27 novembre 2009
Circuler vert aux Etats-Unis: the reCYCLEry
Qui dit Etats-Unis dit voiture. Rien n'est fait pour les pietons. Les distances sont démultipliées (et il n'y a pas de centre ville). Les trottoirs ne sont de toute façon pas conçus pour qu'on puisse marcher (défoncés, discontinus, passages fréquents au dessus des autoroutes qui traversent les villes de part en part -bien que discretement, derrière des rangées d'arbres, et sans trop de fréquentation, donc de bruit, dans le coin ou je vis) dessus. Enfin, "marcher" n'est tellement pas dans la culture des americains que même lorsque c'est possible, vous êtes:
1) seul. Ma ville a essayé de restaurer le centre manufacturier pour en faire un ensemble de magasins "dans le jus" et un peu bobo. Une réussite. Sauf que le commentaire qui vient tout de suite à l'esprit en se baladant, c'est "c'est joli, mais ou sont les gens?" Cente ville peut-être, mais ville fantôme surement.
2) suspect. Genre le mari en stage 1 mois à Washington il y a quelques années, à qui une longue marche n'a jamais fait peur, et qui se fait arrêter par les flics, juste parce qu'il marche dans la rue pour aller au boulot. C'est suspect (un dealer? )
Mais qui dit campus americain dit souvent possibilité de se déplacer à vélo. Et pour peu que le campus soit assez vieux pour être situé au coeur des quartiers "historiques," on peut souvent faire la route entre son appart et son labo en pédalant 20-40 minutes dans la verdure.
Ce n'est pas l'option que j'ai choisi, étant enceinte, avec un enfant, et sans assurance maladie le premier mois. (Quand on est en forme, il y a des systèmes conçus tout exprès pour le pédalage avec enfants: devant sur le guidon pour les petits, et genre de side-car ou de remorque très bien amenagée avec habillage pluie pour les plus grands).
J'ai pris l'option "marche+ voiture." J'ai acheté une voiture que je n'utilise guère que pour l'aller-retour quotidien à la crèche et les courses "gros volumes" (couches, gros sacs de farine, etc.). Grâce à des amis surplace, j'ai pu me mettre en quête d'un logement bien avant mon arrivée, et, sur la base de leur conseils éclairés, j'ai trouvé un deux pièces un peu défraichi (comprendre "quelques rencontres noctures avec des cafards") mais idéalement situé:
1) le campus est à 2 minutes de marche, pile au bout le la rue, et une fois sur le campus j'utilise l'excellent système de bus intracampus pour me rendre au labo.
2) l'appart est situé dans une maison de l'un des quartiers historiques (comprendre "vieilles maisons en bois avec porche datant de 1920." D'ou les cafards. Si vous voulez le charme local, le porche en bois, il faut accepter les craquelures dans les murs, et donc les cafards. Un tous les trois jours quand il fait chaud, mais gros comme deux doigts -taper "cafard americains" dans un moteur de recherche, et vous constaterez qu'il n'y a pas d'exaggeration marseillaise dans mes mesures). Et les vieux quartiers sont au centre de la ville, en pleine forêt.
Ce genre de maison (là c'est la version renovée-sans cafard. Celle ou j'habite est, disons, plus défraichie)
Ou celle-là, que j'affectionne tout particulièrement (photo prise en ballade aujourd'hui)
3) A distance marchable d'un wholefood (supermarché bio), d'un bookstore, d'un square avec toboggans-balançoires, et du meilleur American brunch de la ville, bref, de ce dont j'ai besoin pour fonctionner au quotidien. La localisation idéale (sauf pour les cafards. J'ai prévu un post sur "comment je me suis débarrassée des cafards pour moins de 10$").
Après mon arrivée, j'ai découvert les célèbres "showers" de l'arrière saison (une pluie genre mousson qui dure de 2 à 5 heures, et au cours desquelles les meilleures bottes ne vous protègent pas vu que vous avez de l'eau jusqu'au genoux, à l'occasion desquelles les étudiants sortent leur planche de funboard pour aller faire des glissades sur les pelouses inondées du campus, et où, à l'arrêt au milieu de la route, de l'eau jusqu'à mi jantes dans votre mazda d'occas, vous vous dites que les pickups, c'est peut-être pas si mal). Et j'ai constaté que "quartier sous les arbres" = "feuilles mortes mouillées tapissant l'intégralité de la rue du 30 septembre au 15 décembre". Quand on ajoute l'absence d'un éclairage potable dans lesdites rues, on obtient un terrain franchement glissant, au propre comme au figuré. Pas plus de vélo donc, j'ai persévéré dans mon système voiture+pieds. Voiture qui sert d'ailleurs à transporter mes collègues à vélo pour les diners en soirée.
Note: on pourrait penser que je suis une chochotte. Je precise donc que par "quartier sous les arbres", je n'entend pas seulement "petites rues sympatiques bordées d'arbres." Les rues sont entièrement recouvertes par les arbres, et les maisons sont construites DANS la forêt. Si je suis chez moi un dimanche à midi, qu'il fait 28° et grand soleil dehors, j'ai quand même les 2 lampes du salon allumées, à cause de la densité des feuilles.
Photos prises aujourd'hui. Temps sec, sans vent, ensoleillé. Feuilles sous contrôle
Le chemin qui passe derrière la maison, ou je gare ma voiture en semaine. Photo de mi octobre. L'année dernière, à la même époque, je déneigeais ma voiture tous les matins avant de partir à la fac. Cette année, je la.... défeuille?
Mais tout le monde n'est pas en voie de baleinisation avancée, et quand un compagnon de galère (comprendre " ex cothesard qui n'a pas non plus trouvé de poste en France et qui va de postdoc en jobs d'assitants un peu partout en Europe en attendant une eventuelle ouverture dans les dix prochaines année") a pointé le bout de son nez à l'aeroport samedi dernier pour quelques semaines de recherche sur le campus, nous nous sommes mis en chasse d'une bécane qui lui permettrait de faire les quelques 10 kilomètres séparant son labo de son hotel. Dispo dans les 24h (il n'est là que pour 3 semaines), pas cher (postdoc precaire etc ect ect), et revendable en 24h à la fin du sejour. Problème, c'est la saison creuse, peu de départs en plein novembre, peu de vélos à la vente.
On nous conseille de nous adresser à la reCYCLEry de la ville voisine, association qui retape et revend des vélos d'occas. Nous consultons leur site, et leur groupe facebook, l'association semble vraiment avoir pour vocation de faciliter les transports écolo dans la région. Ils proposent des ateliers hebdo pour retaper son vélo ou une carcasse donnée à l'assoc, que l'apprenti bricoleur pourra in fine ramener chez lui gratuitement après l'avoir remis en état et "donné" quelques heures à d'autres bécannes. Ils organisent aussi des journées itinérantes de remise en état sur les campus alentours. Eaxctement ce qu'il m'aurait fallu l'année dernière alors que je tentais -sans succès- de donner une seconde jeunesse à mon vieux vélo voilé, crevé et toujours crevé après changement des chambres à air et des pneus (??), et que j'ai de guerre lasse déposé chez Emmaus à l'occasion du déménagement.
Nous passons un coup de fil, on nous propose de passer chercher un vélo le lendemain soir, 80-100$. C. fait un peu la moue, c'est vraiment la limite haute de son budget, mais c'est la seule piste. "Vous êtes dans le coin trois semaines seulement? Ah bon," nous dit alors le gars au téléphone, "dans ce cas je vous le loue si vous nous le ramenez en partant. On s'arrangera."
Le lendemain sous une pluie battante et dans une nuit noire, un sympatique retapeur nous attend à l'entrée d'un cimetierre à vélo. Des centaines de carcasses attendent d'être retapées, les bécanes remises en état bénéficient d'un abri couvert. Je sais d'après leur site qu'ils cherchent un terrain plus grand pour les accueillir, de visu je comprend bien l'étendue du problème.
Quelques photos issues de leur site facebook (de jour et pas sous la pluie ;))
Notre gentil recycleur au travail.
Le sunday workshop
Le gars nous explique l'esprit de l'association, et propose alors à C. de lui prêter le vélo pour rien, vu qu'il ne reste pas longtemps et que ce qui les interesse, à la reCYCLEry, c'est vraiment d'avancer la cause du transport écolo. En remerciement? Qu'on diffuse le bon plan largement sur le campus. Ici ça marche à la confiance. Pas de dépot de garantie, de photocopie du passeport. "Rappelez moi 2 jours avant votre départ pour le ramener." Le schnik profite de la discussion ("vous êtes français? Ah Paris...") pour se rouler dans la boue avec le bébé labrador du recycleur.
Whaouh! Ca change des expériences que j'ai pu faire dans bien des endroits "bio" en France. Parce qu'il faut bien avouer que mes premiers passages dans les seules boutiques bio à moins de 30km de mon domicile en Alsace (deux magasins de "chaine bio" bien connues) ont sérieusement calmé mes ardeurs de débutante, à un moment ou j'avais plutôt besoin de conseils, de papote, d'encouragements. Là c'était plutôt business, business.
A la base, le choix même des produits en vente dans bien des magasins bio/ endroits alternatifs me déplait: on vend des petits sacs de cotons "bio" ou des couches jetables "bio" plutôt que des couches lavables ou de la flanelle/tissu éponge au metre pour se faire des lingettes réutilisables (ou carrement les lingettes surfilées et doublées). On trouve des lentilles corail et autres céréales suremballées au lieu de privilégier l'achat au poids dans des petits sacs en papier. On met en rayon des dizaines de produits d'entretien écolo hors de prix au lieu de proposer les produits de base nécessaire pour se fabriquer à peu de frais ses propres nettoyants selon les principes du Raffa ménage (pas toujours facile de savoir ou se procurer des cristaux de soude/ du bicarbonate de soude, du blanc d'espagne, du savon noir ou neutre, la première fois). Et qu'on ne me dise pas qu'il faut bien être rentable, il y a tout à fait moyen de rentabiliser un espace bio en vendant des lingettes et couches lavables...
En plus, on vous fait bien comprendre qu'on n'a pas vraiment le temps de vous indiquer ou se trouve telle ou telle huile essentielle ou hydrolat (alors que vous savez à peine ce qu'est un hydrolat).
Enfin, le jour où vous vous risquez à commander un sac de 5 kilos de farine T65, on vous repond "pas de problème, on vous appelle la semaine prochaine quand il arrive," et quand on vous rappelle 6 (!) semaines plus tard pour dire que la commande est arrivée et que vous répondez alors que depuis le temps, bah vous avez fini par vous fournir ailleurs, la farine vous en avez besoin un peu plus souvent qu'une fois toutes les 6 semaines, vous vous faites insulter...
Alors quel contraste avec la gentillesse (et, au passage, avec les prix moyens pratiqués) que j'ai trouvé dans cette recyclery, mais aussi dans le scrap exchange du prochain post, et plus généralement dans les dépot-vente et friperies que j'ai pu fréquenter ici. Les endroits de consommation alternatives de notre belle France comprennent-ils toujours qu'il ne s'agit pas simplement de vendre des produits alternatifs, mais de proposer une autre approche de la consommation plus largement, une autre philosophie, un autre accueil? Pas sûr. Ou alors, je n'ai juste vraiment pas eu de chance jusqu'à présent
Happy thanksgiving!
Pour une fois que le contenu de mon assiette n'est pas simplement "différent," mais qu'il est aussi "délicieux" (pas la première quand même, mais les occasions ne sont pas si fréquentes), je me devais de partager ce plaisir des yeux à défaut de pouvoir partager le plaisir des papilles: 

Et je n'ai pas de photo des 4 gateaux servis pour dessert: la pumpkin pie, un carrot cake, un cranberry upside down cake, et le tiramisu apporté par une collègue italienne.
Tout cela grâce à la gentillesse d'un jeune couple de collègues americains, qui nous ont proposé de partager leur réunion familiale (parents, frères, soeurs, neveux, nièces) avec nous. Merci, merci, merci!
Nous n'étions pas aux fourneaux, le schnik et moi, pour préparer ces ravissantes assiettes, mais le four a bien tourné quand même. Nous avons apporté 3 fournées de Bredele, petits gateaux alsaciens, pour fêter l'entrée dans la periode de Noël. Orange, chocolat, miel-4 épices. Dessert choisi spécialement parce qu'il se conserve plusieurs semaines, donc pas obligation de consommer le soir même. Ouf!
Des recettes issues de ce petit livre, une sorte de bible familliale, et que je me suis cassée la tête à convertir en cups, oz, et sticks (je reviendrais largement la semaine prochaine sur le casse tête des mesure americaines pour un français). Très approximativement. Mais c'est l'avantage des recettes de bredele alsaciens. Avec un peu plus ou moins de beurre, de sucre, beaucoup plus ou moins de farine, de la baking powder (levure americaine) au pifomètre, à l'arrivée on a toujours ces petits gateaux au goût unique et inratables.
Le meilleur de la "culture d'accueil" americaine, et une petite idée de ce qu'aurait pu être le pire du thanksgiving au fil des discussions et des anecdotes. Je pensais que le thanksgiving était une fête impossible a "récupérer commercialement." Pas d'échange de cadeaux, juste un bon diner, à base de dinde, de patates douces, de potiron et de cranberries. Pas de quoi faire des heureux dans les départements marketing des grandes compagnies. J'ai découvert ce soir que c'est en fait le
contexte de la fête qui fait est exploité. Le thanksgiving a lieu le troisième jeudi
du mois de novembre, c'est un jour férié, et le vendredi n'est en général pas travaillé non
plus (et le mecredi, tout tourne déjà au ralenti: campus desert, pas de bus).
Ce sont les jours de plus grosse fréquentation dans les aéroports et sur les
routes, les vacances familiales par excellence.
Et bien tenez vous bien, le vendredi suivant le thanksgiving (demain donc) est devenu le plus gros jour de soldes de l'année, le jour ou débute le "shopping de Noêl," avec réduction de 50% au moins dans la majorité des grandes chaines de commerce de détail. On l'appelle d'ailleurs "le black friday." Et ce n'est pas tout. Pour l'occasion, toutes ces grandes chaines (de t*oysRus a M*acy's) ouvrent à 4 ou 5 heures du mat, avec des réductions spéciales entre 5 et è heures de matin. J'ai pu entendre une belle variété d'anectodes: la famille de la cousine qui ne va pas se coucher la panse bien pleine, mais qui prend la voiture en pleine nuit pour aller faire son shopping de Noël, les cohues, les morts etouffés et piétinés à l'ouverture des portes des magasins les plus connus qui font l'actualité chaque année, les embouteillages, les heures d'attente pour trouver une place de parking. Bref, moyen sympathique de passer son temps en famille.....
08 novembre 2009
L'art d'offrir
Je suis partie abruptement il y a 7 sept mois sur un post "idées cadeaux," je peux bien revenir de la même façon, hein?
Il y a une semaine, c'était l'anniversaire du schnik (nb: surmon hasardeux donné par un papa attendri a sa petite fille de deux ans. origine du surnom trop compliquée à expliquer).
A la crèche aussi.
La tradition ici veut que le heros du jour amène des "present bags" à ces petits camarades. Le schnik en a déjà reçu deux depuis la rentrée. En général, un petit sac en plastique disney avec un ou deux petits objets totalement inutiles (un sifflet, une paire de lunettes factices -cf photo-) mais pas toujours (petit pot de pate a modeler) agrémenté de bonbons visiblement conçus par des chimistes et ingénieurs agro qui se prennent au choix pour Picasso ou l'apprenti sorcier, et de petits paquets de gateaux d'aperitifs visant à graisser les doigts, les canapés et les cuisses des petits camarades ravis.
Les lunettes.... et l'attitude de starlette qui va avec.
Evidemment, impossible de me calquer sur ce modèle. Contraire à ma religion. Autant ne rien faire. Mais le schnik était tellement contente avec ses petits present bags, que je ne voulais pas "ne rien faire." D'un autre côté, je n'avais pas des dizaines de billets verts à mettre là dedans. Et n'ayant pas réussi à trouver ces foutus magasins de travaux manuels après des heures de voitures, je ne voulais plus mettre une roue en banlieue et gâcher mes week-ends dans des superstores et supersupermarkets. Il fallait donc quelque chose qui corresponde à mes valeurs, que JE trouve joli et utile, bon marché et trouvable dans les quelques magasins du centre ville. Après quelques heures de chine sur deux week-end, j'avais réuni ceci:
-une chute de tissu et un bout de ruban trouvé dans le scrap exchange de Durham, à côté du farmer market. Allez voir sur le site, leur initiative est fascinante. Ils vendent trois francs six sous des materiaux mis au rebut, des bouchons de bouteilles aux pipettes inutilisées, en passant par des chutes de papier cadeau, de tissus, de rubans, des vieux patrons, des boutons désasortis, des cartons: environnementally friendly et stimulant la créativité. Les matériaux sont vendus à l'état brut ou combinés en petits sachets avec des suggestions de petits bricolages. J'y ai aussi acheté des chutes de liberty, qui seront parfaites pour agrémenter des vêtements de poupée (et pas trop lourdes a transporter). J'ai passé mes longues soirées à coudre 10 petits sacs.
-des sucettes bio. J'en avait acheté un gros paquet chez Wholes Food il y a deux mois, et avec toute la merde que Delphine mange ailleurs qu'à la maison, je n'ai pas si souvent l'occasion de lui en donner (en général pour la tenir tranquille pendant les courses). Donc deux sucettes bio par sac.
-J'avais pensé à des des emporte pièces (cookie cutters) de Noël, me disant que ce serait mignon et utile pour les parents et les enfants pour préparer Noël. Je suis donc allée flâner dans les allées de Morgan Import. Finalement, les emporte pièce étaient énormes et vraiment trop cher (ils ne les vendent pas au kilo comme en Alsace, ici). Je me suis donc tournée vers les déco de Noël, qui étaient en train d'être mises en rayon. Là il y avait de quoi faire, et je pouvais les acheter par 10 ou 20 sans problème, mais elles étaient souvent trop petites, j'avais peur que les enfants les avalent.
Je me suis donc arrêtée finalement sur
(1)un jeu de -gros- grelots à suspendre dans le sapin: il y en avait 10, parfait.
(2) Du bain moussant emballé dans des petites têtes de singe. Gros succès auprès de delphine, la texture et la couleur étant vraiment mimi
(3)des têtes d'animaux à ventouser dans la baignoire pour suspendre son gant de toilette, ou autre: 2 paquets de 5
J'ai privilégié l'interaction parents-enfant plutôt que le plaisir immédiat de l'enfant. De mémoire, les « present bags » sont stockés dans les casiers et donnés aux parents en fin de journée, donc j'imagine qu'ils les ouvriront en famille. Seule point noir, c'est du made in China. Aux Etats-Unis, tout (TOUT) est Made in China, pas seulement ce qui est bon marché/de faible qualité. Je ne me souviens pas d'avoir acheté un seul objet ou vêtement non Made in China, à part une tunique explicitement écolo dans un magasin écolo made in US qui m'a du coup coûté un rein (j'en reparlerai). Au moins, tout provient de petits magasins du centre ville, et c'est déjà un exploit ici.
Enfin, j'ai recyclé une partie des horribles bonbons fluos et chimiques reçus pour Halloween. Je suis mauvaise, je sais.
A un moment, j'ai eu peur que ca fasse un peu vide....Ensuite je me suis dit qu'il est plus facile de faire du volume avec des chips et des cacaouettes soufflées qu'avec des sucettes bio, et j'ai oublié.
J'ai cousu à la main mes dix petits sacs en écoutant la radio, le soir, et j'ai demandé au schnik de les garnir avec moi, dans l'espoir de lui apprendre le sens partage, qui n'est pas sa qualité première et qui lui sera pourtant bientôt cruellement nécessaire.
Je n'ai pas eu de retour sur ces petits present bags, mais j'ai testé celui qui nous ai revenu avec le schnik. Un bain moussant et un collier pour Elise fabriqué avec le grelot et un bout de ruban plus tard, je me suis dit que j'avais rempli mon contrat. En me faisant plaisir.
Lecteur égaré sur ce blog, meet Elise.
14 mars 2009
questions aux trentenaires
J'étais super fière de moi et après l'absence de réaction totale de l'homme, je me suis posée des questions.
Alors, rassurez-moi:
si vous êtes un trentenaire de l'année (ou pre convié à une fête de trentenaires de l'année et que vous ouvrez un paquet pour trouver le contenu ci-dessous.....
....ca vous évoque vos années d'écolier, non????
08 mars 2009
Donne...
...les flacons entamés lors d'essais de cosmétiques bio (finalement, j'ai bien dégraissé ma salle de bain, mais j'ai décidé de ne pas faire moi même ma crème de jour ni mes shampoings):
-huile de jojoba bio melvita entamée il y a 18mois, au 4/5 pleine
-eau florale de rose Melvita, idem
-eau de toilette "eau des 4 Reines" à la rose de l'Occitane en provence (la rose, ya rien à faire, à part en fleur et en confiture, c'est pas mon truc). je ne me souviens même pas de l'avoir utilisée.
- et mes noix de lavage, marque écoidées. Quelques lessives, pas suffisant étant donné la qualité de mon eau, les tâches de bébé, la nécessité de laver des couches lavables.
J'envoie à qui veut gratuitement. Envoyez moi un mail (mowglinomade@gmail.com) si vous êtes interessé(e). Je privilégie ceux qui passent régulièrement par ici et que je connais déjà un peu (virtuellement).
20 février 2009
Housse de couette et morale de l’histoire
Merci pour vos commentaires sur le post précédent. Pour parler comme on le fait dans mon milieu, je vais maximiser mes désirs de me créer un cocon sous contrainte budgétaire (un peu serrée en ce moment étant donné que je rentre de vacances). Ou alors je vais encore attendre six mois. Parce qu’on est supposé déménager cet été, alors ce seraient vraiment dommage de finir cette déco dans les teintes bleu et sur papier peint jaune pour échouer dans une pièce aux murs roses ou vert pales ou tout blanc (et un camaieu de bleu-gris sur fond blanc, ca fera un peu froid).
Enfin bref, par ce post je ne cherchais pas simplement à m’acheter une conscience. J’ai maintenant l’impression que mon exemple était mal choisi : je n’ai qu’une housse de couette, et c’est vrai, ça ne fait pas beaucoup. Pas de complexe à avoir, donc, comme vous me l’avez toutes (tous ? Titi ? ) dit. Mais ce qui m’intéresse, surtout, c’est comment vous faites, en général, pour mettre en balance votre envie de beau, votre conscience écologique et votre conscience religieuse/humaniste/solidaire. Pas à un niveau trop général non plus. Pour la philo j’ai ma maman. Je me demande comment concilier tout cela dans ma vie de tous les jours, quand je réfléchis à de potentiels achats de déco, de bibelots et œuvres d’art (plutôt Degas ou Kandinsky ;)), de linge de maison, de vaisselle, de jouets, de meubles, etc.
16 février 2009
Le dilemme du linge de lit
Je feuillette un catalogue de déco atterri je-ne-sais comment dans ma boite aux lettres. Périodiquement, l’envie me prend d’améliorer la déco de telle ou telle pièce de la maison. La c’est ma chambre à coucher. Envie de cocon due à la fatigue, l’hiver, et le froid, je présume.
Je dis bien améliorer, pas refaire. Je n’en suis pas chercher repreneur pour du linge de maison ou des bibelots dont je n’aimerai plus le thème ou la couleur, j’en suis à mon premier jet. Ladite chambre, par exemple, n’a que récemment acquise un semblant d’unité, quand l’or du papier peint s’est mariée au bleu marocain des tables de nuit courageusement peintes et repeintes par le mari durant mon séjour à la maternité et à la photo vue sur mère de terrasse marocaine, précisément. J’y ai ajouté deux tableaux de ma grand-mère dans ces mêmes teintes.
J’avais deux housses de couette pour cette chambre, une rayée blanche et bleue (ca tombait bien) de l’ami suédois, et une blanche à fines fleurs vertes gracieusement prêtée par la belle mère lors de notre installation. Cette seconde housse ne colle plus du tout à la chambre, alors qu’elle ferait merveille dans la chambre d’amie entre-temps retapissée de belle-maman, et je m’apprête donc à lui renvoyer. Ayant un sèche linge, je m’organise avec une seule housse, mais celle-ci s’use et j’ai envie de changement. De même, j’aimerai couvrir mes lampes de chevet d’abat jour. Il y en eut, mais en verre, et les ai l’un après l’autre fracassés lors de mes crises de somnambulisme.
Mais est-ce bien nécessaire ? « Dans ton optique de désencombrement, une housse devrait suffire », me souffle mon ange vert. Mon ange blanc auréolé en rajoute une couche : « tu n’as pas besoin de cette seconde housse, surtout que tes goûts te pousse vers une jolie teinte gris bleutée hors de prix (pour ne pas mentionner le linge gris finement rayé de fils bleu roi aperçue chez CK en traversant un grand magasin l’autre jour. Inabordable) et de cette descente de lit en Jacquart, si tu n’as que ça a faire de ton argent, mieux vaut faire un don. » « Oui mais tu as droit à un minimum de confort en cette saison fatigante, et surtout à une lumière plus apaisante que celle d’ampoules à nue,» rétorque mon ange fourchu.
Vous me direz que je me prends vraiment la tête pour des conneries. Peut-être. Mais cette histoire à une morale. Elle est symptomatique. Symptomatique, non seulement de la tension qui existe entre mes convictions religieuses et mes envies de « beau » depuis fort fort longtemps, mais également entre cette nouvelle tension qui existe entre cette même aspiration au beau et ma conscience écologique naissance. Je n’ai rien résolue. Mais je suis frappée par la tendance de certains textes sur le désencombrement (comme celui de Mark Burch ) à faire disparaître tout attachement aux objets quels qu’ils soient, t tout particulièrement les objets de décoration. Parce qu’ils ne sont pas absolument nécessaires (et pourtant, "c'est véritablement utile, puisque c'est beau", me dirait ma maman en citant Saint Exupéry). Alors bien sur on en a toujours trop, mais ce jusquetoutisme me gêne. J’y vois l’éradication du beau. Alors bien sûr, on me répondra que c’est justement l’espace qui est beau. Jusqu’à un certain point. Après c’est nu, vide. Ou alors que la nature ou le visage de nos frères devraient rassasier cette envie de beauté naturelle. Mais malheureusement je ne vis pas en pleine nature (même si je suis déjà assez chanceuse d’apercevoir un bout de forêt de ma fenêtre). Je dors, je mange et je travaille entre quatre murs, et je voudrais qu’ils soient plus beaux. Mes souvenirs d’enfance font la part belle aux intérieurs chaleureux, et le chalet alpin de mes grands parents n’aurait pas autant marqué mon enfance s’il n’y avait pas eu la grande cheminée, le canapé confortable, les serviettes à carreaux rouge et blanc, la jolie porcelaine pour le goûter, les vases en cuivre. Le jardin de mes parents ne serait pas aussi enchanteur s’il n’y avait le fer forgé se mêlant aux feuilles, et la mosaïque colorée se détachant sur le mur ocre. Ma grand-mère peintre, ma mère sculpteur, ma sœur décoratrice et couturière m’ont inculqué une conscience brûlante du beau qui m’entoure, et esthétique qui ne goûte point le minimalisme. Les sculptures de ma mère sont souvent très épurée (cf ci-dessous, sur son blog et son site). Mais pas minimaliste. Et son intérieur encore moins.
Je pense aussi au modèle monastique dont certains textes sur le désencombrement se réclament. J’ai beaucoup fréquenté certains lieus bénédictins. Jusqu’à plus d’un mois dans l’année à une certaine période de ma vie. J’ai pu constater que si ces moines possédaient très peu d’objets, ceux-ci étaient en matière noble, aux lignes harmonieuse. Le chapelet est toujours en bois d’olivier, les grains sont purs. Et les chapelles finement ornées, ciselées. Je me souviens en particulier de la chapelle des sœurs de Bethlehem, en l’abbaye du Thoronet. Ces moniales ont choisi de se conformer à un règle qui compte parmi les plus strictes du monde monastique. Cloîtrées, elles vivent en solitude et en silence, des ermitages individuels, dans le dénuement total. Que l’on souscrive ou pas à ce choix, que l’on ne le comprenne pas n’est pas un problème. La pauvreté est totale. Mais j’ai été saisie en pénétrant dans la chapelle récemment édifiée sur le site du Thoronet ou elles célèbrent leurs offices. Quasi vide, mais construite en pièces blanche réfléchissant la douce lumière filtrées par de superbes et discrets vitraux. Des matières nobles. Loin de moi l’idée de critiquer ce choix au motif qu’il serait dispendieux. Ces moniales n’ont rien, rien d’autre que l’extraordinaire beauté de ce lieu qui porte leur prière. Je pense aussi aux costumes de fêtes de tribus, à tant d’autres choses.
Tout est peut-être dans la mesure, dans le choix. Mais le discernement est difficile et je ne me résout pas à jeter le bébé avec l’eau du bain. Problème de petite fille riche, sans doute, mais qu’on ne fasse pas ici référence à la simplicité dans laquelle vivaient les « aieux », proches ou lointain. Tout le problème de la décroissance est qu’on ne peut pas retourner dans le passé, qu’il faut aller de l’avant, qu’il faut inventer un nouveau mode de vie. Et au contraire de nombre d’écolos bloggueurs que je lis, ce chemin me semble tout sauf simple (je n’ai pas dit facile, mais bien simple).
Vouivre, Albätre, LNC sculpteur
14 février 2009
Heureuses naissances
C'est une coutume que j'ai découverte sur le tard, il y a 3-4 ans. Avant il n'y avait pas de bébés dans mon entourage immédiat (les oncles et tantes avaient fini, les frères, soeurs, cousins, amis pas encore commencé). J’ai été un peu surprise. Je saisis bien l’origine de cette tradition du « cadeau de naissance » : aider les jeunes parents à se constituer un trousseau pour leur bébé. Mais celui-ci me semble aujourd’hui à la portée de la grande majorité des ménages, et surtout je ne savais jamais quoi envoyer. J’avais l’impression de m’acquitter d’une taxe sur la naissance d’un enfant chez un proche, de devoir foncer dans un magasin de vêtements enfantin, de devoir choisir une pièce sans savoir ce qui serait utile (ni même adapté, comment savoir quand on n’est pas parent), tout cela pour signifier « félicitations, je pense à vous.» Ce malaise fut confirmé quand je passai de l’autre côté du miroir. Entre les cadeaux qui n’étaient vraiment pas à mon goût, les doublons ou plus, les 10 pyjamas 6 mois et les 6 cardigans 18mois, je me disais que les ¾ des proches qui avaient eu ce sympathique geste pour moi auraient mieux fait de garder leur argent, je ne leur en aurais pas voulu. J’ai constaté qu’un petit chemisier blanc manquait souvent à partir de 6 mois et qu’offrir un pyjama en 2 ans comblerait certainement un vide.
Mais tout cela me semblait traître : mécanique, sans intention et anonyme alors que l’objectif était précisément de transmettre ses pensées émues, affectueuses, réjouies, attendries. Tradition difficile à ignorer cependant, car je me sentais souvent le cœur en fête en ces occasions.
J’ai demandé à ma sœur, couturière en voie de professionnalisation, de me faire un cadeau, puis deux, puis trois. A chaque fois nous avons pensé les matières, les formes, les tailles en fonction des saisons, des modes de vie, des besoins (pas les même pour un premier ou une seconde fille née à la même saison que la première).
Décider de faire soi-même (ou
faire faire, dans mon cas), l’essentiel de ses cadeaux de naissance à un
coût : contrairement aux apparences, le prix du tissu, des jolies
finitions (boutons, rubans, etc.), et la juste rémunération du temps et de
l’imagination consacré par la couturière rend ces petits cadeaux plus cher que
l’équivalent « industriel » (mais la différence n’est pas
exorbitante). Si l’on peut parler d’équivalent. Car point de comparaison entre
une robe faite maison « sur mesure » et pensée pour chaque bébé et un
achat (entendons nous bien. On trouve des pièces superbes, originales, fines,
craquantes, vêtements comme jouets, dans le commerce. Mais à des prix
inabordables sitôt qu’on a un certain nombre de naissance dans son entourage). Offrir
un cadeau pour une naissance acquiert une signification. Merci à la
couturière.
Elle est venue passer la semaine ici avec ses deux loulous et sa machine à coudre, et elle en a profité pour réaliser mes dernières commandes.
Tabliers Elsie ("invasion de chauves souris") en Vichy rose
18mois pour une petite Clotilde brune chevelue, en vichy rouge pour une petite
Solveig blonde franco-suédoise, et en madras pour une petite Alix qui a besoin
de soleil sous la pluie bretonne.
Gilet bleu biais vichy 3 mois pour un
petit Arthur tout juste arrivée dans une maison en plein travaux (température
dans la maison : 16°)
Robe blanc et Liberty 9 mois dans
pochon assorti pour une petite Thérèse que ses deux frères et ses parents
attendaient avec tant d’imaptience.
20 février 2008
Dans mes bottes
Jeudi dernier, je n'ai pas acheté que des couches-lavables-qui-vont-sauver-la planète.
J'ai aussi acheté une robe, un top, et des bottes.
C'était l'avant dernier jour des soldes, et on ne peut donc pas dire que l'effet sur mon porte monnaie fut cataclysmique.
Mais quand à l'effet psychologique, je m'interroge...
Il y a certes une énorme statisfaction. Pour ceux qui suivent un peu mes tribulations vestimentaires, je deteste le shopping, séance de torture que je m'inflige une à deux fois par an. Quand il y a un trou dans ma garde robe. Mais detestant tellement cela, paradoxalement, il est extremmement difficile de me plier à cette règle d'or: ne pas acheter un pièce qui ne nous a pas entièrement convaincu. Parce que rentrer bredouille, ca veut dire qu'il va falloir y retourner.
Or, j'avais besoin d'une paire de botte. Et les bottes, c'est le nerf de la guerre. Sur le plan pratique (permet de rester des semaines entières loin de sa garde robe avec UNE seule paire de pompes pour les jupes-robes-pantalons-journées-soirées si la paire est bien concue) et esthétique (les chaussures, c'est définitivement ce qui fait la différence sur une tenue).
Ayant passé un an à desencombrer ma garde robe, j'avais des critères très précis en tête sur la paire élue.
-des talons minimums: j'ai acheté l'an passé une paire de bottes à talon dans lesquelles je me sens bien (cad dans lesquelles je ne sens pas mes pieds et je me sens moi), mais depuis que je vis dans une maison pleine d'escaliers avec l'obligation de dévaler régulierement lesdits escaliers les yeux bouffis de non sommeil et avec un bébé kangourou accroché à mon ventre m'empechant de voir mes pieds, je les utilise beaucoup moins
-noires, ou à la rigueur marron foncé. J'adore le fauve, mais ca ne va pas avec la plupart de mes vetements.
-à bouts ronds, trrrrrrrès ronds (pas même ovales). Je chausse du 41, et je suis affublée de la psychose du ski nautique (voir plus bas)
Double joie, j'étais VRAIMENT prete a rentrer bredouille, même en sachant que ma paire actuelle de bottes a talon plats est déjà passée deux fois chez le cordonnier. Et je les ai finalement trouvé, sans rien céder de mon cahier des charges. Sans perdre trop de temps, sans me disperser, sans piquer une crise de nerf au troisième chausseur visité. D'ou l'utilité d'avoir défini précisément ses critères.
Oui mais voilà. Du coup, j'ai 5 paires de bottes à la maison. Parce que je n'ai jamais jeté une paire de bottes de ma vie.
ca donne la nausée, hein? Pas vraiment dans la droite ligne de la simplicité volontaire.
-ma paire à talons plats en fin de vie (mais ca peut resister longtemps ces vieilles carnes)
-ma nouvelle paire à talons plats
-ma paire à talons haut qui va s'user beaucoup moi vite maintenant que j'ai un chtig
et, probleme
-ma tout première paire achetée il y a dix ans: de très mauvaise qualité (toile+carton à l'intérieur), elle me fait mal au pieds et n'est pas imperméable.
-mon ratage. Il y a deux ans. Des bouts pas tout à fait rond. Très bonne qualité, imperméable, confortable, très chère (la seule pas acheté en soldes ou en destockage), mais rien à faire, j'ai l'impression d'avoir des skis nautiques aux pieds quand je la porte.
Soit deux paires en bon état, que je n'utilise pourtant jamais.
Je n'ai qu'a les déposer dans les conteneurs des parkings de supermarché prévu à cet effet, ceux qui recyclent les vetements en bon état pour des associations. Parait qu'ils manquent de chaussures en bon état, c'est écrit sur un côté.
Oui mais voila....
Ce serait sans compter sur mon complexe judéo-chrétien.
car enfin, ces bottes, tu les as acheté, maintenant use les jusqu'à ce que mort s'ensuive. Et qu'est ce que c'est que ces manières d'abord. Racheter des bottes parce que les autres ne sont pas "jolies", te font des grands pieds. Mais depuis quand les habits sont fait pour être beaux? Qu'est ce que c'est que ce luxe, ce gaspillage? Et les enfants du Darfour, hein, tu te rends compte que tu viens de leur oter de la bouche 53 euros, aux enfants du Darfour? Et peut-être qu'un jour, tu n'auras pas les moyens de te racheter des bottes... alors tu seras bien contente de les avoir, celle-là, pour éviter une dépense qui te mettras dans le rouge, hein? (oui je sais, sympa mon criquet a robe de bure)
Bref...
Pour l'instant, je vais descendre ces deux paires de bottes dans un carton à la cave. Hors de ma vue. Mais elles sont toujours là, dans la maison, à encombrer quelque part, et à ne pas servir ailleurs. Elles pèsent....
08 octobre 2007
Degraisser la penderie: quels basiques acheter
WARNING A L'USAGE DES ECOLOS ET SIMPLES: POST LONG, FUTILE, NI VERT NI SIMPLE.
Suite à la demande d'une visiteuse (bon, il a deux mois, j'avoue), quelques mots sur ma recherche de basiques, commencée il y a un an à peu près. Je précise que je ne suis pas une lumière en matière vestimentaire, je reviens de loin, comme dirait ma soeur.
1) diagnostic de ma garde robe. Pourquoi rien ne me va? Pourquoi rien ne va avec rien. Haut trop court, bas trop long? Tout trop large? Tout trop étriqué? Tout trop sombre? Tout trop coloré sachant qu'il faut être une pro de la mode pour assortir des rayures vertes avec un beau rouge flashy?
Moi: pantalons taille basse, et tops et pulls trop courts (la moyenne de ceux qu'on vend dans les chaines de vetements, version un peu rapiécée par les lavages successifs)= ventre à l'air, pas tres confortable, et, comme dirait môman:
Mignon et attendrissant à 15 ans, beaucoup moins à partir de 25.
2) diagnostic de mon mode de vie:
Je n'ose pas dire du "style" (street, éthnique, classe, pouf, tra, working girl, girly). les gens fachés avec leur garde robe n'ont en égénral pas de "style" particulier. Moi j'aime bien être confortable, souvent passe partout, des fois un peu plus flashy avec une couleur que j'aime bien, plus "ethnique" l'été, mais souvent surfeur ou plutot voileuse paske bon, sur la plage ou sur un bateau, faut du resistant, et classe le temps d'une journée ou d'une soirée, pour marquer l'évènement. Alors....
Mais réflechir à son mode de vie permet quand même d'identifier ses besoins:
-comment dois-je m'habiller pour aller bosser? est-ce que je bouge beaucoup? dois-je être individualisable ou au contraire me fondre dans la masse. mon lieu de travail est-il surchauffé, caillant, suis-je soumise à de brusques changements de température. Après la semaine, comment ai-je envie de m'habiller le week end? Ai-je le temps de laver à la main, ou est-ce que je laisserai mon joli pull pourir six mois dans la corbeille a linge sale si je ne peux pas le passer en machine? Est-ce que je dois courir après des enfants? Est-ce que je transpire beaucoup? Combien de temps je passe a acheter des vetements tous les ans, quel genre de magasi puis-je trouver près de chez moi, quel est mon budget, est-ce que mes gouts changent souvent, quel est mon rapport avec mon corps, ect....
Pour moi:
a) le problème du nomade: souvent en vadrouille, j'ai besoin d'une garde robe LEGERE, ou tout va avec tout (j'ai besoin de pouvoir être en pantalon, en jupe, très confort la majorité du temps, mais souvent il y a une occasion ou il va falloir bien s'habiller. je ne peux pas transporter 5 paires de chaussures, 2 ou 3 manteaux, et 4 pulls. pour des raisons de poids, le blouson en cuir est a oublier, et pour des raisons de train+metro+autre, il faut limiter les couleurs claires).
b) Un rapport assez complexé à mon corps, j'ai souvent tendance à me rabattre sur deux ou trois pièces dans lesquelles je me sens bien jusqu'a ce qu'elle deviennent vraiment immétables, alors que mes penderies sont bien pleines --> éviter la VPC sauf pour les accessoires et certaines pièces bien identifiées, et ne pas hesiter a racheter le même vetement si je m'aperçoit que j'ai trouvé la perle rare.
c) Un corps qui change au fil des saisons (plus ou moins de sport, de bouffe, de stress), et des années (grossesse) --> eviter les vetements "trop" ajustés.
d) des matins difficiles = des combinaisons prêtes à l'emploi. je marche a l'automatisme, mes neurones sont trop embrumés pour me demander ce qui va avec quoi.
3) les couleurs des basiques: noir, blanc, beige, gris (plus le bleu pour les jeans, evidemment). Pour moi, le beige et le gris, c'était déjà limite trop compliqué, il y a beaucoup de nuances. On peut "rater" un achat gris plus facilement qu'un achat noir.Je me suis donc limité au noir et au blanc (avec un pull gris dans le tas).
cette année, c'est visiblement la mode du gris. Pendant la periode des soldes, aller fouiller un peu, se faire l'oeil, commencer a penser aux gris qui me plaisent bien.
4) Le principe de la pièce basique: discrète (ce n'est pas ce qui fait l'originalité de la tenue), confortable, portable tout de suite, et surtout compatible avec le maximum de fringues de ma garde robe.
-un jean, deux en fait (faut trouver la bonne marque, la bonne coupe ou ont se sent à l'aise, ca prend du temps. Surtout si on est "normale", c'est à dire qu'on ne rentre pas dans un 36 parce qu'on a des hanches et des fesses, et que la majorité des magasins de fringues s'obstinent à croire que la française moyenne mesure 1,80 m pour 50 kilos). Si on connait bien son corps, on peut trouver des choses tout a fait convenable dans des chaines a bas prix. Mon rapport ave mon corps étant une eternelle source de complexe, j'ai choisi d'économiser quelques mois et d'aller faire un tour chez Levis: ils vous proposent plusieurs coupes, plusieurs tailles, sans qu'on se sente obligé d'acheter à la fin, et on y passe le temps qu'on veut. Cher, mais vraiment, vraiment resistant (et croyez moi, j'ai tout testé).
-un pantalon noir: là aussi, la difficulté est de trouver la bonne coupe. Et pour les autres, ceux que j'ai déjà, une semaine "corvée ourlets". Pour arreter définitivement de marcher sur mes propres pantalons dans la rue. Parce qu'à 18 ans on s'en fout, mais a 27 c'est gonflant. Et plus vraiment attendrissant. Chance, j'ai trouvé dans une chaine à bas prix, qui coupe ses pantalons pour gens normalement constitués. Sur les conseils de ma belle-soeur.
-une jupe noire: là je savais ce que je voulais: au genoux, plus ou moins en trapèze. Ma soeur m'en avait prété une pour une soirée il y a quelques années. J'ai naturellement regardé d'abord dans cette enseigne. Coup de bol. Ils avaient ressorti la même, et elle était en solde en plus.
Ca peut être une solution d'essayer les fringues des copines avant d'acheter ses basiques. Juste pour voir ce que ca donne, au calme, à la maison. Parce que tient, on n'aurait jamais penser a prendre cette forme là sur le portant dans le magasin, mais ca nous va pas mal, finalement....
-la chemise blanche, je l'avais déjà, mais pas de pull pour aller avec (ma garde robe, c'était plutot cols roulés ou pulls très étriqués à porter sur débardeur). Donc j'ai investit pendant les soldes dans un pull un peu plus large que d'habitude, avec un col en V, que j'ai été essayé avec la chemise en question. Comme ça, je ne pouvais pas me planter. (autre exemple: si on adore les baggies, il faut vraiment, vraiment faire une croix sur les pulls un peu large. Il faudra des pulls long et ajustés. Ou alors on garde ad vitam eternam le look sac a patate).
-des tops longs qui peuvent dépasser de mes pulls trop courts et faire le lien avec mes pantalons taille basse. Pas facile à trouver. Et je voulais sans manches, j'ai la transpiration qui fait des auréoles sur les tee shirts blanc. J'ai trouvé 1 forme longue et adéquate chez petit bateau ( 1 seule, la majorité des petits bateaux sont trop court). Et je connais ma taille. C'est un peu cher pour m'en constituer un stock, mais c'est un bon début.
-Un trench. Ca ne sera pas le bon basique pour tout le monde. Jusqu'a present, pour moi, c'était trop "classe". Le principe du basique, c'est d'être combinable avec une tenue un peu classe, un peu travail, un peu sportwear, eventuellement un peu ethnique si c'est un bon basique (penser au jean...). Mais après reflexion, ca s'est imposé, et je ne le regrette pas. A géométrie variable grace à la ceinture (je suis enceinte), imperméable et quand même coupe vent donc assez chaud presque partour en France, et très leger. Noir. Ca n'était pas celui que je préférais, j'avais flashé sur un trench un peu original, avec liseré blanc, mais plus lourd. Un autre était sympa, mais avec manches trois quart (impossible a mettre hors été). Et c'était impératif qu'il soit le plus leger possible, voyageant enormement.
Acheter un basique implique souvent de ne pas acheter la pièce qu'on trouve la plus jolie, la plus stylée, avec du caractère, qui nous ressemble, ect. Ca implique souvent un choix "raisonnable", et quand on ne fait pas souvent du shopping, comme moi, ca represente un certain sacrifice de ne pas acheter ce qu'on trouve "joli", même souvent "joli et pas cher", mais d'acheter du "pratique et souvent un peu plus cher". Il faut donc être arrivé à un certain niveau de raz le bol au niveau de sa garde robe.
NB: ca fait beaucoup de noir et de blanc. mais une fois qu'on a les basiques, on peut mettre une touche de couleur avec un pull, un foulard, un bijou, ou autre.
5) de l'importance des chaussures. On les sous-estime beaucoup. Mais c'est souvent à cause d'elles qu'on ne peut rien mettre de sa garde robe. On a tout prévu, et arrivé aux chaussures, ya rien qui va. Alors on met le seul pantalon qui va avec les docs ou les baskets. Ca a donc été mon principal chantier ces 3 dernières années.
Pistes de reflexion pour moi:
-Avec ou sans talon: que des chaussures à talon plat depuis des années (sauf une paire de sandales spéciale grandes occasion, que j'ai depuis 10 ans et dans laquelle je me sens comme dans des pantoufles); maintenant il m'arrive de mettre des talons, pourvu qu'ils soient large et que la chassure soit très confortable. Ce qui suppose de trouver la perle rare. Mais comme ce sont des chaussures "d'appoint", je peux attendre des anées avant de trouver la perle rare (c'est à dire confort et pas cher; pas les moyens d'aller chez louboutin).
-les bottes : renoncement aux bottes marrons. je trouve ca magnifique en magasin, mais ayant reorganisé ma garde robe autour du noir/blanc+ un peu de rouge (ma couleur fétiche) et de rose, ca ne va avec pas grand chose. Or l'avantage d'une paire de bottes est de pouvoir aller avec jupe et pantalon, bien large et un peu plus classe. Donc du noir, du noir, et encore du noir.
-les baskets: renoncement aux rouges rigolotes, aux grises superbes, aux marrons inmétables (je dois avoir un truc avec les pompes marrons, je sans pas), aux sans lacets (s'avachissent deux fois plus). Du noir, et de la qualité (sinon je les flingue en un an, et elles finissent pas ne plus être imperméables).
-l'été: ca fait un bail que j'ai ma solution. Des spartiates toutes plates et attachées au talon (valable pour toutes mes chaussures. Je n'ai JAMAIS compris comment on pouvait marcher sans avoir le talon attaché, dans des tongs ou des mules). C'était à la mode depuis deux ans, mais ca fait 15 ans que j'en porte, et certaines années, c'est vraiment pas facile à trouver. J'avais donc l'idée, mais pas la qualité. Je devais en racheter tous les étés, et, comme je traine des pieds, me trimballer invariablement avec un tube de colle forte dans mon sac à partir du 20 juillet pour recoller les bribes quand je me prenais les pieds dans le trottoir.
Alors j'ai choisi la qualité. Enfin, à ce prix là, c'est carrement le luxe (c'est de loin la piece la plus chère de toute ma garde robe). Mais elles sont increvables, et superbes, même si ca m'a couté un rein.
BILAN: en hiver je voyage avec une paire de bottes (eventuellement+baskets mais c'est pas nécessaire): neutres, compatibles avec jupes, pantalons, assez classe, tous les jours, bien pour la pluie, assez chaud contre le froid, hyper confortables.
L'été je voyage avec baskets+ spartiates: couvre les jupes, les pantalons, le sportswear, le classe (trop belles mes spartiates), le soleil, la pluie.
Quand j'ai un mariage, un baptême, un truc dans le genre, je rajoute eventuellement une paire de sandales a talon.
5 bis) de l'importance d'avoir un bon cordonnier.
Cela vaut particulièrement pour moi. je marche d'une façon très particulière, en trainant un peu des pieds et je troue rapidement toutes mes chassures à l'extremité exterieure du talon. Toutes, même les dock martens garanties 10 ans, foutues en 4 ans. Souvent aussi, elles finissent par s'ouvrir sur les côtés. Alors ca me fend le coeur, et je continue a les porter. Mais au premier jour de pluie (et dans la moitié nord de la France, la jour de pluie vient inévitablement au troisième jour au mieux), il faut bien se rendre à l'évidence. Une chaussure est quand même faite pour tenir le pieds au sec, et là, le pieds est trempé. Et c'est tellement difficile de trouver chaussure à son pieds que c'est un creve coeur de les jeter. Il y a quelques années, en discutant avec une personne agée, j'ai découvert qu'un "cordonnier" n'était pas, comme je le croyais, un type qui fait aussi des clés et qui recolle la pointe de vos chaussures en 20 secondes. Non, cordonnier, c'est un métier, ca fait des miracles, et ca vous ressucite n'importe quelle chaussure. Mais c'est en voie de disparition, un vrai cordonnier. j'ai eu du mal a trouver le mien, mais depuis, j'ai resucité mes docks, et je n'ai jamais jeté une paire de bottes.
6) de l'importance de la lingerie. Pareil que pour les chaussures. Une tenue bien pensée peut avoir l'air "vieux", "cheap", moche, parce que le soutien george est vraiment pourri (surtout si on porte des top ajustés). Mais là, j'ai pas encire trouvé la forme miracle pour moi. Et toujours pas l'envie de passer une heure en cabine a essayer le magasin. Donc pas de conseil à donner.
7) Etre patient. On ne trouve pas toujours la bonne pièce du premier coup. Des fois il faut 10 ans, sisi.
Exemple. J'ai acheté par hasard les sandales de soirée parfaites il y a 10 ans. Ma première paire de chaussures à talon: talons assez haut mais large, pas de compensées ni semi compensées (j'arrive pas a marcher avec), noires (sinon il en faut plusieurs paires selon les tenues), vernies (le côté fête, ca reste discret), à lanières (pour la finesse), mais avec plusieurs lanières sur le pieds (une lanière, je trouve pas ca beau. Le pied n'est pas non plus l'objet esthétique par excellence. A montrer mais pas trop) et une qui fait le tour de la cheville (j'ai horreur des chaussures ou on ne se sent pas tenue). Je pouvais passer une soirée avec sans ampoules, sans me tordre la cheville, et danser, et conduire. Et ca fait dix ans que je n'arrivait pas à les remplacer, d'autant plus que mes séances "shopping" sont assez rares (deux fois par an sérieusement parce que là c'est urgent, passage rapide de temps en temps dans les magasins en fin de soldes au cas ou)....
Jusqu'à il début septembre, ou à la fin de la séance shopping de la rentrée (ca devait urgent de me degoter quelque chose dans lequel mon ventre de femme de plus en plus enceinte pouvait respirer), je passe dans une ou deux chaines de magasins de chaussures. déjà les collection d'hiver, mais quelques respacées de l'été très très soldées. Et enfin mes nouvelles sandales, à 30 euros:
8) Et pour les femmes enceintes, piske j'ai une recente experience de ce côté.... fuyez les magasins de femmes enceintes!
Sauf le très discount, genre Kiabi ou la Halle, ou on trouve parait-il des trucs simples à prix cassés. mais il faut avoir une zone commerciale pas loin de chez soi. Ce qui n'est pas mon cas. ya aussi la VPC (genre vertbaudet), mais avec ma mauvaise experience des deux pantalons achetés en magasin, je n'ai même pas voulu me risquer a acheter sans essayer.
Sinon, les fringues pour femmes enceintes, c'est absolument hors de prix, souvent assez mal coupé (en tout cas ca vous donne l'air deux fois plus enceinte que vous ne l'êtes), et vous n'êtes même pas toujours assurée de pouvoir porter ces vetements jusqu'à la fin de votre grossesse. Mon experience se limite a 2 tee-shirt (ultra ultra soldé et a 15-20 euros piece quand même, impossible d'espere se refaire sa garde robe pour 9 mois) et deux pantalons (mal coupés, dont un qui tombe au bout de trois pas). J'avais peut-être pas les bonnes adresses.....
Ma solution: les magasins ordinaires. On y trouve toujours des pièces finalement compatibles avec un gros ventre, pourvu qu'on cherche un peu et qu'on prenne deux tailles au dessus.
-un pantalon très très taille basse deux tailles au dessus. Et trouvé cet été: un pantalon en lin à large élastique qu'on croirait fait pour ventre proeminent. Parait que c'est un pantalon "de surfeur".
-cet été, la tunique était à la mode: parfait pour la femme enceinte.
-cet hiver, la robe empire ou chasuble (évasée à partir de sous la poitrine) est assez à la mode. Et H&M, ca taille large, c'est pas cher, et il ya du choix (oui je sais, ca fait travailler des petits chinois. Mais là, c'était urgent, et je n'avais pas vraiment les moyens d'ergoter). Et ca evite le casse tête des tee-shirts et des pantalons.
-pour le manteau, le trench fait bien l'affaire, puisque du fait de la ceinture, il est a geométrie variable.
-et il faut trouver un pull trèèèèèèèèèèèèèèèès long compatible avec ces tuniques et ces robes. La j'ai eu plus de mal. Finalement, j'ai trouvé chez la Redoute. Leger et assez chaud, long (ce modèle) . Assez cher, mais il y a souvent moyen d'avoir des réductions, ce qui était mon cas.
































