatiguant et des repères, là bas, en pays palois. Mais cela reste abstrait, lointain, dénué de sens aussi. Tout ce que m’évoque le premier janvier, c’est le début de la pire période de l’année, celle qui sépare les fêtes du jour tant attendu ou il fera « jour » une heure de plus et ou les risques de neige et de verglas commenceront à s’évanouir. Celle de la fatigue, des cernes, du teint blanchâtre, des réveils amputés par les aller-retours prudents à effectuer sur la pente et le dégivrage à la lueur du lampadaire, la peur de ne pas pouvoir rentrer à cause de la météo, de ne pas pouvoir aller la rechercher à temps à la crèche, le léger frisson permanent, l’impression d’avoir les os trempés, la tentation constante de se jeter sur le canapé sous un plaid ou sur le lit sous la couette et de ne plus en sortir, jamais, le risque du relâchement de la conscience professionnelle. Et cette année, la solitude, encore. Pour deux mois. Ne pouvoir compter que sur soi, habiter dans cette maison bien trop grande pour un adulte et un enfant. 

Alors, depuis le premier janvier, je me prépare à tenir un siège. La maison est à peu près ordre, je suis venue à bout du panier après 5 lessives (joie des retour de vacances), et le marathon cuisine de samedi a produit du bon et du moins bon, et j’espère un peu de soleil dans mon assiette les jours à venir

quotidien

Un cake tomate-basilic-mozza (trop de purée de tomates, consistence un peu molle, mais c’est bon).Un cake à la patate douce (raté. Pas assez de sucre du tout. J’ai du me tromper en recopiant la recette). Un cake à la banane (excellent. Vraiment l’aliment doudou de l’hiver). Une tarte échalottes-chèvre (excellent également. J’aime beaucoup les échalotes, je devrais en cuisiner plus souvent). Des portions de haché de bœuf aux herbes (pratique, facile à congeler, et une bonne solution quand on n’aime pas la viande comme moi). Une purée celeri-bleu d’auverge pour aller avec (miam. Le celeri est un petit nouveau dans mon assiette. Bien que ce soit un classique.   J’attends de le goûter en crudité, pour sortir un peu des sempiternelles (mais délicieuses) salades d’endives qui accompagnent tous les plats depuis un mois (je n’aime pas trop la verdure) Il faut que j'essaie le chou rave et le chou rouge, mais un chou pour moi toute seule, ça fait beaucoup). Des portions de haché crevettes-petits pois-asperges (en boite) : pas encore goûté la purée cocos plats-bœuf et celeri-jambon, compotes pommes-coings et pommes-poires pour le chtig.

J’essaie de cuisiner un peu de saison, mais pas que. Ces deux mois difficiles, il me faut de la vitamine, de la couleur et de la joie sous les papilles. J’ai fait le plein de clémentines corses et de pamplemousses pour les matins difficiles. Beaucoup de nouvelles recettes, inspirée des 10 jours que j’ai passé chez bonne maman qui possède l’intégrale des œuvres de Sophie. 

 

Il est parti hier déjà, et déjà mes plans de guerre, de résistance sont mis en échec. Chaque geste devient compulsif, le grignotage du soir comme la recherche d’une idiote comédie américaine à se mettre sous les yeux pour oublier, je ressemble à un vieux 33 tour rayé. Le chtig s’est réveillé au milieu de la nuit, et après 1h30 de hoquetages et de pleurs, n’a consentie à se rendormir pour quelques heures que dans le lit parapluie à poste dans ma chambre. Une première, elle dont les nuits sont si paisibles habituellement. Et ce matin pour le retour à la crèche, elle ne voulait pas lâcher ma main. Elle a bien supporté l’absence de son papa jusqu’à présent. Mais maintenant ? 

Je ne vois pas plus loin que le bout de mon nez. Et tout ce que je suis capable de me souhaiter, c’est assez de chaleur et de lumière pour compenser le froid et la nuit, dehors. Tenir deux mois. Après, on verra.

 

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Ce matin, vers 10h00

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01 janvier 2009

Douze Petits Mois

"Du matin du 26 décembre au soir du 6 janvier, il y a douze jours.

Même si l’exactitude astronomique nous dit que non seulement la lumière diurne a cessé de décroître, mais qu’elle avance d’un saut de coq, l’impression reçue de ces jours est celle d’une nuit immobile où l’on cherche en vain les signes de remontée vers la clarté. Il faudra un moins avant qu’on ne la perçoive….

Est-ce pour cette raison –demeurer dans le mystère de l’ombre – que l’on attribue à ces jours des dons divinatoires ? On les appelle : les douze petits mois.

Dans les campagnes ou la météorologie était si importante on croyait que ces jours privilégiés des ténèbres annonçaient les temps du ciel pour l’année à venir…Le jour de Noël on déposait sur la cheminée douze coupelles d’oignon…et l’on surveillait l’évolution…..

Au lieu de cela il me vint l’idée, du 26 décembre ou 6 janvier de tendre non plus les transparentes écuelles de l’oignon…, mais mon regard, de l’offrir à toutes les nuances des heures, aux paroles, aux menus évènements, au temps qu’il ferait bien sûr, non certes pour le prédire mais comme matière à réflexion, sorte de miroir pour songer à sa vie afin d’avancer vers le dépouillement nécessaire. Je pris aussi la décision de me défaire en chacun de ces jours d’objets significatifs, symboliques de moi….

Car c’est à la nudité qu’invitent ces jours courts de la nuit hivernale. Quand le temps est si serré qu’il est crépusculaire, quand les aubes sont de givre et les soirs de glace dès que le soleil a chu, quand les arbres sont graciles, les jardins déserts, les champs labourés, les haies presque effacées, on va droit au centre. Au centre des buissons, au centre de la maison, au centre de soi. C’est le temps du silence et du feu. Une pensée nait au bord du vertige de cet arrêt dans la nuit……

C’est le seul moment de l’année où l’on voit au cœur des fourrés, où le regard pénètre jusqu’au sol pauvre et pierreux….

La lumière qui m’émeut le plus est celle de ma maison. Je m’éloigne parfois, exprès, et j’avance lentement vers elle pour faire durer le plaisir. …

J’écoute le silence. Me voilà décantée comme l’eau des flaques, nue comme le paysage.

Pour quelle lumière à laquelle je dois me faire transparente ?"

Marie Rouanet, Douze Petits Mois, Litterature Ouverte, Desclée de Brouwer.

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28 décembre 2008

Carnaval!!!!

Noël eut des allures de Carnaval.

Une trève de la crise, une trève de la simplicité, une trève de la déconsommation, une trève du sain, du stress, des transports, de l'absence, du silence et de la nuit. Quelques jours hors du temps ou tous les excès furent permis, ou les sens furent saturés de sons, de senteurs, de mouvements, de lumière, de couleurs, de gouts, de graisse et de sucre.

 

alimentation

Quelques jours ou tout fut permis, et où, pour une fois, cette licence ne sembla pas faire insulte au petit bonhomme né dans la paille et la pauvreté dont, à cause de la fatigue et des soucis et grâce aux enfants, on avait simplement répété le nom comme un mantra depuis 24 jours: zezu. Une célébration à l'image de ce carnaval, des flots de lumignons, d'enfants, d'étoiles et de chants, peu de paroles.

cadeaux

Un Noël où la profusion du dedans cèda parfois à la reposante aridité du dehors,

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mais ou le silence était traversé de rires,

balades

et ou les lumières qui dansent projettent des ombres sur les murs, celles de la prochaine solitude, du froid et des nuits sans fin, et ce qui semble bien apporter la douloureuse preuve de mon incurie professionnelle.

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14 décembre 2008

Le point sur mon assiette

Suite a mon S.O.S culinaire d’il y a un mois, j’ai reçu pleins de bon conseils dont je vous remercie. Evidemment ça n’a pas tout solutionné (personne à part moi –et l’armée- ne peut lever la torpeur des 18h00-22h00 qui je pourrai justement occuper à me mitonner de bons petits plats). Mais il y a eu de notables progrès dans ma cuisine.

Des salades,

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Mais pas beaucoup. Peut-être à cause du froid.

 

 

Des cakes,

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Beaucoup. Au brocoli, au chèvre, aux poires et fromage (merci Deendeen), à la feta et aux tomates séchées (merci pralines et canelés).

Il y a surtout des routines qui se mettent en place. Pas de manière régulière, cette régularité qui fait défaut à ma vie de toute façon. Mais qui reviennent souvent, se fluidifient avec le temps :

(1) Un marathon cuisine une fois par semaine, les semaines que je passe intégralement dans mon grand nord. Le dimanche après midi ou le soir, je passe 2-3 heures en cuisine à faire

-une grosse soupe

-deux cakes salés ou 1 cake et une tarte ou deux tartes (et j’en congèle un des deux)

 -un légume sec (quand ils sont long a cuire) ou du riz pour servir de base à une salade

- une boite de petits gâteaux, muffins, financiers, ou autre, ou un gateau-sucré-qui-tient-bien-au-corps. 

Et pendant ce temps

-deux légumes à l’autocuiseur, pour les purées du chtig et les gratins des grands. Je peux toujours les congeler si je ne m’en sert pas dans les jours qui suivent.

-une compote (mais j’ai vraiment du mal à en manger en ce moment, c’est surtout pour le chtig)

La fournée de cet après midi :

 

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Une tarte à l’oignon

Une tarte aux poireaux (les pates viennent du blobio d’Anne)

Une fournée de sablés à la farine de chataigne de chez pralines

Une soupe tomates -pommes-ricotta.

De la pate a pancake (c’est ma lubie du moment. Le soir c’est soupe-pancake avec du chèvre frais dessus. Grâce à ma sœur qui m’en a fait un petit matin de novembre).

Des courgettes et des épinards

 

(2) une liste de course type, qui me permet des combinaisons multiples (faute de temps pour faire des menus). Je sais que j’ai besoin d’acheter chaque semaine : 

-des fruits à manger crus à la main et des fruits à compote

-des légumes à cake/tarte, des légumes à purée, des légumes à gratin

-une base a sandwich (tortilla wrap, pancake, j’ai essayé le pain suédois d’une grand marque c’est immangeable, et le pain pita d’une autre grand marque ca n’est potable qu’après passage au grille-pain)

-une « verdure » pour accompagner les cakes et tartes (je n’aime pas trop la verdure, et une salade pour moi toute seule, ca finit toujours à la poubelle, donc c’est plutôt petite laitue iceberg, haricots verts, chou chinois, ou en ce moment, presque quotidiennement, endives)

- pignons ou noix ou amandes ou graines (soit dans la salades, soit dans les plats)

-conserves multiusages : cœurs d’artichaud/ petites asperges/ tomates séchées

-un fromage à raper (comté/ gruyère…), un fromage à tartiner (chèvre, saint moret…), un fromage à couper en cubes (feta, mozza, gouda, mimolette), du parmesan.

-des œufs, du lait.

+ L’épicerie à renouveler.

Cette liste n’est pas exhaustive évidemment, et il faut compter avec tout ce que j’ai en stock dans mes placards, mais à supposer que j’oublie tout le reste, j’ai de quoi tenir une semaine.

J’ai fait des progrès en ce qui concernent les saison, j’ai enfin arrêté de manger des tomates toute l’année (sauf le craquage tomates cerise-mozza mensuel, pour les retours du boulot particulièrement difficile), j’ai mis à l’honneur les poires, les endives, le potimarron, le brocoli, le celeri (branche, rave j’ai du mal) les châtaignes au petit déj tant qu’il y en avait, les légumes secs. J’ai quand même du mal avec les pommes tout l’hiver. J’ai aussi fait des progrès en local, même si je ne me prive pas de clémentines Corses (je fais marcher mon économie, na !) et de patates douces de quelque part très loin sûrement. Je m’acculture (ca ne vaut pas pour les choux, cependant). Et je n’ai pas forcement d’effort à faire. Les poivrons et aubergines sont sans goût, le poisson est infect. 

En revanche, à ma grande déception, impossible de passer totalement au bio. C’est ancien pour le sucre, la farine, etc., pas seulement pour la santé mais pour la diversité des goûts que cela ouvre. C’est plus récent pour le beurre ou des œufs. C’est toujours exclu pour les fruits et légumes, bien qu’ai souvent l’impression décourageante que mes efforts pour offrir à ma fille des purées maison l’empoisonne à petits feu, les fruits et légumes des petits pots étant soumis à des restrictions en terme d’engrais et autres que ne remplissent sûrement pas les fruits et les légumes que j’achète quotidiennement. Mais les seuls fournisseurs bio que je vois à l’horizon sont les deux magasins bio des deux villes les plus proches. Des « chaines » de magasin bio qui n’ont de bio que l’étiquette et pas vraiment la démarche (ni l’humanité). Où le kilo de carotte est à plus de 3 euros. Je n’ai pas les moyens. Le panier est exclu pour moi. Il n’y avait pas de fournisseur proche il y a 6 mois (et je déménage dans 6 mois), et mon emploi du temps n’a pas la régularité nécessaire à ce type d’engagement. Et quand je n’aime pas, je n’aime pas (les nèfles, les topinambours, certains choux et navets).

Pour la suite, j’aimerai essayer les galettes de légumes secs et flocons divers, et maîtriser l’emploi des graines dans les salades (pas germées pour l’instant, les graines sèches. Qu’acheter ? J’ai simplement un sachet de graines de tournesol que je ne sais pas trop accommoder. Quoi dans quelle salade ? Quelle autre utilisation ? ). Il faudrait surtout plus de régularité, les semaines papilles alternant avec les semaines pain-fromage-chocolat-pizza du plus bel effet sur mes hanches.

J’ai aussi acheté par erreur un paquet d’orge perlé dont je ne sais pas quoi faire. Des suggestions ?

A oui, et à signaler, des ratages spectaculaires, comme la soupe de fèves (sèches):

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Ca à l'odeur et le goût de l'aspect. J'ai tout jeté.

Posté par mowgli nomade à 11:02 - tous petits pas - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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